Le bilan d’une législature si consensuelle

VaudLe gouvernement estime avoir pu mener à bien ses réformes grâce à un climat politique apaisé. Les élections qui arrivent ne devraient guère le perturber.

Le Conseil d'Etat vaudois a dressé mercredi le bilan de la législature qui se termine.

Le Conseil d'Etat vaudois a dressé mercredi le bilan de la législature qui se termine. Image: FLORIAN CELLA

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Pierre-Yves Maillard


satisfait d'avoir forgé une politique sociale généreuse


S’il doit citer le succès qui lui tient le plus à cœur, le patron de la Santé et de l’Action sociale (DSAS) choisit la politique sociale redistributive du canton. Sous son impulsion, le gouvernement a validé plusieurs décisions qui améliorent le pouvoir d’achat des Vaudois. Les bénéficiaires des subsides aux primes maladie ont augmenté de 24% en cinq ans. Les allocations familiales ont été relevées en 2016: +50 francs pour un enfant; +80 francs pour un jeune en formation.

A ces gestes significatifs, Pierre-Yves Maillard ajoute les 250 millions de primes payées en trop par les Vaudois et qui leur ont été remboursées ces trois dernières années. Il a engagé son poids politique pour que les assurés vaudois récupèrent ces montants.

L’autre réussite dont il est fier, c’est l’accord signé avec le Ludwig Cancer Research. La fondation américaine financera la recherche fondamentale sur le cancer à Lausanne pour 400 millions de francs sur trente ans. «Un pari sur l’avenir», dit le conseiller d’Etat, dans l’intérêt des patients mais aussi de l’économie de la région: «Le pôle d’excellence sur le cancer attire déjà des sociétés.»

L’échec de la législature, pour le chef du DSAS, ce sont les coûts de la santé, repartis à la hausse. Pierre-Yves Maillard regrette de ne pas avoir saisi le référendum contre la révision de la LAMal qui a introduit un nouveau financement en 2012. «On a libéré l’offre, cela explique en grande partie la facture galopante des coûts.» La plupart des hôpitaux vaudois basculent dans les chiffres rouges. La question d’une offre hospitalière excédentaire va-t-elle se poser? «Le climat se durcira», admet le chef du DSAS. Il annonce des décisions «difficiles» dans ce domaine durant la prochaine législature. F.MX


Anne-Catherine Lyon


a repris les «mêmes thèmes» et travaillé les lois


Alors qu’elle ne se représente pas aux élections, la conseillère d’Etat à la tête de la Formation n’a pas la formule la plus attrayante pour résumer son action: «Il s’agit sensiblement des mêmes thèmes qu’à la législature précédente, avec un important travail législatif.»

La socialiste a notamment préparé et fait évoluer des lois: enseignement obligatoire (LEO), pédagogie spécialisée (LPS), Haute Ecole pédagogique (HEP), vie culturelle et création artistique, patrimoine mobilier et immatériel, etc. Si elle met en avant ce côté «législatif» sans s’attarder, c’est parce qu’elle a rencontré certaines oppositions. En vigueur depuis 2013, la LEO a flexibilisé le système scolaire.

Mais certains points affrontent les critiques, comme le suivi des élèves les moins scolaires et la maîtrise de classe. Quant à la pédagogie spécialisée, le Grand Conseil avait mis en pause ses débats pendant plusieurs mois en 2015 pour qu’Anne-Catherine Lyon précise en partie sa copie. C’est d’ailleurs cette loi que la ministre cite au chapitre des regrets: «Ce n’est pas un échec, mais une préoccupation. Le Grand Conseil l’a adoptée en 2015 et elle n’est pas encore en vigueur, car des particuliers ont fait recours au Tribunal fédéral.»

