Le butin des repris de justice mis aux enchères

RenensLe Service pénitentiaire vendra au plus offrant des objets séquestrés.

Louboutin, Armani, Tom & Eva… Les objets mis en vente
comprennent plusieurs paires de chaussures de luxe.

Louboutin, Armani, Tom & Eva… Les objets mis en vente comprennent plusieurs paires de chaussures de luxe. Image: VD.CH

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Ceux qui cherchent une paire de lunettes de soleil griffée à prix cassé pour affronter l’été seront ravis. Jeudi prochain, l’État va procéder à une vente aux enchères un peu particulière où seront proposés au plus offrant des dizaines d’articles de luxe. Leur spécificité? À quelques rares exceptions près, ces objets ont été séquestrés sur ordre de justice dans le cadre de procédures pénales.

À lire l’interminable liste de marques que l’État a récemment fait paraître, ce sont des articles dignes des plus opulentes zones duty free d’aéroports qui seront mis en vente: des parfums, des ceintures, des porte-monnaie, des lunettes de soleil, des chaussures ou encore des sacs. Le tout portant la griffe des plus grands noms du luxe, Hermès, Louis Vuitton et Prada en tête. Et la liste continue avec, entre autres, des coussins et des nappes estampillés Gianni Versace ou encore le must informatique de la marque à la pomme.

L’ensemble, où aucune contrefaçon ne s’est glissée et où figure encore beaucoup d’électronique, est vendu sans garantie mais proposé à des prix défiant toute concurrence: mise à prix minimale, 5 francs, avec surenchère minimale du même montant.

Pas d’arme, pas de drogue

Sur place, Claude Bonjour, préposé à l’Office des poursuites de l’Ouest lausannois, jouera le rôle de commissaire-priseur. «Il y a environ 150 articles qui seront mis en vente. Hormis quelques objets provenant d’une succession répudiée, l’essentiel de la marchandise vient du Service pénitentiaire», indique le chargé de vente, qui n’en dira pas beaucoup plus.

Mais comment le SPEN s’est-il retrouvé à la tête de cette cargaison bling-bling? Pourquoi a-t-il décidé de la vendre et, enfin, où ira l’argent récolté lors de ces enchères? «Lorsqu’une enquête de police débouche sur l’arrestation d’une personne, des produits liés à l’enquête sont saisis. Ces objets sont séquestrés le temps de l’instruction sur ordre de magistrat. Dès qu’un jugement est rendu, la justice décide du sort des objets séquestrés. Ils peuvent être restitués à leur propriétaire, confisqués ou détruits», explique Marc Bertolazzi, porte-parole du Service pénitentiaire. Et d’ajouter que si les objets en question sont le produit d’un délit ou d’un crime ou s’ils ont été acquis grâce à une activité illicite, ils ne seront pas rendus.

Juriste au secrétariat général de l’ordre judiciaire, Delphine Rouvé apporte quelques précisions supplémentaires sur ces ventes particulières: «Tout ne peut pas être vendu. Les armes séquestrées sont transmises à la police cantonale et les stupéfiants sont évidemment détruits, de même que les objets dont on ne peut rien retirer», explique la juriste, qui évoque le manche d’un aspirateur saisi il y a quelques années et qui avait fini détruit.

Pour les objets qui ont encore une valeur marchande, poursuit Delphine Rouvé, il existe deux possibilités: «Lorsque l’objet séquestré n’a pas pu être restitué à son légitime propriétaire en cours d’enquête et qu’il présente une valeur marchande, il peut être confisqué et dévolu à l’État. À charge pour ce dernier d’examiner l’opportunité de le vendre ou de le détruire.»

Créé: 23.06.2018, 08h23

Infos

Vente aux enchères publiques de l’État de Vaud, jeudi 28 juin, 9h, salle des ventes du chemin du Closel (bâtiment TL, Perrelet), Renens. Biens visibles dès 8h30, paiements en espèces uniquement

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