Le bio lance une offensive dans les grandes cultures vaudoises

AgricultureLe canton réagit, Vaud est en queue de peloton en matière d’agriculture biologique.

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Travailler plus pour gagner plus. Si le slogan a un air de déjà-vu, il résume une réalité bien terrienne: produire bio, sans l’aide de la chimie, signifie davantage de main-d’œuvre et de contraintes. Mais en échange, ça rapporte nettement plus. «Le bio, c’est de la valeur ajoutée pour les productions et les perspectives d’avenir sont importantes» s’exclame Bernard Perret, du Service vaudois de l’agriculture.

Hier, ce spécialiste du «Domaine développement rural et contributions» faisait l’article à Moudon de tout ce que le Canton déploie désormais pour inciter les agriculteurs à se mettre au bio. Car plus de vingt ans après l’apparition des premiers bourgeons et autres labels, cette méthode peine à faire son nid dans notre campagne. A peine 4% des exploitations et des surfaces vaudoises y sont dédiées. Ce qui place Vaud en queue de peloton des cantons suisses juste avant Schaffhouse (3,9%), beau dernier. Les Grisons sont en haut du classement (avec 54,9%). La moyenne nationale tourne autour des 11%.

Le canton à la rescousse

Plusieurs facteurs expliquent la position vaudoise. On évoque la taille des domaines, ils sont généralement plus grands qu’ailleurs. Mais aussi la diminution du bétail, gros pourvoyeur d’engrais organiques ou l’ampleur des cultures spéciales (viticulture, arboriculture ou cultures maraîchères) plus délicates à pratiquer en bio.

Du coup, le Service vaudois de l’agriculture s’est lancé dans une véritable «offensive bio». Hier à l’école d’Agrilogie Grange-Verney à Moudon, une rencontre était organisée pour promouvoir ces cultures. Le Canton y promettait des contributions et des aides à la reconversion durant deux ans. De plus, une sorte de prime de risques sur des pertes de culture suite à une maladie ou un ravageur est garantie durant 5 ans.

Forcément, produire bio, c’est aussi prendre davantage de risques avec les maladies, notamment, lors de grande humidité. Avec le bio les engrais, pesticides, fongicides et herbicides chimiques sont interdits. «Les débuts sont encourageants, dit Bernard Perret. Une vingtaine de domaines se convertissent chaque année.» Stéphane Deytard, de Suchy, vient de faire le pas. L’aide du Canton a été déterminante. «On part un peu dans l’inconnu… C’est important d’être financièrement soutenus durant cette transition.»

«Respecter les hommes»

L’intérêt de l’Etat est double: le bio c’est bon pour le paysage et la terre. Mais surtout ça rémunère bien les agriculteurs. Pour le pape du bio du canton, François-Philippe Devenoge, à Dizy, la démarche est avant tout philosophique. «Respecter son environnement, c’est aussi respecter les hommes. Certes il y a plus de boulot, je vends mon blé de premier choix le double du prix de celui de cultures conventionnelles.» Il en moissonne plus de 60 tonnes par an. Car le bio ne se cantonne pas aux petites exploitations. «Au contraire, explique Lisa Pagani, ingénieure agronome, de ProConseil. Les blés, le maïs, les oléagineux etc. s’y prêtent très bien. De plus, aucun autre secteur de l’agriculture ne présente d’aussi bonnes possibilités de croissance que les grandes cultures bio.»

Caprice de bobo pour les uns, retour à la nature pour les autres, le bio a la cote: la demande est énorme sur la viande, les œufs et particulièrement sur les céréales panifiables. «La production indigène ne couvre qu’un tiers des 25 000 tonnes de blés consommés chaque année. Tout le reste doit être importé», rappelle Stephan Jaun, chargé de communication de Bio Suisse.

Créé: 13.06.2013, 07h04

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