Burki n'est pas encore rangé des crayons

EpalingesTout jeune retraité, le dessinateur des Vaudois reçoit jeudi soir le Mérite 2014 de sa commune où il réside depuis 28 ans.

Dessinateur de presse à 24 heures pendant 38 ans, Raymond Burki projette d'illustrer un livre de recettes avec Philippe Rochat

Dessinateur de presse à 24 heures pendant 38 ans, Raymond Burki projette d'illustrer un livre de recettes avec Philippe Rochat Image: PHILIPPE MAEDER

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La casquette toujours vissée sur la tête, le cendrier à portée de main et la bouteille de blanc sur la table, Raymond Burki savoure sa nouvelle vie de jeune retraité chez lui, dans les hauts d’Epalinges encore enneigés. Il l’esquisse. «Je n’avais pas de plans particuliers pour ce moment de ma vie. Une seule chose était sûre: je ne voulais plus bosser.» Ce jeudi soir, celui qui fut le dessinateur de presse de 24 heures pendant trente-huit ans se prêtera de bonne grâce à un exercice après lequel il n’a pourtant jamais couru. Sa Commune a décidé de l’honorer en lui décernant le Mérite 2014. Burki médaillé? L’image ne l’emballe pas forcément.

Epalinges vous décerne son Mérite 2014. Cela vous touche?
Cela fait vingt-huit ans que j’ai fait construire ma maison ici. Je suis né à Lausanne, du côté de Vennes, mais c’est au café du village d’Epalinges que je traînais. J’aime mon quartier, ici. Les voisins passent de terrasse en terrasse durant l’été. On est entouré par les bois. Je sais qu’on n’y construira jamais une autoroute ou un stand de tir, que je déteste. Les gens sont sympas au village. Les autorités sont plus ou moins à gauche. Ça va bien mieux de ce côté-là… Il paraît que le Mérite que je vais recevoir, c’est une belle médaille qui vaut cher. Dommage: je n’aime pas les médailles pour leur côté militaire, ni la foule d’ailleurs. C’est pour ça que j’aime pêcher. Je suis tout seul à remonter la Menthue que je connais sur le pouce, de Froideville à Donneloye. Pour revenir au Mérite d’Epalinges, je suis vraiment honoré. Je dirai quelques mots, mais on ne doit pas s’attendre à un long discours de ma part. Ce sera en tout cas une bonne occasion de boire un verre.

Raymond Burki, vous dessinez toujours?
J’ai reçu d’innombrables propositions depuis mon départ à la retraite en août dernier. De la part de journaux, mais aussi de sociétés qui voulaient que je m’occupe de leurs plaquettes d’entreprise. Le problème, c’est que je ne veux plus de trucs comme ça. J’en ai assez. Pendant toutes ces années, tous les jours, je devais réaliser un dessin sur l’actualité. Je n’ai plus envie de réfléchir par obligation. Je veux une coupure. Alors oui, je dessine toujours, mais sans le stress. Ce que je fais n’est pas encore montrable. C’est ce qui me passe par la tête.

Le crayon ne vous démange plus comme avant?
Je regarde toujours l’actualité de très près et j’aime la politique, mais je n’ai aucun regret du travail en entreprise. La seule chose qui me manque vraiment, ce sont les lecteurs. Vous savez, j’avais un sacré retour sur mon boulot. Et je l’ai toujours d’ailleurs. A la Migros ou à la Coop, les gens me reconnaissent et se montrent reconnaissants. Il faudra que je tisse un nouveau lien avec eux, même si, par la force des choses, je ne sortirai plus de recueils de mes meilleurs dessins chaque année. J’ai bien un projet. Il s’agirait d’illustrer un livre de recettes avec l’un de mes amis cuisiniers, en l’occurrence Philippe Rochat. Il n’est pas impossible aussi que je collabore avec l’hebdomadaire satirique Vigousse, par exemple. Ça pourrait se faire.

Le 1er mars dernier, vous étiez à l’ouverture de la pêche?
Comme chaque année, mais je n’ai pas fait grand-chose! J’ai pris une petite truite pas bien grasse, mais c’est normal. En ouverture de saison, les poissons n’ont pas bien faim. Je fais partie d’une société de pêcheurs d’Echallens. Chaque fois, on organise un petit concours. On pèse nos prises en fin de journée. Avec ma truite qui ressemblait davantage à une ficelle, ce n’est pas moi qui ai gagné!

Et la politique, cela vous tente?
Des fois, c’est vrai, je me dis qu’il faudrait que je me lance en politique au niveau local. Je ne devrais pas avoir trop de soucis pour me faire élire… Le problème, à Epalinges, c’est que le parti que je voudrais n’est pas représenté. Il y a des socialistes, mais ils sont bien gentils. Moi, je préfère La Gauche ou le POP. (24 heures)

Créé: 11.03.2015, 17h38

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