Le Canton délie sa bourse contre les micropolluants

VaudL’Etat de Vaud lance un plan ambitieux à 200 millions qui doit inciter les communes à moderniser leurs stations d’épuration.

Ici,  la station d’épuration d'Yverdon.

Ici, la station d’épuration d'Yverdon. Image: OLIVIER ALLENSPACH -A

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Il faudrait plus de 1 milliard de francs pour que les stations d’épuration (steps) vaudoises entrent de plain-pied dans la lutte contre les micropolluants, soit des substances d’origine et de nature diverses, mais qui peuvent se révéler toxiques à faibles doses pour la santé et l’environnement. Autant dire que l’investissement serait conséquent pour les communes, propriétaires des installations. Pour les inciter à lancer le mouvement, le Conseil d’Etat vaudois a décidé de soumettre au parlement cantonal une modification de loi permettant de subventionner 35% du coût de ces travaux d’Hercule de l’épuration. La conseillère Jacqueline de Quattro, responsable du Territoire et de l’Environnement, l’a présenté lundi à la presse.

Au total, quelque 200 millions seraient versés ces vingt prochaines années par l’instance cantonale, dont 80 à court terme. Ils serviraient à mettre à niveau un nombre restreint de stations sur les 164 que compte le canton, un record national. En effet, avant de pouvoir se lancer dans la filtration des micropolluants et recevoir les subventions fédérales (environ 145 millions) idoines, les steps concernées doivent se moderniser. Une étape intermédiaire pour laquelle il n’y a plus de financement national, alors que de nombreuses installations en Suisse alémanique ont déjà pu faire ce pas, notamment grâce à un accord international dans le cadre du bassin versant du Rhin.

La modernisation envisagée par le Canton passe par une réduction drastique du nombre de stations, de 164 à une cinquantaine, et par la poursuite de leur régionalisation, en collaboration avec les communes (lire ci-contre). Au final, 14 d’entre elles seraient équipées pour traiter les micropolluants, avec dans certains cas des raccordements intercantonaux. Les autres devant être «branchées» sur les installations pôles. «Si nous y arrivons, à terme, nous aurons 90% de la population vaudoise qui bénéficieront d’une épuration remise à neuf et à la pointe de la technique», assure Jacqueline de Quattro.

Des stations datées

«Ce n’est pas que Vaud n’ait rien fait, analyse la magistrate. Mais la plupart des installations vaudoises ont été construites entre les années 1960 et 1990, et la situation a évolué, entre le développement économique, l’accroissement de la population et l’identification de nouveaux risques.» Nouveaux risques incarnés justement par les micropolluants.

«On trouve des dizaines de milliers de substances qui entrent dans cette catégorie, détaille Sylvain Rodriguez, directeur de l’environnement industriel, urbain et rural au Canton. On a déjà pu prouver des effets nocifs sur la faune et la flore aquatiques, mais nous n’avons encore que très peu de données en ce qui concerne notre santé. Là, nous appliquons le principe de précaution, en suivant d’ailleurs la législation fédérale.» Enfin, le plan cantonal de lutte contre les micropolluants consiste aussi en une augmentation de la capacité d’analyse des laboratoires cantonaux, déjà en cours.

Créé: 06.07.2015, 14h26

«Pour une fois, il y a le feu au lac»

Barbara Regamey, municipale chargée des Infrastructures
à Saint-Prex, explique que, dans sa région, les discussions vont bon train depuis trois ans pour la création d’une nouvelle station d’épuration plus grande qui dépasse le seuil critique (soit l’équivalent de 24?000 habitants desservis) défini au niveau fédéral pour recevoir les subventions servant à mettre à niveau les installations.
«La discussion regroupe au total 20 communes de la région, détaille-t-elle. Aujourd’hui, je dirais que deux tiers d’entre elles sont acquises au projet.
Les communes qui ont des réticences viennent souvent
de moderniser leur step, elles aimeraient donc logiquement d’abord amortir leur investissement. Mais nous pourrions trouver une solution en permettant des adhésions
au projet après son lancement. Quoi qu’il en soit, on peut dire que, pour une fois, il y a le feu au lac. Le fonds fédéral pour les micropolluants ne peut pas faire de déficit. Ce sera donc premier arrivé, premier servi.»

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