Breguet rejoint l’odyssée contre la pollution plastique

EcologieLa marque de luxe du Swatch Group devient partenaire principal de la fondation vaudoise Race for Water

Le bateau de la Fondation Race for Water

Le bateau de la Fondation Race for Water Image: RACE FOR WATER

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C’est un soutien de poids pour mener une croisade aux airs de travaux d’Hercule. La Fondation Race for Water, dont le catamaran solaire fait actuellement le tour du monde pour sensibiliser à la pollution des océans par le plastique et promouvoir sa solution pour y faire face, vient de signer un partenariat avec la Maison Breguet.

L’annonce du soutien de la marque horlogère de luxe, propriété de Swatch Group, est officiellement faite ce samedi à la grand-messe de l’horlogerie Baselworld. Pour l’occasion, Marco Simeoni, président vaudois de Race for Water et initiateur du projet, a fait le déplacement depuis La Punta de Callao, au Pérou, où le catamaran a fait escale. Confidentialité de l’accord et discrétion obligent, le montant du partenariat qui court jusqu’en 2021 n’est pas divulgué, mais il se compte en millions. Une manne bienvenue pour Race for Water, dont le combat contre le cancer écologique que représentent les milliers de tonnes de déchets plastiques immergés dans toutes les mers du monde est loin des codes fastes ou bling-bling sur lesquels l’horlogerie de luxe communique d’ordinaire. «Je trouve très courageux de la part de Breguet de s’associer à notre cause, pour laquelle on ne se presse pas au portillon», confie Marco Simeoni, convaincu que l’alliance est loin d’un sponsoring alibi qui surferait sur le trend durable. «Ce n’est pas que pour la beauté du bateau. Ils se sont véritablement enthousiasmés pour nos activités, je suis convaincu que leur démarche est sincère», se réjouit l’entrepreneur. Directeur du fleuron de Swatch Group, Marc Alexander Hayek confirme ( lire ci-dessous ).

La soupe de millions de tonnes de déchets qui flotte dans les mers est surnommée «le septième continent».

Cible principale: les îles

Il faut dire que l’objectif de Race for Water est particulièrement noble. Et sonne toujours plus comme une priorité. Jeudi, une étude de la revue Scientific Reports révélait que l’énorme soupe de plastique qualifiée de décharge flottante entre Hawaï et la Californie avait été sous-estimée. Lourd de 80 000 tonnes de déchets, ce magma, sans conteste l’un des pires fléaux du IIIe millénaire, s’étendrait sur une surface de trois fois la France.

C’est pour sensibiliser à ce désastre écologique que l’ancien catamaran Planet Solar (avec lequel Raphaël Domjan a bouclé le tour du monde entre 2010 et 2012) a repris la mer. Parti de Lorient (F) en avril dernier, le bateau, véritable laboratoire dédié aux cleantechs capable de dessaler l’eau de mer puis de la convertir en hydrogène et propulsé par le vent, l’eau et le soleil, a déjà parcouru 32'000 milles à travers trois océans. Actuellement au Pérou, l’armada se dirigera ensuite au Chili avant de rallier les îles Crusoé, de Pâques, la Polynésie française, les îles Tonga, Fidji ou encore Salomon. Sans oublier Tokyo en 2020 puis Dubaï l’année d’après, fin de l’expédition et du partenariat avec Breguet.

Ciblant les îles, particulièrement affectées par la pollution plastique et très dépendantes des énergies fossiles, l’expédition profite de ses escales pour faire passer son message. Une communication pro transition énergétique qui peut compter sur le bateau, où se succèdent les missions scientifiques et qui agit comme un aimant. «Des ministres, des décideurs qui ont le pouvoir de faire changer les choses, des représentants d’ONG locales, sans oublier des centaines d’écoliers: on accueille du beau monde», confirme Marco Simeoni.

Plastique valorisé

«Mais le bateau est une vitrine», rappelle l’entrepreneur d’Écublens. Car derrière le message d’alerte, Race for Water a une solution à proposer: une machine capable de transformer le plastique en énergie grâce à la pyrolyse.

Développé par l’entreprise française ETIA sur un site du géant SUEZ (deux partenaires du projet) en Hollande, le dispositif est capable de transformer cinq tonnes de plastique en énergie par jour. Pour «nourrir» l’installation, qui tient dans un container, Race for Water table sur des collecteurs de rue, qui seraient rémunérés pour leur récolte. La première de ces machines à valoriser le plastique pourrait être implantée en

République dominicaine courant 2019. À terme et pour inverser la courbe de pollution des océans, le projet rêve d’en voir pousser 200 aux quatre coins du monde dans les quinze ans. (24 heures)

Créé: 24.03.2018, 08h32

«Nous nous engageons activement»

En plein Baselworld, Marc Alexander Hayek, directeur de Breguet, Blancpain et Jaquet Droz, précise la forme que va prendre le partenariat avec Race for Water.

Qu’est-ce qui a convaincu Breguet de se lancer dans cette aventure?

Deux raisons majeures ont motivé ce choix. D’une part, la Maison Breguet détient de forts liens avec le monde maritime et particulièrement depuis la nomination de notre fondateur Abraham-Louis Breguet au titre d’horloger de la marine en 1815.

Il devait en effet être en mesure de développer des instruments de mesure d’une précision extrême permettant de se repérer en mer. D’autre part, la préservation de l’environnement est un sujet qui nous tient à cœur depuis longtemps, et notamment grâce à l’implication de mon grand-père, Nicolas G. Hayek, fondateur de Swatch Group. De son vivant, il a créé Belenos, qui a pour mission de développer et de produire des systèmes d’énergies propres et renouvelables. Nous poursuivons aujourd’hui son œuvre et nous engageons dès à présent, et en toute légitimité, dans ce magnifique projet.

Comment la marque compte-t-elle s’engager pour le projet de Marco Simeoni?

Nous allons contribuer à la sensibilisation du public face à ce problème majeur et soutenir activement la mise en place de solutions durables avec Race for Water en utilisant notre réseau. Nous avons notamment créé un roadshow dédié à ce partenariat qui parcourra le monde avec comme objectif d’expliquer ce magnifique projet au grand public. D’autres grands projets verront le jour rapidement.

La pollution par le plastique, souvent portée par des images chocs, n’est pas le plus glamour des projets à soutenir. Est-ce un risque pour Breguet?

Notre priorité est de nous engager activement dans la préservation de l’environnement et nous sommes fiers que Race for Water et Breguet s’engagent aujourd’hui conjointement dans ce sens. C’est en réunissant nos forces et nos compétences que nous ferons la différence pour faire face à ce problème qui nous concerne tous.

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