Le bébé du drame d’Assens ne sera pas confié à sa tante

Drame familialLe père – qui a avoué le meurtre de sa femme – s’oppose à la demande de sa belle-sœur.

La villa d’Assens où le drame s’est déroulé. Claudia G. n’en sortait pas souvent, et fréquentait peu les habitants du village.

La villa d’Assens où le drame s’est déroulé. Claudia G. n’en sortait pas souvent, et fréquentait peu les habitants du village. Image: Patrick Martin

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Dans la nuit du 27 au 28 octobre de l’an dernier, Claudia G., 36 ans, d’origine roumaine, disparaissait de son domicile d’Assens, dans le Gros-de-Vaud, en y laissant son fils alors âgé de 3 mois. Après plusieurs semaines d’angoisse et de vaines recherches, son mari, Thierry G., 44 ans, ingénieur suisse au service de la Ville de Lausanne, était arrêté et avouait qu’à la suite d’une dispute, selon ses dires, il avait étranglé son épouse avant d’en enterrer le corps dans les fourrés.

Au terme d’une audience à huis clos tenue le 6 mars à Echallens, la Justice de paix du Nord vaudois et du Gros-de-Vaud a estimé que le bébé doit rester pour l’heure dans la «structure de garde absolument satisfaisante» dans laquelle il se trouve depuis la découverte du drame. La décision a été prise après audition de la sœur jumelle de Claudia G., qui souhaite obtenir la garde de l’enfant, âgé de sept mois, ainsi que de l’avocate de Thierry G. et d’un représentant du Service de protection de la jeunesse (SPJ) auquel il a été confié.

En dépit des espoirs exprimés par la sœur jumelle de Claudia G., qui est aussi la marraine de l’enfant, la décision du juge était attendue. Dans ce genre de cas, fort heureusement très rares, la famille est en effet analysée avec infiniment de circonspection, dans l’intérêt du bien-être présent et futur de l’enfant. Selon nos informations, le juge a également demandé que la garde fasse l’objet d’un suivi et d’une évaluation réguliers.

Le père s’oppose
La nature de cette décision provisoire tient sans doute aussi à deux autres facteurs: d’une part, les mauvaises relations que le père du bébé entretenait avec sa belle-famille. La sœur aînée de Claudia G., qui vit en Italie, avait en effet confié à 24 heures, en décembre 2012, que l’homme était «étrange et solitaire, coupé de sa famille», et que lors d’une visite en Suisse, elle avait dû entrer en cachette dans la maison pour voir enfin l’enfant.

D’autre part, et la raison principale est vraisemblablement celle-ci, Thierry G., qui a certes avoué et qui fait encore l’objet d’une enquête pénale, n’a pas été déchu de l’autorité parentale et peut donc s’opposer à ce que son fils soit confié à la famille de feu son épouse.

La sœur jumelle de Claudia G. et marraine de l’enfant, qui vit dans le canton de Fribourg, ne baisse pas les bras pour autant. «C’est le début d’un long processus, et je m’y attendais, dit-elle. Le père a encore tous les droits, et il peut donc s’opposer non seulement à ce que l’enfant me soit confié, mais également à ce que je puisse lui rendre visite. S’il a tué ma sœur, ce n’est pas pour que son fils soit confié à sa jumelle…»

Avant l’audience du 6 mars, une pétition en faveur du placement de l’enfant chez sa tante avait été lancée par un groupe de personnes manifestement pétries de bonnes intentions, mais qui avaient inondé de courriels l’administration vaudoise.

Aujourd’hui, de crainte que leur manifeste ne fasse effet contraire, ils tiennent à affirmer que la sœur jumelle de Claudia G. n’est absolument pas à l’origine de leur initiative.


L’autorité parentale, mode d’emploi

Thierr y G., qui a avoué avoir étranglé son épouse Claudia à la suite, a-t-il dit aux enquêteurs, d’une querelle, n’a pour l’heure pas été déchu de son autorité parentale. Cela n’est pas dû au fait que l’enquête du procureur principal n’est pas achevée, mais bien parce que la Justice de paix n’a pas encore pris de décision à cet égard.

En effet, l’autorité parentale est une question qui relève exclusivement des autorités civiles. C’est donc à celles-ci, en l’espèce à la Justice de paix du Nord vaudois et du Gros-de-Vaud, qu’il appartient de mener l’enquête et de prendre, à son terme et collégialement, une décision. De surcroît, les autorités civiles ne sont pas liées par les décisions pénales, et vice versa. Ce qui signifie qu’à Yverdon, la Justice de paix ne doit pas forcément attendre la fin de l’enquête du procureur principal Philippe Vautier pour se prononcer sur l’autorité parentale dont dispose Thierry G. sur son enfant de sept mois.

De surcroît, on peut imaginer qu’une personne qui s’est rendue coupable de violences sur des tiers serait incapable de s’en prendre à ses enfants. Quoi qu’il en soit, la Justice de paix poursuit actuellement son enquête, indépendamment de la justice pénale.

Créé: 22.03.2013, 07h00

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