[VIDEO] Le Canton jure dans ses habits d’apparat

CérémonialLes conseillers d’Etat et les députés ont prêté serment mardi pour la prochaine législature. La nouvelle présidente Nuria Gorrite s’inscrit dans la continuité.

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Engoncée dans son costume protocolaire, l’élite vaudoise s’est retrouvée mardi dans la cathédrale de Lausanne pour l’assermentation des autorités cantonales. Les sept conseillers d’Etat et 138 des 150 députés ont levé la main droite et dit «je le promets» avant leur entrée en fonction officielle samedi matin 1er juillet, premier jour de la prochaine législature qui les amènera à 2022.

Un cérémonial réglé comme du papier à musique: 23 coups de canons tirés depuis Sauvabelin, Fanfare de la Police, cortège officiel de 250 mètres entre le Château et la cathédrale, huissiers en grande tenue vert et blanc, invocation divine, discours, chants, serments, prière.

On ne rigole pas avec le protocole. Les sept conseillers d’Etat étaient priés de se vêtir de couleurs foncées. Tous avaient choisi le noir (avec une chemise blanche pour ces Messieurs), à part la socialiste Cesla Amarelle qui s’est risquée au bleu. Son collègue de parti Pierre-Yves Maillard, lui, a osé la cravate rouge.

Le tout devant un public trié sur le volet, dans un ordre de préséance précis: représentants des autorités d’autres cantons (Berne, Jura, Fribourg, Valais, Genève), conseillers nationaux et conseillers aux Etats vaudois, un juge fédéral, le procureur général, des juges du Tribunal cantonal, la rectrice de l’Université, les préfets, des syndics et des municipaux, des hauts gradés de l’armée et de la police cantonale, etc. En fait de population vaudoise et de citoyens lambda, on trouvait surtout les invités personnels et les familles des élus.

Discours du trône

Le côté relativement fermé de cette journée, la nouvelle présidente du Conseil d’Etat, Nuria Gorrite, l’a d’ailleurs mentionné lors de son discours du trône dans le chœur de la cathédrale: «Si nous sommes entre nous aujourd’hui dans une célébration des autorités, il est sain de se rappeler aussi la défiance croissante envers les institutions et les pouvoirs. A ce titre, faisons preuve de probité dans l’exercice de nos responsabilités, sachons sortir de notre confortable quant à soi et ouvrons le dialogue plus largement.»

Dans une période de cohabitation commencée fin 2011, avec un gouvernement à majorité de gauche et un parlement de droite, le discours de Nuria Gorrite s’est voulu comme un gage de continuité après l’ère du président Pierre-Yves Maillard. «Le compromis dynamique à la vaudoise est à l’opposé du ventre mou politique, a-t-elle lancé. Les électeurs ont fait le choix de préserver cet équilibre.»

«Veiller à permettre le renouvellement de nos activités économiques et le positionnement du canton»

Elle prend deux engagements pour l’avenir: «Veiller à permettre le renouvellement de nos activités économiques et le positionnement du canton» et «œuvrer sans relâche à ce que chacun puisse espérer trouver une place pour lui, pour sa famille et ses proches, dans un cadre de vie décent».

Pour cela, Nuria Gorrite embrasse de manière très large les thématiques de chacun des départements: innovation, nouvelles technologies, aménagement, sécurité, école, finances, social, etc. Les cinq prochaines années doivent amener l’Etat de Vaud à consolider ses acquis, sans oublier les risques économiques et sécuritaires. A propos de ce côté très englobant, «c’est la patte qui est la mienne: ne mettre personne de côté», dira-t-elle après la cérémonie, au moment de l’apéritif à la buvette du Grand Conseil. «Je ne suis pas seule à relever les défis.»

Avec donc un fil rouge: l’unité et la cohésion. «Face aux difficultés, le canton de Vaud a toujours su créer des chemins et des ponts», explique-t-elle. Sans oublier l’ouverture, plusieurs fois répétée, vers l’étranger: «Vaud est un canton europhile, tourné vers le monde.»

Quatre ministres sans Dieu

Sous les vitraux de Notre-Dame, les nouveaux élus avaient le choix entre le serment intégral ou le serment sans référence religieuse. Pascal Broulis, Philippe Leuba et Béatrice Métraux ont choisi la première option. Nuria Gorrite, Pierre-Yves Maillard, Jacqueline de Quattro et Cesla Amarelle ont refusé toute intrusion divine dans leur prestation. Parmi les 150 députés, 87 ont souhaité une référence divine dans leur serment, 62 autres non. Parmi ces derniers, 11 ont refusé d’être intronisés dans un édifice religieux et ont été assermentés l’après-midi dans la salle du Parlement. Une députée, la socialiste Monique Ryf (Lavaux-Oron), était absente et excusée de longue date.

(24 heures)

Créé: 27.06.2017, 22h12

Deux Morgiennes de gauche à la tête de l’Exécutif et du Législatif

La seconde partie de cette journée protocolaire s’est jouée l’après-midi, dans les murs du Parlement cantonal. Une «séance constitutive» qui a permis au nouveau Grand Conseil d’élire à sa présidence Sylvie Podio pour une année. La Verte, déjà première vice-présidente, était la seule candidate. Elle a recueilli 120 voix.

Maître de cérémonie en tant que doyen des députés, le socialiste Claude Schwab a salué cette élection: «Signe des temps, le Législatif et l’Exécutif seront présidés par deux femmes, Sylvie Podio et Nuria Gorrite. Deux dames de Morges. En attendant des parlementaires de couleur, voire d’autres nationalités en nombre, si un jour le peuple électeur le décidait.» Dans cette optique, le doyen aurait alors pu saluer l’entrée au Grand Conseil de l’ex-judoka Sergei Aschwanden sous la bannière PLR.

Un autre PLR, l’ancien syndic d’Yverdon Rémy Jaquier, a lui été élu premier vice-président par 141 voix. A noter que l’ancienne présidente de la Commission de gestion, la socialiste lausannoise Valérie Schwaar, fait son arrivée au bureau du Grand Conseil. Tout comme la PLR Laurence Cretegny. Encore une élue issue du district de Morges.

A écouter le premier discours de Sylvie Podio, sa présidence ne devrait pas s’inscrire dans la rupture: «J’espère que la collaboration avec le Conseil d’Etat se poursuivra sur ce que certains appellent ici une tension constructive. Parce que nous ne sommes pas la même autorité, il est donc normal et sain que nous ayons ensemble quelques tensions pour arriver à ce que d’autres appellent le compromis dynamique.»

Enfin, le plénum a élu en bloc, sur proposition des groupes politiques,
la composition des différentes commissions parlementaires. Une distribution qui, là encore, semble s’inscrire sous le signe de la continuité. A signaler, tout de même, l’arrivée d’un député de La Gauche – Hadrien Buclin – à la Commission de Finances. Ce qui promet le retour des rapports de minorité, absents de la dernière législature.

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