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La betterave à sucre n’est plus assez rémunératrice

Confrontés à de nombreux soucis, les planteurs de betterave sucrière se détournent de la culture.

Au cours de l'assemblée des planteurs de betterave à sucre de la Broye vaudoise, plusieurs producteurs sont revenus sur les retards occasionnés par la nouvelle logistique mise en place, sans dédommagement possible.
Au cours de l'assemblée des planteurs de betterave à sucre de la Broye vaudoise, plusieurs producteurs sont revenus sur les retards occasionnés par la nouvelle logistique mise en place, sans dédommagement possible.
JEAN-PAUL GUINNARD

Baisse du prix du sucre au niveau mondial, nouveau système de transport ferroviaire dont les débuts ont été très chaotiques en 2018 et pression liée aux maladies sur le feuillage, à l’instar du syndrome des basses richesses ayant touché notamment le Gros-de-Vaud, la plaine de l’Orbe et la Broye. Si le climat était morose ces dernières années chez les producteurs de betterave à sucre, une année 2018 catastrophique incite plusieurs d’entre eux à se tourner vers de nouveaux débouchés.

Pour la récolte 2019, seuls 4519 hectares vaudois sont ainsi réservés auprès de Sucre Suisse SA, contre 5030 en 2018 et 5170 l’année précédente. Au niveau suisse, alors que les surfaces sont restées stables, autour de 20'000 hectares ces dernières années, les réservations ne se montent qu’à 17 500 hectares. «Cela ne devient tout simplement plus assez rémunérateur pour continuer à produire», se lamente Nicolas Vincent, président de l’Association des planteurs de betteraves à sucre de la Broye vaudoise et de l’Économie sucrière vaudoise, qui regroupe 900 producteurs.

Lors de la récente assemblée générale des planteurs broyards, il a avoué «s’être demandé tout l’automne s’il allait se réveiller de ce cauchemar». Plusieurs producteurs sont revenus sur les retards occasionnés par la nouvelle logistique mise en place, sans dédommagement possible.

Un désarroi accentué par une récolte 2018 délicate, notamment en raison de conditions climatiques désastreuses pour la plante. Ainsi, seulement 266'000 tonnes de betteraves vaudoises ont été livrées l’an passé, contre 361'000 en 2017. Et leur taux de sucre affichait un petit 17,15% contre 18,81% l’année précédente. «On m’a parlé de lots avec une moyenne de 30 tonnes à l’hectare et un taux de sucre autour de 14%, poursuit Nicolas Vincent. Cela représente environ 3 tonnes de sucre par hectare quand une année moyenne tourne entre 10 et 12.»

Contribution augmentée

Dans cette morosité, les représentants de Sucre Suisse, qui doivent absolument garantir un certain volume pour permettre le maintien des deux sucreries d’Aarberg et de Frauenfeld, ont rappelé que la Confédération a pris conscience des soucis de la filière. Ainsi, dès 2019, la contribution pour les betteraves est augmentée de 300 francs par hectare, passant à 2100 francs. La filière du sucre va aussi dissoudre des réserves pour améliorer l’indemnisation du produit.

Enfin, l’année 2018 s’étant révélée délicate dans toute l’Europe, le cours du sucre est remonté vers les 450 euros par tonne, alors qu’il avait plongé à 300 euros suite à l’abandon des quotas européens. «Le problème est que nous n’avons plus rien à vendre», a conclu Guido Stäger, directeur de Sucre Suisse SA, pour encourager les producteurs à augmenter leurs réservations. Alors qu’une production de 260'000 tonnes de sucre était prévue pour 2018, la faible récolte n’a permis d’en extraire que 220'000 tonnes.

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