Anne-Catherine Lyon met à son actif la capacité de l’école à répondre à la démographie (86 000 élèves en 2012 et 91 000 en 2016), le soutien aux activités de jeunesse, le développement de la relève académique (nouveau système d’assistants dans les Hautes Ecoles, sur le modèle de l’Université), ainsi que la réalisation ou la transformation d’infrastructures comme l’Unithèque, le Campus Santé ou le Gymnase de Renens. Son département est l’un des «plus gros consommateurs d’investissements». Dans la version écrite du bilan, elle cite le chantier du nouveau Musée cantonal des beaux-arts (MCBA) à Lausanne. M.SL


Pascal Broulis


se pose en constructeur tout auréolé du succès des finances


Pascal Broulis, l’homme fort du gouvernement avec le président Pierre-Yves Maillard, déroule son bilan en trois minutes. C’est-à-dire en moins de temps que ses collègues. Il est vrai que certains faits parlent d’eux-mêmes: «Le canton de Vaud a une notation financière triple A, il est bientôt le seul à l’échelle du globe», ironise le PLR. Avec une dette cantonale dépassant à peine 1,2 milliard (contre 8,65 milliards en 2004) et la recapitalisation de la caisse des fonctionnaires à son actif, le chef des Finances cantonales bénéficie d’une aura de protection. Pascal Broulis adore se faire pédagogique et parler de «la main des impôts» et de «la main des prestations» en agitant ses deux paumes en même temps. Ainsi, même les enfants peuvent comprendre que celui qui tient les cordons de la bourse pèse de tout son poids dans le gouvernement. Mais personne, selon lui, n’y fait toute la pluie ou le beau temps: «Les débats sont vifs à l’interne», confie-t-il.

Dans les «tops» de sa législature? Le triomphe de la troisième réforme fiscale des entreprises (RIE III) cantonale, bien sûr, avec un plébiscite de 87% des votants en 2016. Et un deuxième succès avec l’acceptation de la version fédérale par 51,3% des Vaudois le 12 février.

Il cite aussi le fait d’être parvenu à «augmenter les investissements sans créer trop de tensions politiques». Les investissements nets de l’Etat de Vaud en 2017 sont deux fois plus élevés (406 millions) qu’en 2011. Actuellement, le Canton n’a pas moins de 83 projets de bâtiments en cours de planification ou de construction pour un montant de 2,3 milliards, rappelle celui qui a précisément le domaine des constructions sous sa houlette depuis le début de cette législature. Concernant le rayonnement du canton de Vaud, il met en avant l’obtention et la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse en 2020. P.C.


Nuria Gorrite


a «dépassé les clivages» grâce à son sens du compromis


L’état de grâce qui a suivi son élection en 2012 semble n’avoir jamais pris fin pour la socialiste Nuria Gorrite. Son Département des infrastructures ne tangue pas sous le poids des importants dossiers dont il est en charge ou qu’il accompagne, lesquels représentent des centaines de millions de francs d’investissement pour les collectivités publiques. Prolongation du RER vaudois, amélioration de la cadence des petits trains, nouvelles rames du M2, tunnel du LEB, etc. Les députés s’alignent derrière elle pour chaque demande de crédits.

Certes, la ministre profite que les cordons de la bourse se sont déliés. Mais elle sait aussi convaincre la Berne fédérale de lâcher l’argent nécessaire. Elle est parvenue en outre à débloquer des projets très contestés, comme celui de la RC 177, la route de desserte de la zone industrielle d’Aclens. On ne lui dénie pas une grande capacité à trouver des compromis, en mettant les gens autour d’une table.

La ministre dit ainsi avoir «apaisé quelques confrontations» qui ont permis de «dépasser de vieux clivages». Celui de ville-campagne, par exemple, relégué aux oubliettes lorsque le Grand Conseil a voté quasi à l’unanimité l’enveloppe de 453 millions de francs pour le tram Renens-Lausanne. Las, des recours d’opposants font toutefois traîner les choses. La lutte «rail-route» a aussi été pacifiée. Les Vaudois ont voté oui aux fonds fédéraux FAIF (pour le rail) puis FORTA (pour la route), «confortant la vision portée par le Conseil d’Etat, celle d’une complémentarité», se félicite Nuria Gorrite.

