Le Canton débattra aussi de la mendicité

Grand ConseilLes députés vont débattre d’une interdiction totale, qui a le vent en poupe.

Les tendances des villes varient. Nyon, Morges et Yverdon ont pris aucune mesure.

Les tendances des villes varient. Nyon, Morges et Yverdon ont pris aucune mesure. Image: VANESSA CARDOSO

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La mendicité n’a pas fini d’enflammer les politiques vaudois, après la décision, mardi, du Conseil communal de Lausanne de la rendre impossible dans son centre. Cette fois, c’est l’interdiction dans tout le canton que l’UDC cherche à décrocher. Les députés en débattront bientôt. Après le refus d’une telle mesure en 2008, proposée alors par le PLR Olivier Feller, les chances sont désormais grandes qu’une motion similaire de l’UDC François Brélaz obtienne une majorité.

Président du parti, Claude-Alain Voiblet, a le sourire. «Le PLR et la gauche lausannoise ont fait leurs petits arrangements pour rien. La question de la mendicité est une affaire cantonale. Il faut arrêter avec les vaudoiseries. Les mendiants ne font pas la différence entre Lausanne, Renens ou Morges.»

Une écrasante majorité de la commission chargée d’examiner la motion UDC a déjà donné son feu vert. Par rapport à 2008, le changement d’état d’esprit est saisissant, notamment du côté du PLR. A l’époque, une partie d’entre-eux avait formé une alliance avec la gauche pour rejeter la proposition, en suivant les arguments de leur ministre Philippe Leuba, qui n’est plus en charge de ce dossier. Pour le président du groupe PLR au Grand Conseil, Jean-Marie Surer, ce n’est pas la seule raison de ce changement d’attitude. «Depuis, le problème a augmenté. La population veut de ses élus une réponse claire.»

Malaise à gauche

Rien n’a changé, réplique la cheffe du Département de l’intérieur, Béatrice Métraux. «Les communes concernées par des problèmes de mendicité ont pris des mesures pour la combattre, c’est bien la preuve que ce n’est pas une affaire cantonale.» La Verte peut compter sur le soutien de son prédécesseur, Philippe Leuba. «Je constate que l’autonomie communale a permis à Lausanne de résoudre ce dossier.»

Un argument que le président du groupe socialiste, Nicolas Rochat reprend à son compte. «A la vallée de Joux, je n’ai jamais vu un mendiant. En revanche, tout le canton a des problèmes de cambriolage, et c’est sur ces questions qu’il faut agir.»

Même position à titre personnel du chef du groupe des Verts, Vassilis Venizelos. «L’agitation politico-médiatique autour de la mendicité est étonnante.» Reste que beaucoup de députés roses et Verts ne semblent plus avoir le feu sacré.

«Après ce que les socialistes et les Verts ont fait à Lausanne, le grand écart est difficile», ironise le tribun d’A Gauche toute!, Jean-Michel Dolivo. Il ne serait d’ailleurs pas impossible que le PLR convainque une partie des socialistes et des Verts de se mettre d’accord sur une interdiction partielle, visant les seuls roms, suivant l’exemple lausannois. Un scénario défendu par le PDC Axel Marion. En revanche, le président du groupe Vert’libéral, Jacques-André Haury, milite pour la clarté d’une interdiction totale. «Sur le plan social, le Canton est cohérent. Alors pourquoi ne le serait-il pas avec la mendicité?»

Créé: 07.02.2013, 07h17

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