Le boss de Sion 2026 jette l'éponge

CandidatureJean-Philippe Rochat abandonne la présidence du comité de candidature des Jeux d'hiver 2026. Le président de Swiss Olympic Jürg Stahl lui succède.

L'avocat lausannois entend retrouver sa totale indépendance.

L'avocat lausannois entend retrouver sa totale indépendance. Image: Vanessa Cardoso - A

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«J'ai informé la Confédération que je ne serai pas candidat pour présider la phase suivante de la candidature de Sion 2026. Les attaques sur ma personne affaiblissent le dossier et j’estime qu’il est de l’intérêt supérieur de ce bon projet que de faire un pas en arrière.» La pression était trop forte, Jean-Philippe Rochat a fini par céder. Indirectement mis en cause dans l'affaire d'optimisation fiscale des Panama Papers (son étude apparaît dans les listes révélées début 2016), l'avocat lausannois abandonne la présidence du comité de candidature du projet Sion 2026.

Pas d'amertume

Avec le récent soutien de la Confédération au projet à hauteur de 1 milliard, la révélation de telles pratiques, certes légales, a causé un dégât d'image qui a fini par emporter Jean-Philippe Rochat. «D’un point de vue légal, rien ne peut m’être reproché, mais je comprends que ce qui a pu être fait il y a quelques années est aujourd’hui contraire à l’éthique et à la morale. Mais on ne crucifie pas tous les banquiers pour autant», poursuit l'homme de loi, qui assure partir sans amertume. «Conduire un tel projet, ce n’est qu’une fois dans une vie. Mais je subissais la pression de mes associés et de certains clients qui voyaient d’un mauvais oeil le fait que je quitte l’étude (ndlr: l’avocat se serait mis en congé si l’aventure Sion 2026 devait aller plus de l’avant). Et vu la situation et après pesée d’intérêts, j’ai préféré partir.»

Le successeur du Lausannois à la tête du projet est connu: il s'agit de Jürg Stahl. Ancien président du Conseil National et actuel président de Swiss Olympic, Jürg Stahl (UDC/ZH), 49 ans, était vice-président du comité de candidature de Sion 2026 avant ce remaniement.


L'interview de Jürg Stahl: «Je crois à Sion 2026 et je suis prêt à m’engager»


Vice-président du comité de candidature avant, lui aussi, de devoir faire un pas de retrait (après l'agression de l'entraîneur Rolf Fringer), Christian Constantin se réjouit de la nomination de Jürg Stahl à un moment où le dossier devient de plus en plus politique, les Chambres devant se prononcer sur le projet l'an prochain. Mais le remuant boss du FC Sion ne se fait pas d'illusions. «Il y a eu Constantin et l'affaire Fringer, maintenant Rochat et les Panama Papers et demain, ce sera autre chose. Les opposants trouveront toujours des munitions pour tirer sur le projet.»

A Berne, les réactions sont contrastées. «Ce départ va aider la candidature de Sion 2026.» Pour le conseiller national Thomas Egger (PDC/VS), cette rocade est une bonne nouvelle. Pour ce partisan de Sion 2026, Jean-Philippe Rochat n’avait pas l’aura d’un Adolf Ogi pour incarner le projet. «Il n’avait pas la notoriété suffisante en Romande et n’était pas connu des Alémaniques.» Pour le Valaisan, le fait qu’il ait été éclaboussé par les scandales d’optimisation fiscale révélée par les Panama Papers a également affaibli sa position. «En ce sens, l’arrivée de Jürg Sthal apporte une nouvelle dynamique».

«Les opposants trouveront toujours des munitions pour tirer sur le projet»

Perplexe dès le départ quant à une candidature olympique, Mathias Reynard (PS/VS) accueille la nouvelle de façon circonspecte. «Pour remplacer Rochat, Sion 2026 avait le choix entre un Valaisan ou une personnalité ayant une ampleur nationale. Aujourd’hui, on assiste à un choix politique. Jürg Sthal, c’est l’inverse de Rochat.» Pour le socialiste, les porteurs du dossier se sont rendu compte du scepticisme des politiques sur ce projet. «Ce n’est pas pour rien qu’un UDC a été choisi. Ça peut ramener les voix nécessaires pour faire passer le projet au niveau du Parlement.» (24 heures)

Créé: 06.12.2017, 16h51

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