Passer au contenu principal

«C’est une chance de pouvoir faire une différence, même si c’est épuisant!»

Dre Katia Jaton, PhD, MER& Privat-Docent, FAMH en microbiologie médicale et cheffe de laboratoire du diagnostic moléculaire de l'institut de microbiologie du CHUV.

Dre Katia Jaton a pris le temps de poser rapidement avant de retourner dans le «tourbillon» de son labo.
Dre Katia Jaton a pris le temps de poser rapidement avant de retourner dans le «tourbillon» de son labo.
DR

Depuis plusieurs jours maintenant, et grâce à la magie des réseaux, les applaudissements et les cris et sifflements d’encouragement et de remerciement au corps médical rythment nos soirées devenues bien étranges. Ce vendredi, on propose de faire de même sur le coup de 12h30, soit en plein jour et de mettre en avant une personne parmi tant d’autres dont le travail, le courage et l’investissement sont admirables.

Sur le pont depuis janvier

la Dre Katia Jaton est cheffe du laboratoire de diagnostic moléculaire, mycobactéries et biosécurité au CHUV. En langage simplifié, c’est elle qui dirige tous les tests du coronavirus effectués au laboratoire de microbiologie. Elle est donc sur le pont de manière très intensive depuis le 14 janvier déjà, soit deux très longs mois.

Réactivité admirable

«Nous avons entendu parler du virus un peu avant cette date, et comme nous sommes habilités à construire des tests maison, nous avons immédiatement tout mis en œuvre pour réagir le plus vite possible. Nous avons mobilisé tout le monde, fait le nécessaire pour nous approvisionner en matières premières et le 14 janvier, soit deux semaines plus tard, notre test a été validé et nous sommes entrés en phase de production. Cette réactivité est exemplaire.»

En état de choc

Au bout du fil, sa voix ne trahit pas la moindre lassitude. «Notre mission et ma super équipe me donnent l’énergie nécessaire pour continuer. Ils sont hyperflexibles et nous nous sentons tous très investis de cette mission de santé publique. C’est ultra-motivant de pouvoir répondre présent quand on a besoin de nous. Même si j’avoue que nous étions quelque peu en état de choc face à l’importance de la demande! Il a fallu jongler pour obtenir des produits, pas vraiment comme les gens qui se précipitent sur le papier toilette dans les supermarchés, mais presque!»

Voir sa petite fille lui manque

Il est bientôt 15 heures et Katia Jaton pense bientôt pouvoir être en mesure de prendre quelques minutes pour manger. Son portable n’arrête pas de sonner. Au milieu des urgences, un appel de sa fille.

«J’ai une petite-fille que je ne suis désormais plus autorisée à voir pour mon bien. C’est très difficile à vivre. Heureusement, je suis très occupée. Je suis très fière du nombre de femmes qui occupent des postes importants dans tous les secteurs médicaux. Ici, nous ne faisons pas vraiment partie du personnel soignant, mais le labo reste au cœur du système. Alors ces temps, mon mari reste à la maison et moi je vais au travail. Mais je considère que c’est une chance de pouvoir faire une différence… même si c’est épuisant! Le soir je rentre, j’écoute les gens applaudir sur leurs balcons, leurs terrasses et je me laisse porter par cette émotion. Puis je m’endors en pensant coronavirus et je rêve coronavirus…»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.