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«Au camping, on court moins de risques qu’en ville»

Certains ont quitté la ville pour vivre leur confinement dans leur mobile home. Reportage aux Mosses et point de situation sur les consignes.

Eliane et Joseph Bernard ont quitté Genève pour s'isoler aux Mosses.
Eliane et Joseph Bernard ont quitté Genève pour s'isoler aux Mosses.
Chantal Dervey

Le petit mètre de neige qui encombre les allées du Camping La Toundra, aux Mosses, n’a pas découragé Éliane et Joseph Bernard de venir s’installer dans leur mobile home. Le couple a quitté Genève pour y passer une partie de son confinement. «En général, on reste deux ou trois jours puis on repart dans notre appartement quelques jours.»

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Parmi les 150 caravanes installées là, seule une petite dizaine est actuellement occupée. Le cadre et la tranquillité ont incité les campeurs à venir vivre leur confinement ici, malgré des conditions spartiates. «On respecte ce confinement. On ne sort pas: on a assez de boulot à la caravane», rigole Joseph, qui finit de dégager la neige de son terrain. «On ne va même pas à l’épicerie du coin. Nos filles font nos courses quand nous sommes ici et on refait le plein quand on retourne à Genève, poursuit Éliane. On court moins de risques qu’en ville. Quand on sort de notre appartement, on prend l’ascenseur, on croise du monde. Ici, on n’a aucun contact.»

Des mesures particulières

Un peu plus loin, Graziella et Richard Serra regagnent leur roulotte, tirant leurs bagages sur des luges. «On s’est organisés pour rester ici jusqu’à la fin du confinement. J’ai amené ma machine à coudre pour m’occuper», signale Graziella. Habitant Territet, près de Montreux, le couple estime pouvoir s’isoler plus facilement aux Mosses: «Il y a peu de monde au camping en ce moment. Respecter une distance de sécurité n’est pas un problème.»

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Pour permettre à cette poignée de clients de cohabiter dans les règles, le gérant Laurent Mermod, alias «Donc!», a pris des mesures particulières. «Chaque résident qui monte doit m’en informer. Je leur indique quels WC et quelle douche ils peuvent utiliser, pour éviter qu’il y ait trop de monde à la fois. Les communs sont désinfectés deux fois par jour.» Steven Dubois, de Château-d’Œx, qui séjourne là depuis le 20 mars avec sa fille Lilou, confirme que «les mesures prises fonctionnent bien. Il y a un système de pincettes colorées qui permet de savoir combien de personnes se trouvent déjà dans les locaux communs.»

Exception fédérale

Aux quatre coins du canton, les gérants déploient toute leur ingéniosité pour respecter les dernières consignes fédérales, annoncées vendredi. Les terrains saisonniers sont désormais fermés mais une exception est accordée aux «places de stationnement pour caravanes et camping-cars prévues pour une location durable». Aux Frassettes (Barboleuse), Mafalda Paiva a fermé tous les locaux communs, tels que réfectoire, et limité le nombre de sanitaires. «Il était impossible de faire la police. On a notamment eu quelques soucis avec des saisonniers qui ont préféré rester en Suisse plutôt que de repartir en France. Je leur ai expliqué qu’ils devraient s’en aller s’ils ne respectaient pas les règles. Ça a suffi.»

À Yverdon, l’ouverture prévue le 2 avril a été reportée au 20 pour éviter l’afflux de vacanciers à Pâques. Seuls les clients qui y possèdent déjà un mobile home pourront revenir après cette date. Preuve que les directives sont interprétées de manière relativement différente: la direction des Cases à Forel annonce que le site est fermé. «Certains résidents sont arrivés avant que le Conseil fédéral précise la situation. Seuls ceux qui sont équipés de toilettes et douches dans leur mobile home peuvent rester. Et pour autant qu’ils respectent les règles: pas de visites ni de rassemblements.»

Pour s’en assurer, les autorités ont accru les contrôles, comme par exemple à Avenches: «Nous passons quotidiennement dans le secteur et la gendarmerie aussi. Les attroupements et comportements qui doivent être combattus le sont dans la mesure de nos moyens», réagit le secrétaire municipal Eloi Fellay.

Incertitude avant Pâques

Directeur du camping de Vidy, Claude Michel avoue être dans l’incertitude face à la perspective d’un week-end pascal ensoleillé. «On va mettre du personnel à l’entrée et filtrer au maximum. Pour le moment, nous avons environ 45 caravanes occupées, dont trente qui sont des résidences principales (ndlr: sur 450 places à disposition). Pour leurs occupants, la question ne se pose pas: ils peuvent bien sûr rester.» Nombre de ces résidents sont des retraités. Pour les autres vacanciers, l’équipe juge au cas par cas: «On veut surtout éviter que les habitués se réunissent pour faire l’apéro. Mais globalement, les gens sont respectueux.»

Comme partout ailleurs, les nouveaux arrivants ne sont pas acceptés. Mais là encore, Claude Michel a préféré jouer la carte de la souplesse. «Avec les frontières qui se ferment, on voit des situations particulières. On n’accueille en principe plus de camping-cars, mais on a eu une famille qui rentrait du Portugal. Le père de famille avait fait 2000 km d’une traite, il était épuisé. On l’a laissé passer deux nuits ici. C’est préférable que de les laisser faire du camping sauvage.»

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