Benoît Violier espérait que son succès allait «durer»

Ultime interviewTrois jours avant sa mort, Benoît Violier recevait le quotidien «Libération», confiant notamment: «Être cuisinier, c'est toute une vie, (...) ce qui importe, c'est que les clients reviennent».

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«Espérons que ça dure», déclarait le chef cuisinier franco-suisse Benoît Violier lors d'une «rencontre enjouée» jeudi, trois jours avant l'annonce de sa mort à son domicile, relate sur son site le quotidien français Libération.

Interviewé par le quotidien dans son Restaurant de L'Hôtel de Ville à Crissier (VD) - qui a ouvert à nouveau mardi midi -, Benoît Violier apparaît satisfait de sa vie et fait état de projets. «Quand on complimentait le chef sur sa réussite, il répondait: "Espérons que ça dure"», écrit Libération. «Avec 54 employés, ce n'est pas tant que ça, trois mois de sursis (délai d'attente pour avoir une réservation, ndlr). Il faut toujours rester concentré», déclare-t-il au quotidien.

«La starification de notre profession va trop loin»

«Être cuisinier, c'est toute une vie», ajoute le chef de 44 ans, déplorant que la télévision fasse «croire aux gamins qu'en trois mois, ils seront une star». «La starification de notre profession va trop loin», estime-t-il.

Arrivé à la première place de «La Liste», un palmarès des «mille tables d'exception» dans le monde réalisé sous l'impulsion du Quai d'Orsay, Benoît Violier explique: «Je ne voulais pas me rendre à la cérémonie de remise de prix, j'avais prévu de changer ma carte ce jour-là», ajoutant: «ce qui importe, c'est que les clients reviennent».

Selon le journal, Benoît Violier disait être bien «ici, dans sa vie de campagne, où (il) promenai(t) (son) chien l'après-midi dans les bois».

«Moi, j'aime voir mes clients, être sur le terrain»

Passionné de chasse et spécialiste de la préparation du gibier, le chef n'excluait pas d'abandonner la chasse pour la photographie, d'après le quotidien. «C'est une évolution normale dans la vie d'un chasseur qui vit avec cette contradiction de chasser ce qu'il aime», explique-il.

Il avait aussi «un projet de livre avec son maître d'hôtel sur 'le beau geste'», selon le journal. Benoît Violier excluait de multiplier les restaurants. «Avoir huit restaurants, Robuchon ou Ducasse font déjà ça très bien», estime-t-il. «Il faut faire ce qu'on aime. Moi, j'aime voir mes clients, être sur le terrain. Mon tour de salle dure une heure trente».

(afp/nxp)

Créé: 02.02.2016, 11h59

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