Le big data au chevet des maladies cérébrales

Human Brain ProjectUne plate-forme informatique médicale est testée par quatre hôpitaux européens, dont le CHUV.

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Image d'illustration. Image: LAURENT GILLIERON - A

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C’est un pan méconnu du Human Brain Project, le fameux programme européen de recherche lancé par l’EPFL et visant à simuler le cerveau humain pour mieux comprendre et soigner les maladies neurodégénératives comme l’alzheimer ou le parkinson. La plateforme d'informatique médicale (MIP), lancée en 2012, est actuellement testée par le CHUV et trois autres hôpitaux situés en Allemagne, en Italie et en France. Israël suivra bientôt. A l’issue de cette phase pilote menée depuis le CHUV, l’outil compte s’étendre à d’autres établissements dans le monde, lesquels partageront ainsi leur savoir du terrain et les résultats de leurs recherches.

Il s’agit de donner accès aux scientifiques et aux cliniciens à une grande quantité de données émanant de différents centres. En exploitant ces big data générés par les hôpitaux, les patrons de la MIP espèrent mieux comprendre les pathologies et faire progresser les traitements. «Plus le panel de patients est grand, plus il y a d’informations, et plus il est aisé d’émettre de nouvelles hypothèses», résume le chef de la MIP, le Dr Ferath Kherif, basé au CHUV.

Détection en amont

Mettre en commun des résultats émanant d’équipes de recherche différentes provenant d’horizons divers devrait notamment permettre de chercher plus facilement des profils cliniques complexes. «Les utilisateurs de cet outil seront en mesure de répondre à des questions cliniques sur les maladies cérébrales en dépassant les barrières traditionnelles entre la recherche en neurosciences, la recherche clinique et les soins aux patients, indique le Dr Ferath Kherif. Et comme les médecins peuvent voir les résultats des autres groupes de chercheurs, ils peuvent situer leurs propres patients.»

«Il est très compliqué de diagnostiquer les maladies cérébrales car il est difficile d’en voir des signes précurseurs, continue le spécialiste. Les symptômes sont visibles très tard.» Les chercheurs sont donc en quête de nouvelles définitions dépendant de facteurs biologiques (données émanant des scanners, IRM, données génétiques, données cognitives…) en vue d’une détection en amont.

«Il est très compliqué de diagnostiquer les maladies cérébrales car il est difficile d’en voir des signes précurseurs»

La collecte massive de ce type de données doit ainsi améliorer les outils diagnostiques. «L'idée est par exemple de comparer les méthodes de diagnostic à Lausanne et à Lille, explique le Dr Kherif. Est-ce qu’elles sont différentes? Quelles incidences cela a-t-il sur les patients? Le big data et l’informatisation des hôpitaux permettent désormais de répondre à ce type de questions.» Il évoque des avancées sur le front de la médecine personnalisée. «Grâce aux IRM, nous avons déjà pu trouver douze sous-types différents de l’alzheimer.»

Une équipe pluridisciplinaire d’une cinquantaine de personnes planche sur la MIP. Dix millions d’euros ont déjà été investis dans le projet par l’Union européenne. Les données, provenant de patients ayant signé un formulaire de consentement général, seront agrégées et anonymisées, assure-t-on.

L’un des objectifs de la plate-forme est d’accélérer la recherche et donc la mise sur le marché de nouveaux traitements. «Il peut s’écouler vingt ans entre la première hypothèse, la recherche fondamentale et les essais cliniques. C’est long. Notre espoir est d’accélérer ce mouvement grâce à l’accessibilité des données et leur partage à large échelle», explique Mihaela Damian, project manager de la MIP.

Cet outil répond à un objectif posé en 2015 par l’UE, qui finance le Human Brain Project à hauteur de 1 milliard d’euros: construire les infrastructures informatiques promises. (24 heures)

Créé: 22.06.2017, 20h56

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