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Bridés, les «télépsys» s'inquiètent

La LAMal limite la facturation des téléconsultations à 240 minutes par patient et par semestre. Les psys interpellent l’OFSP.

Manuel Perrin

Par le biais d’une lettre envoyée le 17 mars dernier, la Fédération suisse des psychologues (FSP) demande à l’Office fédéral de santé publique de lever la limite de facturation imposée par la tarification médicale Tarmed aux psychologues en délégation (c’est-à-dire employés d’un cabinet médical) en matière de consultation à distance. Pour les patients couverts uniquement par l’assurance obligatoire des soins (sans complémentaire ou prise en charge de l’AI), au-delà d’un certain nombre de minutes semestrielles, les séances par téléphone ou par visioconférence ne sont plus prises en charge. Et cela malgré le contexte actuel.

Sans réponse

Le courrier de la FSP est pour le moment resté sans réponse. «Nous ne pouvons actuellement pas facturer à la LAMal plus de 240 minutes de consultation téléphonique ou en visioconférence par patient sur une période de six mois, détaille Stephan Wenger, coprésident de la FSP. Ce que nous voulons, c’est pouvoir facturer les consultations à distance sans cette limite de temps, soit de la même manière que s’il s’agissait de séances en présence.» Ceci pour éviter que les personnes qui ressentent le besoin d’être aidées ne puissent le faire pour des raisons financières.

Séances indispensables

«Au vu de la pandémie actuelle, la plupart des psychologues spécialisés en psychothérapie ne peuvent pas se passer des consultations à distance, confirme Numa Dottrens, président de l’Association vaudoise des psychologues (AVP). Il n’est pas toujours possible de garder deux mètres de distance avec son patient en cabinet, et la situation est encore plus complexe s’il s’agit de suivi de familles ou avec des enfants.»

Dans la situation actuelle, la consultation téléphonique ou par visioconférence apparaît comme la plus adaptée. «Mais le modèle de tarification ne nous offre que 4 séances de 60 minutes par patient, regrette Numa Dottrens. On va arriver à la quatrième semaine de confinement et, pour beaucoup de patients, au terme des consultations que l’on peut facturer.» Pour le psychologue, cette limite peut couper les personnes d’un soutien au moment où elles en ont le plus besoin.

Effets délétères

«La fin abrupte d’une thérapie peut avoir des effets délétères sur les patients! La santé mentale, c’est le deuxième front de cette pandémie! Anxiogène, la situation met non seulement en danger les patients qui n’allaient déjà pas bien mais aussi toutes les personnes qui ressentent le besoin d’être aidées.»

En matière de santé mentale aussi, il faut éviter de surcharger les services de santé publique. «Si cette limite de 240 minutes n’est pas levée rapidement, les patients qui ne pourront plus payer les consultations de leur poche vont mettre un terme à leur suivi et peuvent potentiellement se retrouver ensuite aux urgences des hôpitaux du canton, en cas de détresse. Continuer de pouvoir traiter les gens à distance, c’est aussi une manière de protéger plus globalement la population.»

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