Carl Lutz devrait être connu de tous

LausanneUne conférence racontera l’histoire du Suisse qui sauva des milliers de juifs de Budapest durant la Seconde Guerre mondiale.

Carl Lutz dans les années 70, avec une photo de la foule se pressant devant la Maison de verre à Budapest, immeuble dont il fit une annexe de la légation de Suisse afin de lui faire bénéficier de son immunité diplomatique. Le bâtiment de trois étages et sa cour intérieure devinrent un abri pour les personnes chassées de chez elles et menacées par la déportation.

Carl Lutz dans les années 70, avec une photo de la foule se pressant devant la Maison de verre à Budapest, immeuble dont il fit une annexe de la légation de Suisse afin de lui faire bénéficier de son immunité diplomatique. Le bâtiment de trois étages et sa cour intérieure devinrent un abri pour les personnes chassées de chez elles et menacées par la déportation. Image: Alain Ogheri

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Soixante-deux mille. C’est le nombre de vies qu’a sauvées Carl Lutz (1895-1975) lorsqu’il était vice-consul de Suisse à Budapest, entre 1942 et 1945. «Il mérite de devenir une personnalité nationale», estime Xavier Cornut, président du comité du Cercle Carl Lutz, qui organise ce mercredi soir à Lausanne une conférence sur l’action humanitaire exceptionnelle de l’Appenzellois. «Il est nécessaire que la Suisse mette en avant des gens comme lui, qui mettent en relief les valeurs de la société, comme c’est le cas pour Raoul Wallenberg en Suède, par exemple», estime Xavier Cornut.

La vie de Carl Lutz a basculé en mars 1944, au moment de l’invasion de la Hongrie. Il gère alors, en tant que vice-consul, les intérêts d’une douzaine d’États en guerre, dont les États-Unis et la Grande-Bretagne. Pour cette dernière, à Budapest, il dirige notamment le départ vers la Palestine de milliers d’enfants et d’adolescents juifs, qui reçoivent des certificats d’émigration. Ils sont 7800 en attente au moment de l’occupation allemande. Mais les frontières se ferment et la «déjudification» de la Hongrie se met en place.

Envoyés vers les chambres à gaz

En parallèle, Lutz apprend la vérité sur la déportation: les juifs ne sont pas envoyés dans des «camps de travail», comme le prétendent les Allemands, mais vers Auschwitz et ses chambres à gaz, où ils sont tués au rythme de 12'000 par jour.

«Carl Lutz, relève Xavier Cornut, c’est alors Monsieur Personne, que rien n’oblige à réagir mais qui décide de s’investir en faveur des droits humains, et utilise son poste pour mettre sur pied la plus vaste opération de sauvetage des juifs de toute la Seconde Guerre mondiale. En ce sens, il fait appel à notre propre conception de la responsabilité. «Si vous le décidez, vous pouvez avoir un impact dont vous n’avez même pas idée», tel est son message.» Ainsi Lutz, qui sait bien qu’il ne sauvera pas tous les 850'000 juifs de Hongrie (125'000 seulement vont survivre), émet des dizaines de milliers de Schutzbriefe, des sauf-conduits tous numérotés de 1 à 7800! Il défie également le pouvoir allemand en mettant sous protection diplomatique 76 immeubles dans lesquels il loge 20'000 juifs chassés de chez eux.

À son retour, la Suisse le soupçonne d’irrégularités… mais finit par reconnaître son action. Pour celle-ci, Carl Lutz a été le premier Suisse reconnu «Juste parmi les nations» par Israël, en 1964. La Hongrie a attendu 1991 pour lui élever un mémorial.

Créé: 17.09.2019, 19h07

La conférence

Lausanne, Casino de Montbenon, salle des fêtes.
Mercredi 18 septembre (19h30), conférence par Frédéric Hayat, vice-président du Cercle Carl Lutz,
avec un discours d'introduction de Nuria Gorrite, présidente du Conseil d'état vaudois,
et une allocution vidéo de Serge et Beate Klarsfeld.

Entrée 10 fr. Inscription: info@carl-lutz.com
www.carl-lutz.com

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