Passer au contenu principal

En balade, faut-il s’effrayer d’un panneau «Attention taureau»?

Les randonneurs qui veulent traverser un pré où se trouve un taureau au milieu du troupeau de vaches doivent-ils craindre cet énorme animal?

Le Service de prévention des accidents dans l’agriculture fournit aux éleveurs qui le demandent des panneaux portant l’inscription «Attention taureau». Ils sont placés aux portillons d’entrée des alpages, par où les randonneurs ont le droit de passer pour poursuivre leur balade.
Le Service de prévention des accidents dans l’agriculture fournit aux éleveurs qui le demandent des panneaux portant l’inscription «Attention taureau». Ils sont placés aux portillons d’entrée des alpages, par où les randonneurs ont le droit de passer pour poursuivre leur balade.
YVES MERZ

Un panneau avec la mention «Attention taureau», c’est vraiment dissuasif. D’autant plus quand le dessin montre l’animal au galop, l’air fulminant, avec des petits nuages lui sortant des naseaux et des cornes bien pointues. On peut rencontrer ces mises en garde aux portillons d’entrée des alpages, par où les promeneurs ont le droit de passer pour poursuivre leur balade sur les sentiers pédestres. Certains, en phase d’être remplacés, portent même la mention «Interdit d’accès», alors que l’article 699B du Code civil suisse stipule bien que «Chacun a libre accès aux forêts et pâturages d’autrui…»

Le taureau n’est pas le chef

Ceux qui nous ont signalé s’être retrouvés devant ce panneau ont rebroussé chemin. Sans aucune honte, mais à regret. En fait, «il n’y a pas de raison de se méfier plus d’un taureau que d’une vache», déclare Étienne Junod, responsable du Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA), fournisseur de ces panneaux aux éleveurs qui les demandent. «Le troupeau est organisé selon une structure matriarcale, explique Étienne Junod, ingénieur agronome de formation, passionné d’éthologie bovine. Il y a la vache de tête, souvent la plus âgée, ou du moins la plus expérimentée, qui sait où sont l’eau et la bonne herbe. Il y a la vache dominante, la plus boxeuse, mais qui n’est pas la meneuse, puis il y a les adjointes et les suiveuses. Le taureau est à part, dans son rôle de reproducteur. Ce n’est en tout cas pas lui le chef, ni le gardien du troupeau.»

Dans l’imaginaire humain, la vache renvoie pourtant une image d’animal paisible, là où le taureau serait plus belliqueux… «Tant qu’on ne le dérange pas dans son rôle de Don Juan, il ne sera pas agressif, précise le responsable de la SPAA. Mais il peut être dangereux s’il y a des vaches en chaleur. S’il est contrarié, ou mal luné, alors oui, attention. Mais sinon, les recommandations que nous donnons aux randonneurs sont les mêmes, avec ou sans taureau dans le pré.»

Il n’est pas sensible au rouge

Même si le promeneur porte du rouge, la couleur de la cape du torero dans les corridas? «Le taureau est dichromatique. Il ne distingue que le bleu et le jaune. Le taureau réagit aux mouvements de la cape, pas à la couleur rouge. C’est une sorte d’imposture qui fait partie du spectacle. En revanche, comme les vaches, les taureaux sont sensibles aux brillances fluos et aux bruits des frottements d’habits en nylon, genre K-Way.»

Étienne Junod, qui organise des journées de sensibilisation au comportement bovin, rappelle toutefois que traverser un pâturage occupé par un troupeau de vaches n’est pas anodin, surtout quand il y a des mères et des veaux. «Quand on entre dans le pré, on est chez elles, dans leur assiette.»

Il recommande aux randonneurs de garder leurs distances, de marcher tranquillement, en regardant le sol, comme si les vaches n’existaient pas. «Les vaches sont des proies. Si elles se sentent menacées, elles peuvent fuir ou attaquer. Le plus souvent, ce sont les chiens qui sont en cause. Ils doivent être en laisse.»

On l’a compris, le message de prévention est le même, qu’il y ait un taureau ou non dans le pré. Mais alors, pourquoi poser des panneaux spécifiques et ne pas signaler, par exemple, «Attention troupeau de vaches»? «C’est effectivement un peu excessif, mais pas usurpé, reconnaît Étienne Junod. Cela reste une manière efficace de rendre le public attentif aux risques encourus, et surtout au comportement respectueux des lieux et des animaux qu’il est tenu d’avoir sur un territoire qu’il ne fait que traverser.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.