Le Canton fait un pas vers les cellules pour dealers

Grand ConseilLe parlement vaudois valide une idée du Parti libéral-radical. Mais la décision est très peu contraignante.

Le député Marc-Olivier Buffat (PLR), auteur de la résolution sur les cellules pour dealer.

Le député Marc-Olivier Buffat (PLR), auteur de la résolution sur les cellules pour dealer. Image: JEAN-BERNARD SIEBER / ARC

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Béatrice Métraux va avoir du travail: échafauder un plan de bataille précis pour lutter contre le deal de rue. Trois partis (libéral-radical, socialiste et démocrate-chrétien) y vont de leurs idées plus ou moins nouvelles depuis trois semaines. Ce mardi, le Grand Conseil a d’ores et déjà validé l’une d’elles, même s’il s’agit encore d’un vœu très peu contraignant: des places de prison spéciale pour les dealers de rue. L’idée, apparemment, rappelle ce qui s’est fait à Neuchâtel.

Concrètement, le parlement a voté par 73 voix contre 56 (et un certain nombre d’abstentions) une résolution du député libéral-radical Marc-Olivier Buffat. Dès lors, le Grand Conseil veut que le Conseil d’État prenne «des mesures d’urgence en coordination avec les polices régionales, et lausannoises en particulier, pour assurer un dispositif de la chaîne pénale comprenant des places de détention en vue de renforcer la lutte contre le deal de rue».

«Mesdames et Messieurs de la gauche, c’est votre bilan et vous êtes dans le déni»

Pour Marc-Olivier Buffat, la prévention et la dissuasion ont assez duré. Si l’accentuation de la présence policière décidée par la Municipalité de Lausanne est positive, elle n’est pas suffisante. Il faut monter d’un cran supplémentaire dans la répression. «Il ne faut pas limiter cette problématique à Lausanne, car il est démontré que ce problème existe dans d’autres villes du canton, commente-t-il. Nous avons posé la question plusieurs fois depuis 2012, à Lausanne et au Grand Conseil. Et que nous a-t-on répondu? Qu’on y réfléchissait sérieusement. Finalement, rien n’a changé. Pis, il a fallu une manifestation populaire à Lausanne, il y a quelques semaines, pour que les autorités ouvrent les yeux. Mesdames et Messieurs de la gauche de la gauche, c’est votre bilan et vous êtes dans le déni.»

«Appel d’air en prison»
À gauche, on répond que le deal de rue est bel et bien un problème et que la répression peut être questionnée. «Pourquoi ne pas ajouter l’outil du bracelet électronique ou du travail d’intérêt général? questionne ainsi le socialiste Jean Tschopp. Le combat contre le trafic de drogue reste difficile et mérite une attention de tous les instants. Il faut aussi renforcer la prévention.»

En vain: sa proposition d’ajouter ces peines et de mentionner la prévention dans la résolution du Parti libéral-radical est balayée sèchement par la droite. «La décision du mode de peine applicable appartient à la justice, avertit la libérale-radicale Florence Gross. En plus, le deal ne fait pas partie des infractions pouvant être punies avec un bracelet ou un travail d’intérêt général.»

«54% des places de détention sont occupées en lien avec la loi sur les stupéfiants»

L’échec de la gauche mardi au Grand Conseil après un débat d’une heure et demie est imputable en partie à sa division. Ainsi la gauche de la gauche est même opposée à toute idée d’accentuer la répression. «Remplir les prisons de petits dealers est une fuite en avant et provoquera un appel d’air, car les chefs mafieux n’auront aucun mal à recruter de nouveaux dealers, estime Jean-Michel Dolivo (SolidaritéS). L’approche répressive en matière de drogue a montré son inefficacité.»

Béatrice Métraux appelle au calme, estimant que le modèle neuchâtelois de cellules pour dealers n’a pas fait ses preuves. «Si le manque de place de détention est montré du doigt, ajoute-t-elle, je précise que 54% des places dans nos prisons sont occupées par des personnes incarcérées pour des motifs en lien avec la loi sur les stupéfiants.» (24 heures)

Créé: 26.06.2018, 20h57

Sécurité

Pas convaincus sur les prisons

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