Axel Marion se voit en élément central d’une formule magique

Élection au Conseil d'ÉtatLe PDC, député et conseiller communal lausannois ne pèse pas lourd dans le jeu vaudois. Mais son centrisme absolu payera, dit-il.

Axel Marion, 40 ans, est candidat pour succéder à Pierre-Yves Maillard.
Vidéo: Jean-Bernard Sieber

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«Qui je suis? Je suis un citoyen de ce pays. Engagé dans la vie publique et politique depuis une quinzaine d’années. Et engagé dans la vie associative depuis presque vingt-cinq ans.» L’entrée en matière que le candidat PDC au Conseil d’État choisit de faire exige quelques développements.

Axel Marion, 40 ans à peine, c’est l’équilibre, la modération, la raison. Il a adhéré au PDC en 2006, après avoir été élevé dans la tradition catholique. Il dit avoir puisé son sens de l’action collective dans le scoutisme. Ses études de science politique complètent la bio officielle. Mais alors comment peut-on connaître le système institutionnel sur le bout des doigts et opter pour un parti archiminoritaire dans son canton?

Par conviction pure, comprend-on. Axel Marion révèle un caractère un poil obstiné. «Je n’ai jamais douté une seconde que j’étais centriste.» À gauche comme à droite, on lui a souvent dit qu’il s’était trompé de parti. «Mais depuis un moment on me le dit moins. Je crois qu’ils ont compris que je ne changerai pas!»

Ce responsable politique de la Conférence des recteurs des hautes écoles suisses à Berne est apprécié de ses collègues. De tous bords, on loue sa capacité à dialoguer. À maintenir un esprit ouvert, hors des dogmes. Les Vert’libéraux, alliés de l’UDC et du PLR il y a deux ans, l’ont préféré à Pascal Dessauges (UDC) pour cette complémentaire.

Il regrette le caractère fragile des petites formations du centre, lui qui est si sûr que c’est là que se trouve le salut. «Je n’ai pas à me justifier d’être ni de gauche ni de droite. C’est comme le rosé: ce n’est pas un bête mélange de rouge et de blanc. C’est un vin à part entière.» Un député socialiste tranche: «Il est de droite.»

L’homme se définit comme un scientifique «bien que je sois plutôt un littéraire». «La question de la drogue, c’est un bon exemple. Je suis prêt à entrer en matière pour une dépénalisation dans certains cas. Même si j’ai un canevas de valeurs très clair. Et qu’à ce sujet je suis pour une politique ferme. Parce que ça détruit des vies. Lorsqu’on me montre des faits, je suis capable de les entendre et de prendre des décisions en conséquence.» Le soutien d’Axel Marion à sa collègue de parti Sandra Pernet, pasionaria médiatique de la lutte contre le deal accompagnée d’un garde du corps dans les rangs du Conseil communal, passe mal, surtout à gauche. Une députée Verte le pique: «Sur ce sujet, je le vois pour la première fois faire preuve d’opportunisme politique». Il assume. «Je la soutiens, même si nous avons clairement des styles différents. Elle a le mérite de secouer le cocotier.»

Pas de coups d’éclat

Lui n’est pas du genre à avancer par coups d’éclat. Son parcours au sein du PDC s’est fait étape par étape. À l’inverse de Jean-Charles Simon, Jacques Neirynck ou Claude Béglé, les trois figures vaudoises du parti, entrées en politique sur le tard.

La carrière politique d’Axel Marion a toutefois connu un coup d’arrêt durant un an. À l’époque, sa formation disparaît des bancs lausannois. Il est élu au Grand Conseil par la suite et réintègre plus tard le niveau communal. «Mais même si je n’étais pas devenu député, me connaissant, j’aurais certainement continué. Et œuvré pour mon parti.» Sa fidélité aux démocrates-chrétiens est inébranlable. Il joue la carte de celui qui ne fait pas de petits calculs. «Je me souviens d’une socialiste qui m’avait dit, au moment de mon engagement dans le Nomes (ndlr: Nouveau mouvement européen Suisse): «Ah! c’est combien de membres?» Je lui dis: «Environ 300.» Elle m’avait répondu: «Mais alors, politiquement, ça n’a aucun intérêt!» Cette logique ne m’intéresse pas. Je pense au contraire que la fidélité à ses valeurs paie.»

Axel Marion s’agace de la lutte autour de la majorité du Conseil d’État. Et se montre combatif sur ce sujet, loin de la tiédeur qu’on pourrait attendre d’un centriste. «Il y a un côté cour d’école. On ne nous parle que de gauche et de droite pendant la campagne, pour à la fin nous dire qu’il y aura une politique de consensus, d’équilibre. Pourquoi ne pas élire quelqu’un qui porte déjà ce consensus en lui? Ce serait plus simple et plus logique. Une formule magique à la vaudoise, quoi.»

Tout en restant fidèle à son style fair-play, il ne cache pas sa satisfaction de ne pas être touché par les différentes affaires qui ont secoué le PLR et le PS ces dernières semaines. Et fait référence à Macron, dont il admire le parcours et qui «n’avait aucune chance avant que les favoris ne s’effondrent».

«Je pense qu’il faut se garder de donner des leçons et je n’attaque pas personnellement. En revanche, il y a clairement un problème de système. Des pratiques limites dans l’administration sont possibles entre membres d’un même parti. Idem pour les voyages: je n’ai jamais été invité, parce que je ne fais simplement pas partie de ce système, je ne viens pas d’un parti au pouvoir dans ce canton. En ce sens, ma candidature et mon élection peuvent être une alternative très raisonnable.»

Créé: 26.02.2019, 06h55

Biographie

Naissance:
Le 13 décembre 1978 à Lausanne. Passe une partie de sa prime enfance à Lucens. La famille s’installe ensuite sous-gare, à Lausanne. Il fréquente l’Élysée. Adulte, il a passé 6 mois à Moutiers et 6 à Boston, dans le cadre d’un projet de recherche.


État civil:
Marié à une médecin spécialiste en hématologie, 1 enfant.


Formation:
Licencié ès lettres (histoire) à l’UNIL, Dr. en relations internationales IHEID Genève.


Activité salariée:
Responsable politique de la conférence des recteurs des hautes écoles suisses, à Berne.


Parcours politique:
Adhère au PDC Vaud en 2006. Siège au Conseil communal de Lausanne de 2007 à 2011 et depuis 2016. Depuis 2012 est député au Grand Conseil. Copréside le PDC Vaud de 2012 à 2017.


Hobbies:
Aviation (licence de pilote privé), voile (permis lacustre), randonnées à pied et à ski.

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