Un butin trop facile met une famille sur la paille

RivieraUne retraitée, son fils et sa belle-fille échappent à la prison mais paieront cher pour avoir cherché à s’approprier les biens d’une veuve.

Le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois a reconnu les trois prévenus coupables.

Le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois a reconnu les trois prévenus coupables. Image: Chantal Dervey/A.

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«Bien mal acquis ne profite jamais», dit-on. Mardi, le Tribunal correctionnel de l’Est vaudois a dû convertir cette maxime en articles du code pénal, en jugeant un trio accusé d’avoir subtilisé de l’argent chez une dame âgée dans le cadre d’un mandat de curatelle (24 heures de mardi).

Cette retraitée, Eva*, son fils Bernard* et sa belle-fille, Marion*, échappent à la prison, mais la réparation de leurs forfaits coûtera très cher à cette famille déjà lourdement endettée. En plus de frais de justice et d’avocat, ils se retrouvent débiteurs solidairement de quelque 250000 francs, soit le montant probable du vol commis, selon le calcul le plus raisonnable du Ministère public.

Quart de million

Difficile en effet d’évaluer le butin, puisque l’argent subtilisé dormait sous forme d’épaisses liasses au domicile montreusien de leur propriétaire. Mais la Cour, suivant les conclusions du parquet est certaine que ce quart de million, au bas mot, a été prélevé. Dans son jugement, la présidente Anne-Catherine Page a souligné la gravité d’autant plus lourde de ces agissements qu’Eva, curatrice, et Bernard, fiduciaire, étaient par mandats investis de la confiance de la lésée.

Eva écope de 24 mois, assortis d’un sursis complet pour une durée de cinq ans, pour abus de confiance qualifié. Le débat juridique a porté sur la qualification des actes commis par les époux Bernard et Marion. Alors que le procureur Anthony Kalbfuss avait retenu le vol en bande et par métier et le blanchiment d’argent, le tribunal a apprécié la situation différemment et conclu au recel et blanchiment d’argent. «Quand on trouve dans la chambre de son fils de l’argent dont on sait qu’il a été volé et qu’on le dissimule, c’est un acte de recel», a souligné la présidente, condamnant Marion et Bernard à respectivement 20 et 16 mois avec sursis de 5 ans.

Dans un safe bancaire

Avec le Ministère public, les juges se sont largement fondés sur les déclarations du fils des époux pour forger leur conviction. Le désormais jeune adulte, condamné séparément par la justice des mineurs, a livré en cours d’enquête des déclarations «claires, univoques et constantes, au contraire de vos trois multiples versions qui sont contradictoires les unes avec les autres et même les unes envers les autres pour chacun d’entre vous», a tancé la présidente.

Au minimum une enveloppe dodue subtilisée chez la veuve par l’adolescent, parmi quatre ou cinq trouvailles du même acabit, a servi à alimenter quelques achats et beaucoup de rêves. Hormis plus de 80'000 francs consignés dans un safe bancaire, la justice n’a pu remettre la main ni sur les espèces, ni sur les bijoux de la riche octogénaire dépouillée.

Au fil de l’établissement de son patrimoine, les mois précédant la découverte du cash, il était apparu que la vieille dame disposait d’une fortune dépassant les huit millions de francs. Faisant déclarer en cours d’enquête à sa curatrice que le magot dérobé n’était qu’une «goutte d’eau dans un océan». Pas de quoi minimiser le forfait aux yeux des juges qui ont aussi relevé une «absence de prise de conscience» rare.

Créé: 25.02.2020, 21h40

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