La socialiste a aussi remporté une victoire politique en faisant avaliser par le parlement la loi sur l’accueil de jour des enfants, huit ans après le vote populaire sur l’école à journée continue. En charge des ressources humaines, elle a amélioré le traitement des fonctionnaires au travers, notamment, des indemnités pour travail de nuit ou du samedi. De plus, l’égalité salariale homme-femme est désormais atteinte dans la fonction publique vaudoise. V.MA.


Philippe Leuba


vante l’économie et le sport, mais reste discret sur l’asile


L’asile, c’est un thème dont Philippe Leuba n’avait pas parlé au bilan de mi-législature en 2015. Mais il en a quand même touché quelques mots mercredi. La priorité a été mise sur les «renvois axés sur les délinquants», selon le chef du Département de l’économie et du sport. «Nous avons procédé à 4500 renvois contrôlés depuis 2012, dont 1600 de personnes avec un casier judiciaire», explique-t-il.

Il n’empêche que Vaud reste un élève fréquemment critiqué par la Confédération à propos des «cas Dublin», ces migrants que la Suisse doit renvoyer dans le pays par lequel ils sont arrivés en Europe. Ainsi, entre mai 2015 et 2016, Vaud avait loupé l’échéance de renvoi pour 140 migrants, sur un total de 224 dossiers en retard au niveau suisse.

Pour le reste, c’est bien l’économie que le magistrat libéral-radical met en avant pour parler de son bilan, avec notamment le fonds de soutien à l’industrie mis en place au début de 2016. Les aides déployées se montent à 5,8 millions de francs et les entreprises soutenues ont déboursé 29 millions. «Chaque franc versé par le Canton aboutit à 5 francs investis par l’entreprise», ajoute Philippe Leuba. Questionné sur ses regrets, il cite l’agriculture: «Les inquiétudes économiques y sont plus grandes que dans les autres secteurs. Il y a encore beaucoup à faire.» Il se réjouit par contre du fait que Vaud soit «le seul canton de plaine» à avoir vu augmenter les paiements directs issus de la politique agricole 2014-2017 de la Confédération.

Quant au sport, il vante l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse en 2020 et la «poursuite de l’ancrage» des 57 fédérations internationales dans le canton. «Nos concurrents n’en ont que trois ou quatre. Il s’agit d’un véritable secteur économique dans le canton avec des investissements de 500 millions de francs.» M.SL


Jacqueline de Quattro


a «mis le paquet sur la LAT», non sans déconvenue


Dans son bilan, Jacqueline de Quattro rappelle qu’elle était en charge de la Sécurité durant les dix-huit premiers mois de la législature. Lorsque s’est mise en place la réforme policière et qu’a été lancée l’opération «Strada» contre le deal de rue. Depuis que Béatrice Métraux a repris ces dossiers, la libérale-radicale est au front pour la mise en œuvre de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT). Pas une mince affaire: il faut mettre à jour la loi vaudoise et le Plan directeur cantonal, une tâche très délicate. «On a mis le paquet pour sortir le plus vite possible du moratoire sur les nouvelles zones à bâtir, dit la ministre. Ces adaptations ont été menées en un temps record et aboutiront cet été.» Sur ce dossier sensible, Jacqueline de Quattro a tenté d’empêcher le gel des grands projets de développement vaudois, mais elle a perdu son bras de fer avec Berne, arbitré par le Tribunal fédéral. Cette détermination à préserver les intérêts vaudois a aussi été perçue par ses adversaires comme un entêtement voué à l’échec – le Canton était esseulé dans ce combat – qui a suscité de vaines attentes auprès des communes.

