Le canton de Vaud emballe les Américains

TourismeEn 2017, le nombre d’hôtes des États-Unis a pris l'ascenseur dans la région. Et la tendance perdure. Elle est due à la reprise, mais aussi à une stratégie ciblée sur les médias.

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Les palaces vaudois vont devoir acheter quelques exemplaires de plus du New York Times. Par reconnaissance peut-être, mais surtout par obligation. Car les touristes des États-Unis amorcent leur grand retour en Suisse, et particulièrement dans le canton de Vaud, après une décennie de baisse et de stagnation du nombre de leurs nuitées. Un article publié en 2016 par le célèbre quotidien d’outre-Atlantique a sans doute contribué à ce succès, dans un contexte de reprise économique aux États-Unis. Le journal à grand tirage plaçait alors le beau Pays de Vaud parmi les 25 destinations mondiales à ne pas manquer. Et les offices du tourisme vaudois se sont engouffrés dans la brèche.

Les statistiques des nuitées de janvier à novembre 2017 sont implacables: durant cette période, les Américains ont généré 125 000 nuitées vaudoises au total. Ils se placent désormais juste derrière les touristes suisses (1,1 million), français (236 000) et allemands (133 000) – issus de deux pays voisins. Mais devant les Anglais, les Italiens, les Indiens et les Chinois. Les visiteurs états-uniens ont engendré une hausse de 15 943 nuitées (+14,7%) en 2017 dans les hôtels vaudois, soit la plus importante augmentation absolue de tous les pays étrangers (voir infographie). Une hausse plus forte que la moyenne suisse (+12,7%).

Des actions percutantes

«Nous avons profité de notre distinction dans le New York Times pour être plus actifs auprès des médias américains, explique Andreas Banholzer, directeur de l’Office du tourisme du canton de Vaud (OTV). Ce qui a renforcé le rayonnement du canton aux États-Unis, un immense marché pour nous que ce soit pour le tourisme d’affaires ou de loisirs.» L’an dernier, l’OTV a notamment organisé des voyages de presse pour des médias de New York afin de promouvoir l’aspect art de vivre de la région. Au printemps 2017, des journalistes de San Diego ont également été invités dans le cadre d’une collaboration avec la compagnie aérienne Edelweiss, qui vient d’ouvrir une liaison directe vers cette destination. Et l’OTV s’est en outre rendu plusieurs fois aux États-Unis, parfois avec des personnalités vaudoises, dont l’abbé-président de la Confrérie des Vignerons de Vevey, pour vanter les atouts du canton auprès des journalistes. Le Valais, dont l’Office du tourisme s’est associé à ces actions médiatiques, tire aussi son épingle du jeu.

«Mieux vaut un article de presse qu’une campagne de promotion, relève Grégoire Chappuis, directeur adjoint de Montreux-Vevey Tourisme. Car non seulement il nous fait bénéficier d’un effet multiplicateur, mais il a aussi beaucoup plus d’impact auprès des intéressés.» Pour ce dernier, comme pour Andreas Banholzer, la reprise économique aux États-Unis et le renforcement du dollar par rapport au franc suisse constituent néanmoins les principales raisons du retour des touristes américains dans la région. «Mais, dans ce contexte, il fallait encore rappeler notre région au bon souvenir des Américains, une clientèle historique pour nous», note Grégoire Chappuis. En effet, le canton répond de longue date aux motivations de voyage des États-Uniens: «Ils sont très intéressés par la beauté des paysages, le patrimoine, notre art de vivre et notre offre culturelle.»

«Outre le chocolat, les montres et les couteaux suisses, nous voulions voir les montagnes, leurs célèbres trains vertigineux et goûter aux fameux vins vaudois»

D’ailleurs, lors de leur périple vaudois, les Américains se ruent surtout sur les incontournables, de Chillon à la cathédrale de Lausanne en passant par Lavaux. «Nous avons particulièrement apprécié la région de Montreux-Vevey avec ses villages viticoles», confient les Texans Mark et Lisa McCrimmon, d’Austin. En provenance de Philadelphie, Jill et Cindy McCoy ont trouvé leur bonheur aux Rochers-de-Naye: «Outre le chocolat, les montres et les couteaux suisses, nous voulions voir les montagnes, leurs célèbres trains vertigineux et goûter aux fameux vins vaudois. Nous avons été comblées.» Surprise en visite à Chillon en train de scruter chaque pierre du château, Lucy Rosenberger, venue récemment de Miami en stage professionnel dans la région, rapporte une autre motivation des touristes américains: «Le climat social s’est tendu aux États-Unis. C’est pourquoi, lorsqu’ils voyagent, ils choisissent des lieux sûrs et paisibles. Ce qui est le cas du canton de Vaud, où tout est de surcroît accessible en train ou à pied. Car, aux États-Unis, il n’y a guère d’autres choix que la voiture.»

La tendance à la hausse du nombre de touristes américains, qui s’est légèrement amorcée en 2016 (+7%), semble devoir se poursuivre, à entendre Gisèle Sommer, porte-parole du Fairmont Montreux Palace: «L’an passé, nous avons compté un tiers de clients de plus qu’en 2016. Et nos réservations nous indiquent que nous en aurons plus cette année et encore davantage en 2019.» Un constat confirmé par le Beau-Rivage Palace, à Lausanne, et d’autres acteurs touristiques, le château de Chillon, Chaplin’s World, à Corsier, la Compagnie générale de navigation (CGN) ou encore le Musée olympique à Lausanne. La tendance est même perçue dans les Alpes vaudoises, région pourtant moins prisée par les touristes américains que la Riviera et Lausanne.

Une clientèle prisée

Cela réjouit Maurice Decoppet, président de CGN Belle Époque et de l’Association des amis des bateaux à vapeur du Léman. «Vive le retour des Américains! C’est une clientèle que je préfère aux Chinois traversant la région à toute vitesse, souvent sans même dormir ici.» Un avis que partage le Montreusien Lloyd Ivarsson, cofondateur de Swiss Riviera Wine, société qui organise des dégustations de vin, et capitaine d’un petit bateau touristique centenaire sur le Léman: «L’Américain apprécie plus nos valeurs et notre patrimoine.» Et il est dépensier – entre 100 et 149 francs quotidiennement, sans compter les pourboires qu’il laisse – lors de ses 2,7 jours passés en moyenne dans le canton de Vaud (contre 1,3 pour le touriste chinois). Last but not least, il préfère dormir dans un quatre- ou un cinq-étoiles. (24 heures)

Créé: 14.02.2018, 06h47

Témoignages



«Avec Cindy, nous voulions voir les montagnes, leurs célèbres trains vertigineux et goûter aux fameux vins vaudois. Nous avons été comblées»
Jill Lanman, touriste américaine de Philadelphie (à dr.)



«Avec mon mari, nous avons bien apprécié la région de Montreux et de Vevey avec ses villages viticoles et Chexbres avec ses caves et ses terrasses»
Lisa McCrimmon, touriste américaine d’Austin (Texas)

En chiffres

125 000
Le nombre de nuitées totales générées par les Américains dans le canton de Vaud de janvier à novembre 2017. Contre 95 000 en 2009 et 99 000 en 2012.

14,7%
La hausse du nombre de nuitées engendrée par les Américains dans les hôtels vaudois (+12,7% en moyenne suisse). Seule la région bernoise fait mieux (+23,3%/55 300 nuitées totales).
Le Valais tire aussi son épingle du jeu.

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