Une campagne vaudoise à 2 millions de francs

Élections fédéralesLes partis de gauche investissent davantage que ceux de droite pour ces élections. Mais les campagnes personnelles des candidats font presque doubler le budget à droite.

Une campagne des élections fédérales dans le canton de Vaud coûte près de 2 millions de francs

Une campagne des élections fédérales dans le canton de Vaud coûte près de 2 millions de francs Image: Keystone

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Combien coûte la campagne des élections fédérales dans le canton de Vaud? Près de 2 millions de francs. Grosso modo, deux tiers sont investis par les partis. Le tiers restant est financé par les candidats de droite et du centre, autorisés à faire des campagnes personnelles.

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Cela ressort de l’enquête de «24 heures» auprès des 21 partis en lice et de 37 des 377 candidats. Cet échantillon comprend les 17 parlementaires sortants, les 15 candidats au Conseil des États (sept jouent dans les deux catégories) et trois candidats supplémentaires dans chaque grand parti (UDC, PLR, PS, Vert·e·s).


Lire aussi: L’argent électoral aurait-il une odeur?


Premier constat: les partis de gauche sont en tête (620'000 fr.), devant la droite (560'000) et le centre (180'000), avec des sources de financement variées (lire encadré).

Mise presque doublée

Ces chiffres permettent d’objectiver plusieurs réalités. D’une part, les candidats doublent presque la mise à droite. Au total, les 11 candidats de droite qui nous ont répondu (manquent Isabelle Moret et Olivier Feller notamment) mènent des campagnes personnelles pour 400'000 fr. En outre, ils sont fortement mis à contribution pour la campagne de leurs partis. Ainsi les 57 candidats du PLR y participent pour environ 100'000 fr.

À quoi sert l’argent de leurs propres campagnes, en plus des affiches, des imprimés et des objets fournis par le parti? «En général, ils font un tous-ménages ciblant leur région, des affiches supplémentaires et des annonces dans la presse», explique Laurine Jobin, secrétaire générale du PLR. Certains commandent des gadgets, comme l’UDC Michaël Buffat: «Sur les 20'000 fr. de ma campagne, j’en ai payé 3500 pour des sent-bon et 500 pour des stylos, entre 3000 et 4000 pour une lettre à tous les agriculteurs et 1000 pour la publicité sur internet et dans la presse locale.»

Si la gauche ne demande rien à ses candidats, tous disent financer indirectement la campagne, via leurs jetons de présence en cours d’année. Cinq déclarent des dépenses personnelles: des dons pour Pierre-Yves Maillard (PS) et Samuel Bendahan (PS), de la promotion pour des publications sur Facebook pour Daniel Brélaz (Les Vert·e·s) et Roger Nordmann (PS) et des «petits frais» (transports, cartes postales du parti, etc.) pour Stéphane Montangero (PS).

Ada Marra lève des fonds

On apprend au passage que la candidate socialiste au Conseil des États, Ada Marra, a opéré une levée de fonds de 13'000 fr. Cela rappelle sa collègue Géraldine Savary, qui a renoncé à se représenter après les révélations sur le soutien financier du milliardaire Frederik Paulsen. «Il y a de grandes différences avec le cas de Mme Savary, explique Olga Baranova, secrétaire générale du PS. Il n’existe ni comité de soutien ni compte de campagne externes au parti pour Mme Marra. Ce fonds est géré par le parti.»

Les dons sont tous inférieurs à 5000 fr., limite avant la publication des noms. «La gestion financière de ce compte est de la compétence du PS, ajoute Ada Marra. Par contre, je décide seule de l’affectation de la somme récoltée pour ma campagne (annonces, réseaux sociaux, dédommagements financiers, etc.).»

Créé: 11.10.2019, 06h46

Origine: D’où vient cet argent?

Schématiquement, il y a deux grandes tendances pour les sources de financement: la droite accepte l’argent des personnes physiques et des personnes morales (entreprises, associations, etc.); la gauche refuse les entreprises.

Tous les grands partis (UDC, PLR, PS, Vert·e·s) disent utiliser notamment leurs économies, prises sur leur budget annuel. Celui-ci est financé notamment par les cotisations des membres, une partie des jetons de présence des élus (cela représente par exemple 61% du budget annuel des Vert·e·s, 40% au PS et 24% au PLR) et des dons. Les partis de droite et du centre font aussi participer leurs candidats: environ 100'000 fr. pour les 57 candidats du PLR, 60% du budget au PDC et 19% chez les Vert’libéraux. La gauche ne demande rien à ses candidats. La plupart des petits partis se basent sur leurs cotisations et des dons. Idem pour les jeunesses de partis, qui reçoivent un soutien financier du parti-mère (sauf les jeunes libéraux-radicaux, intégrés au budget du parti).

Du côté des candidats de notre échantillon, les frais engagés par ceux de gauche (relativement faibles) sont financés par des fonds personnels, sauf la levée de fonds de 13'000 fr. de la socialiste Ada Marra. En revanche, les candidats de droite comptent pour la plupart des soutiens externes, récoltés le plus souvent par des repas de soutien et des appels aux dons. Une minorité indique la proportion d’entreprises parmi leurs sponsors (environ 20% pour l’UDC Philippe Jobin et quelques centaines de francs pour le Vert’lib François Pointet).

Deux exceptions à droite et au centre dans notre échantillon disent financer seules leur campagne: Daniel Ruch (PLR) et Isabelle Chevalley (Vert’libéraux).

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