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Le Canton est invité à participer à l’expérience du «cannabis légal»

Les députés ont voté deux objets allant dans le sens d’un renforcement de la réduction des risques en matière de drogues. Un labo mobile de test de «drug checking» sera étudié.

La motion de Jessica Jaccoud a été approuvée.
La motion de Jessica Jaccoud a été approuvée.
Keystone

Un mois après avoir requis des peines planchers pour les dealers de rue, les députés ont montré un visage moins répressif sur la question des drogues. Cette fois-ci, l’UDC et le PLR n’ont pas parlé d’une seule voix et certains de leurs membres se sont dits ouverts à expérimenter des solutions pour renforcer la «réduction des risques». Ce pilier de la politique fédérale en matière de stupéfiants, dans lequel s’inscrit notamment l’ouverture de locaux d’injection. Cette division des voix à droite a suffi pour faire pencher les votes en faveur du camp rose-vert.

Le Grand Conseil a ainsi approuvé la motion de la socialiste Jessica Jaccoud. Elle demande que le Canton de Vaud soit associé au test de consommation légal de cannabis, envisagé par la Confédération et pour lequel la Ville de Lausanne a déjà fait part de son intérêt. Cette expérience consisterait à distribuer du cannabis de manière encadrée à un panel de consommateurs volontaires. Mais cela doit d’abord faire l’objet d’un vote au parlement fédéral.

Réglementer le marché

L’idée est d’étudier à petite échelle les effets d’une réglementation du marché. Cela contrecarrerait le deal de rue, diminuerait la clandestinité de ce marché prohibé tout «en augmentant les moyens pour les acteurs de la prévention d’offrir un meilleur suivi auprès des consommateurs». Sans oublier la perspective d’encaisser quelques taxes.

Évidemment, cette proposition, «porteuse d’un message lénifiant auprès de la population», dixit la Vert’libérale Graziella Schaller, a heurté les convictions de nombreux élus de droite. «On parle de faire une expérimentation à grande échelle, de distribuer à des êtres humains des substances toxiques. On ne peut pas tolérer ça!» s’est insurgé l’UDC Fabien Deillon. «On ne parle pas de légaliser toutes les drogues, mais de réfléchir à d’autres pistes, compte tenu de l’échec du système actuel, pour en trouver un meilleur en termes de santé publique», a insisté Jessica Jaccoud.

«On parle de faire une expérimentation à grande échelle, de distribuer à des êtres humains des substances toxiques. On ne peut pas tolérer ça!»

Ce débat avait déjà démarré quelques minutes plus tôt, avec un postulat de la socialiste Amélie Cherbuin. Son texte proposait d’étudier la mise en place d’un dispositif de contrôle des drogues, type laboratoire mobile, qui permettrait aux consommateurs festifs, en marge de manifestations, de tester la teneur en substances actives des drogues qu’ils ont achetées. Ceci pour limiter les risques d’overdose.

Là encore, imaginer l’État analyser une pilule thaïe sous l’œil de son propriétaire a fait frémir dans les rangs du camp bourgeois. «Un tel outil devra être manié avec précaution, pour s’assurer de tenir un discours cohérent au niveau de l’État», a commenté la ministre de la Santé, Rebecca Ruiz, qui imagine déléguer cette tâche à des experts actifs dans le domaine de la prévention. Le postulat a été accepté et le Conseil d’État devra plancher sur ce projet.

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