Bénédicte jouera en semaine et Valott dessinera le samedi

HumourUne femme, un homme, pour occuper les espaces laissés libres par Burki. Elle vient du Courrier et débute mardi. Et lui prendra son crayon en fin de semaine.

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Ils sont nés dans le canton de Vaud. Leurs parents lisaient 24 heures. Ils ont suivi Burki depuis l’enfance. Bénédicte est devenue dessinatrice de presse, suivant le conseil prodigué autrefois par un ancien rédacteur en chef de ce journal. Fabien Dunand lui avait dédicacé… L’effet Burki, paru en 1988: «Journaliste? Pour être lu, soyez dessinateur!» Elle avait participé à une édition sur papier rose entièrement composée d’articles signés par des adolescents.

En ce temps-là, Valott caricaturait à tour de bras dans Le Matin. Marcel Pasche, à la tête d’Edipresse, avait été impressionné, trois ans plus tôt, par Swiss Monsters, son premier livre vibrant des caricatures de nos grandes gueules nationales. Rolf Kesselring, l’éditeur, écrivait dans sa préface que les parents du dessinateur «se demandaient quel extraterrestre ils avaient pu concevoir». Bénédicte s’en souvient encore.

Sans se connaître, nos nouveaux crayons possèdent des points communs. Ils sont mariés et ont deux enfants. Ils partagent une belle admiration pour le dessinateur Martial Leiter. Et, très tôt, ils ont envoyé des dessins au même Derib. Pour le remercier, le jeune Vallotton a croqué le père de Yakari de son trait grossissant. Cette caricature a servi de déclic à Kesselring pour imaginer Swiss Monsters. Il a fallu soixante-huit jours au jeune talent pour pondre ses quarante-quatre dessins. «J’ai le courage des timides.»

Pour dire merci au même Derib, Bénédicte a sué «comme une malade» pour composer rapidement deux planches réalistes qu’elle lui a remise lors d’un Festival de bande dessinée à Sierre. «Me promener dans les expositions avec ces deux pages sous le bras, c’était génial. Je me suis dit: «Il faut que tu fasses ça.» Avant, je voulais écrire des romans.»

Bénédicte Sambo (42 ans) est née Thiémard, à Lausanne, d’un père fribourgeois et d’une mère valaisanne. Partagée entre une passion pour le théâtre et une démangeaison dans la main droite, elle s’est formée à l’Ecole de recherche graphique de Bruxelles. Elle avait déjà connu la satisfaction de voir ses dessins illustrer les conférences de la psychopédagogue Martine Bovay. Quinze francs pièce, le Pérou! «J’aimais bien Bruxelles, mais j’y étais toujours malade.» Le retour s’effectue dans l’animation en écoles et centres aérés. Puis elle enseigne le story-board à l’ERACOM et la bande dessinée à l’école Canvas. Ensuite, ce sera l’Ecole suédoise de Genève, où elle vit.

Depuis 2011, on la suit dans Le Courrier: d’abord une fois par semaine, puis deux. A 24 heures, ce sera trois, le mardi, le mercredi et le vendredi. Ses dessins ou strips resteront au menu de Vigousse, dont elle n’a pas manqué un numéro depuis le premier. Avant, il y avait eu Saturne et 1er degré, le journal et le blog de Mix & Remix, un dieu pour elle. Aussi dans son panthéon: Gary Larson, Sempé et un peu Crumb. On l’a aussi vue dans L’Hebdo et le journal de la FRC. C’est en travaillant sur un ticket de parking qu’elle a trouvé son personnage type, qui, d’un simple profil doté d’un œil, est devenu cet homme à gros nez qui la caractérise. Elle possède un trait simple, souple, arrondi, et un regard caustique et poétique. «J’ai le trac», avoue-t-elle.

Le flash des Grandes gueules

Jaques Vallotton (47 ans) est originaire de la Vallée, où il réside. Sa mère est une Piguet. Du côté du père, on est de Vallorbe, comme le peintre. Le mystère plane sur le grand-père paternel. Jaques a vécu au Brésil, entre 6 et 12 ans. C’est au retour qu’il se découvre un talent pour la mine de plomb et flashe sur Les grandes gueules, de Mulatier, Morchoisne et Ricord. Lecteur ardent du journal MAD, il rencontre Rolf Kesselring dans une exposition. «Je l’ai pris pour le dessinateur Pichon.» Mais son maître reste Franquin, père de Gaston. Comme lui, «rétif à toutes contraintes», il quitte l’école à 17 ans. Ce qui ne l’empêche pas d’écouter Brassens et de lire comme un damné.

Entre 1985 et 2000, il exerce son talent de caricaturiste au Matin, mais il travaille chez lui. Intime de Zep – «Nous avons grandi ensemble» –, il fonde une société avec le graphiste Bertrand Lehmann. Il dessine la mascotte du Musée olympique, invente la petite vache MUMU COW, inonde le monde de T-shirts Born2B. Personne n’échappe à leur slogan «chaque être humain est un spermatozoïde qui a réussi». Sa passion pour les symboles suisses se retrouve dans Swiss Touch et son Nainconnu va sortir en livre sous peu. Il ne sait pas très bien ce qu’il va faire le samedi dans 24 heures: «Je ne suis pas un dessinateur de presse. Le lecteur découvrira un autre Valott… tout comme moi.» (24 heures)

Créé: 30.08.2014, 12h11

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