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Le canoë est en béton armé et en kit... et pourtant il flotte

Huit étudiants de master en génie civil ont conçu un canoë en béton pour participer à une régate en Allemagne.

Sacha Laffely et Albin Overnay à bord du canoë, dans le lac mercredi, pour ce qui devait être la dernière mise à l’eau de l’embarcation avant le départ pour Cologne dans deux semaines.

A l’EPFL, le béton flotte! La preuve dans la halle de la section Génie civil de l’école, où huit étudiants de quatrième année se sont lancés un pari un peu fou: construire un canoë en béton.

Si l’idée peut paraître loufoque, elle est portée par un projet on ne peut plus sérieux: concourir à une régate internationale. «Le concept vient du Canada, où les régates en canoë en béton sont une véritable institution au sein des universités de génie civil. Il a traversé l’Atlantique et l’Allemagne en organise depuis plus de trente ans», explique Adrien Jeckelmann, l’un des huit étudiants embarqués dans l’aventure, accessoirement leur projet de semestre.

L’idée de participer à l’édition 2017 de la Deutsche Betonkanu-Regatta, qui se déroulera sur un lac artificiel de Cologne (All) les 9 et 10 juin prochain, a été insufflée aux étudiants lausannois par leurs homologues de l’EPFZ, qui y ont déjà participé. Ce sera en revanche une grande première pour l’EPFL.

A voir la petite équipe sourire lorsqu’on lui pose la question qui brûle les lèvres, «mais comment faire flotter un canoë en béton?» on sent qu’elle y a déjà souvent répondu.

«De la même façon que tous les corps immergés, d’un enfant dans une piscine à un cargo en acier en pleine mer, flottent: grâce à la poussée d’Archimède (Ndlr: du nom de la force verticale qui pousse un corps immergé vers le haut, lui permettant de flotter).

En trois parties

Implacable en théorie, le principe s’est toutefois heurté à quelques difficultés lorsqu’il a fallu le mettre en pratique. A fortiori lorsque le concours impose des règles: utilisation obligatoire de béton armé, interdiction d’embarquer plus de 2 kilos de matériel synthétique et longueur et largeur du canoë limitées. «Nous avons commencé par fabriquer une maquette testée dans une fontaine avant de lancer la construction du modèle à taille réelle», se souvient Damien Scantamburlo.

Après quelques revers, notamment dus au manque d’étanchéité, la petite équipe a fini par trouver la formule magique. «Notre canoë de 114 kilos et de 5 mètres de long, qui est en réalité en trois parties, tient grâce à des câbles en acier de précontrainte. La technique, que l’on retrouve dans la structure des ponts, vise à comprimer le béton. Des joints assurent l’étanchéité et de la fibre de carbone, plutôt que de l’acier, sert d’armature, rendant le tout bien plus léger», détaille Stephan Mühlberg. Combiné au carbone, le béton utilisé (dit textile), encore au stade de la recherche, est ultra performant.

A l’instar d’un meuble en kit Ikea qui est allé jusqu’à inspirer le nom du canoë, le Kånöepfl - qui se monte en une vingtaine de minutes - a lui aussi sa fiche de montage, en réalité son rapport technique. Réalisé par la seule femme du groupe, Hanne Cloesen, ce document pourrait permettre de décrocher un prix. Les autres devront être gagnés sur l’eau par les deux rameurs: Adrien Jeckelmann et Stephan Mühlberg. «Il y a des prix pour la compétition, l’innovation, le côté esthétique et il y en a même un de prévu pour les plus malchanceux qui verraient leur embarcation chavirer», concluent les étudiants, qui ont lancé une démarche de soutien participative sur la plate-forme wemakeit.com pour boucler le budget d’environ 15 000 francs.

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