En charge de l’Environnement, Jacqueline de Quattro incarne aussi l’effort vaudois pour sortir du nucléaire, se heurtant aux anti-éoliens qui ont toutefois été défaits en votation au Chenit et à Vallorbe. Son programme «100 millions de francs pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique» a permis notamment d’inaugurer 460 nouvelles installations photovoltaïques et d’assainir quelque 1600 bâtiments, a-t-elle relevé. «Des kilomètres de cours d’eau ont aussi été renaturés en cinq ans.» La ministre n’hésite pas à se mettre en scène sur le terrain, comme quand elle décide de libérer le cygne noir de Vevey, mis en captivité au Zoo de Servion par ses services. Couac: le volatile qu’elle a baptisé Nelson est tué par un chien trois semaines plus tard. «Mon regret de la législature? C’est sa mort, glisse-t-elle. C’est une boutade mais, vraiment, je l’aimais bien.» V.MA.


Béatrice Métraux


tire son épingle du jeu avec des dossiers que personne ne lui envie


Béatrice Métraux a un bilan forcément moins «bling-bling» que ses camarades de gouvernement. Normal, son département est 100% institutionnel, avec des dossiers que personne ne lui dispute. Elle redouble d’efforts pour communiquer sur son travail. Un succès récent à son actif: les Vaudois viennent d’accepter à 55,5% la loi sur le logement, en préparation depuis une décennie. Au chapitre des victoires populaires, Béatrice Métraux signale aussi le contre-projet à l’initiative «Sauver Lavaux III», plébiscité en 2014.

La Verte souligne aussi avoir «renforcé la politique pénitentiaire avec la création de 250 places supplémentaires. Pour le Canton, c’est considérable.» Les effectifs du Service pénitentiaire ont augmenté de 40%. Bien sûr, la prison pour mineurs des Léchaires était surdimensionnée, elle accueille aujourd’hui des jeunes adultes: «L’une des préoccupations actuelles est d’adapter l’établissement à cette population», reconnaît-elle. Grâce aux recommandations de la chaîne pénale, «les infractions ont baissé d’un tiers dans le Canton», souligne-t-elle.

A son actif encore, la loi sur les communautés religieuses a été mise en vigueur et une première demande de reconnaissance a été déposée par les Anglicans. Les fusions de communes avancent peu, reconnaît Béatrice Métraux, mais «l’Etat n’a qu’un rôle de facilitateur dans cette histoire». La réforme des curatelles lui donne du grain à moudre.

Peu d’écologie dans son bilan? C’est vrai. Mais «le développement durable passe aussi par le sentiment de sécurité de la population», dit celle qui fera campagne avec le slogan «Protéger l’avenir». P.C.


Créé: 02.03.2017, 06h42

Bilan de législature

Les sept ministres ont récité, tour à tour comme de bons élèves, les réalisations de leur département. Mercredi, le Conseil d’Etat s’est livré à un exercice particulier. Devant les tapisseries de la Maison de l’Elysée, il a présenté le bilan de sa législature. Un passage obligé depuis la nouvelle Constitution.

«On ne pousse pas le masochisme jusqu’à faire nous-même notre autocritique», a prévenu le président Pierre-Yves Maillard. C’est donc sans surprise que le gouvernement tire un bilan «positif» de son travail, ces cinq dernières années. Il assure avoir «pour l’essentiel» réalisé les vingt-trois mesures de son programme de législature.

Factuellement, l’Exécutif a réalisé de nombreuses choses ( lire ci-contre ). «Nous avons beaucoup travaillé, assure le président. Surtout, nous avons eu la chance, grâce à un climat politique apaisé, de ne pas uniquement faire de la gestion courante de nos départements, mais de pouvoir conduire des réformes. C’est précieux.» Le canton connaît une démographique galopante. Les autorités doivent bien répondre aux nombreux défis que cela induit.

La clé de la réussite vaudoise serait donc une paix politique, comme le suggère le président. Mais pourquoi les esprits se sont-ils adoucis depuis une grosse décennie? D’abord, la bonne gestion, la bonne conjoncture et la richesse amenée par les nouveaux résidents ont permis au canton de retrouver une bonne, très bonne santé financière. Il est toujours plus facile de se partager de l’argent quand on en a. Pascal Broulis peut ainsi dire: «Le Conseil d’Etat a réussi à développer une politique d’investissement en un temps record.»

