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Toujours plus de bois sur les chantiers

Ecologique, économique, le bois de construction est le matériau du 21e siècle. Et révolutionne la manière de planifier les chantiers

La Maison de l'environnement, qui sera construite près du Biopôle, pousse l'utilisation du bois à l'extrême et utilisera même de la terre crue pour ses murs.
La Maison de l'environnement, qui sera construite près du Biopôle, pousse l'utilisation du bois à l'extrême et utilisera même de la terre crue pour ses murs.
JPF-SA

L’engouement pour le bois ne sévit pas qu’à Lausanne, où les nouveaux bâtiments «En Cojonnex», proches de la forêt du Jorat et de Chalet-à-Gobet, le mettent particulièrement en valeur. Le 15e Salon Bois/Technibois de Bulle a enregistré une augmentation de fréquentation de 15%. Celui de WoodRise, à Genève, a pour la première fois réuni les politiques autour de la filière du bois. Quant à la Ville de Lausanne, elle vient de présenter sa "stratégie bois" qui comprend la valorisation du bois de ses forêts dans la construction ou la rénovation de bâtiments publics.

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La durabilité, devenue un vrai sujet de société, plaide pour le matériau naturel, qui pèse beaucoup moins lourd sur l’environnement que les autres durant tout son cycle de vie: la ressource existe en quantité, il stocke le CO2 et il peut être brûlé lors d’une démolition. Les acteurs de la construction observent un intérêt grandissant des maîtres d'ouvrage dans toute la Suisse. Même si «la volonté de l’acte de construire en bois ne se traduit pas encore réellement dans les chiffres», indique Enrique Zurita, président de la section vaudoise de la Société suisse des ingénieurs et architectes (SIA). La part de marché du bois reste stable, à environ 14% du volume des constructions.

Des travaux plus courts et plus propres

Ainsi, si l’acier et le métal ont teinté les constructions du 19e, le béton celles du 20e, le bois et ses dérivés sont les matériaux du 21e, confirme Yves Weinand, professeur en Sciences du bois à l’EPFL. La pression sur ce matériau est ressentie depuis une dizaine d’années à l'EPFL, indique-t-il. «Les entreprises générales ont dû organiser des filières bois. Mais le secteur est plus morcelé que celui du béton et demande une réelle anticipation, dans une société où l’on veut tout tout de suite...» Si l’on s’y prend à temps, en revanche, le bâtiment obtenu sera optimal tant du point de vue écologique qu’économique, notamment grâce au développement de la digitalisation avancée du secteur. «Le préfabriqué – on peut par exemple préintégrer les réseaux électriques – permet des travaux plus courts sur place, une exécution plus rapide et plus propre que sur les chantiers humides», détaille Yves Weinand.

Mais peut-on construire n'importe quel bâtiment avec du bois? Aurions-pu imaginer une tour Taoua en épicéa? «Oui, on peut construire en hauteur, répond Yves Weinand. Mais le vrai enjeu en Suisse, ce n'est pas ça mais la surélévation des bâtiments dans l'idée d'une densification.» Le bois s'avère aussi idéal pour la rénovation ou des immeubles classiques de quelques étages. Enrique Zurita ajoute que «les prescriptions de protection incendie ont par ailleurs évolué. Ainsi, depuis 2005 la construction de bâtiments en bois est autorisée jusqu’à 6 niveaux. Des perspectives intéressantes pour le bois.» Pour lui, le béton sera toutefois encore utilisé pour les fondations par exemple. Il attire aussi l'attention sur le fait que «de nouveaux éléments constructifs présentant des propriétés intéressantes apparaissent régulièrement sur le marché, comme les façades photovoltaïques. L’avenir proposera donc probablement toujours un ensemble de matériaux, choisis en fonction de leurs propriétés et des besoins constructifs.»

Manque d'acteurs locaux

Quant à l'aspect "local" du bois, le professeur Weinand rappelle que c'est bien celui-ci qu'on utilisait "il y a deux cents ans". «Son utilisation est tout à fait logique par rapport à l'environnement.» Mais «la forêt suisse est sous-exploitée car les coûts de production sont encore chers», déplore Enrique Zurita. L'importation de produits finis européens revient en effet parfois moins cher que l'extraction et le transport locaux, avec des «dérives inévitables». «En parallèle, la filière locale de seconde transformation manque d’acteurs. Mais cette situation pourrait rapidement évoluer. Plus la demande sera forte, plus les acteurs locaux devront se structurer et plus ils seront en mesure de répondre aux marchés de grandes envergures», conclut le président de la SIA Vaud.

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