Un Conseil d’Etat qui en impose

Il faut aussi constater que cet apaisement a été imposé par le gouvernement. Même si ses membres s’agacent lorsque l’on évoque une pointe d’autoritarisme. Un Conseil d’Etat faible n’aurait probablement pas pu présenter le même bilan. Composé de personnalités fortes, aux affaires depuis plus d’une décennie, le gouvernement actuel a su «apaiser» toute opposition au fil des législatures. La méthode de travail est maintenant bien connue. Ils appellent cela le «compromis dynamique». La technique consiste à élargir le champ politique afin d’éviter les blocages. Le paquet fiscal vaudois en est l’illustration. Ce projet de réforme, qui à la base ne touchait que la fiscalité, lie l’imposition des entreprises à des mesures sociales afin de le rendre acceptable à droite comme à gauche.

Ces «deals» sont élaborés au sein du Conseil d’Etat et non pas au parlement, le premier pouvoir. Ce dernier est dominé par une majorité de droite alors que celle du gouvernement est de gauche. Mais cela n’a pas empêché le Grand Conseil d’apparaître quelque peu inféodé à l’Exécutif, lors de cette législature. Pour l’instant, les patrons sont au Conseil d’Etat et ils savent calmer les velléités des députés.

Les élections cantonales sont fixées au 30 avril. Une échéance qui devrait échauffer les esprits. Mais seulement à la marge. Six des sept ministres se représentent et ils ne comptent pas s’affronter. Le radical Pascal Broulis n’a peut-être pas le même projet de société que le socialiste Pierre-Yves Maillard. Mais ils ne le diront pas publiquement. Mercredi, Pascal Broulis excluait tout débat dans les médias face à Pierre-Yves Maillard durant la campagne. La confrontation ne se fait que dans le huis clos du Conseil d’Etat. Loin des regards.

«On parle de miracle vaudois, mais on peut aussi voir le mirage vaudois»

Le Conseil d’Etat a déballé son bilan, forcément sous un angle partial. Personne ne nie que le gouvernement a obtenu des résultats. Les observateurs de gauche les trouvent bons, même s’il y a des réserves. A droite, c’est l’augmentation de charges de l’Etat qui suscite l’inquiétude.

L’ancien député socialiste François Cherix ne conteste pas un «bilan factuel très bon». Il met néanmoins en garde: «On parle de miracle vaudois, mais on peut aussi voir le mirage vaudois. Attention à ne pas avoir une lecture trop cantonaliste.» L’essayiste estime que nous sommes très minorisés en Suisse. «Nous ne produisons même plus nos propres médias.» Il pose la question: «Sommes-nous vraiment les meilleurs?»

Plus prosaïque, l’ancien syndic de Lausanne, le Vert Daniel Brélaz, observe: «Le fait d’avoir une majorité de droite au Grand Conseil et de gauche au Conseil d’Etat, mais avec des gens qui se parlent a donné du dynamisme. Cet équilibre a permis de débloquer les investissements dont le canton avait grandement besoins et qui étaient bloqués, ou délivrés au compte-gouttes, lors de la législature précédente.»

Secrétaire général de l’UDC Vaud, Kevin Grangier a une interprétation un peu plus offensive: «Pierre-Yves Maillard a manœuvré habilement durant la législature pour éviter une guerre larvée avec la droite majoritaire au Grand Conseil. Sa stratégie a été de faire avancer la cause socialiste prudemment, mais sûrement. Ce qui a frustré une partie de la gauche.» L’augmentation des charges pérennes de l’Etat est pour lui un «vrai sujet d’inquiétude».

Tout comme pour Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie: «Durant cette législature, l’Etat social s’est développé de manière très importante. Il faut le financer. La crainte est que nous retombions dans la situation financière des années nonante. L’économie ne pourra pas financer indéfiniment l’Etat social.»

Daniel Brélaz ne partage pas ce genre d’inquiétude. Il s’attend à des comptes 2016 encore très bons. «Et il y a des chances pour que les électeurs saluent dans les urnes l’équilibre
trouvé par le Conseil d’Etat.»

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