Passer au contenu principal

«En cas de débordement, la police a les moyens de monter en puissance»

La marche contre Monsanto se veut pacifique, mais des débordements ne sont pas exclus. Organisateurs et forces de l’ordre y sont d’ailleurs préparés.

Keystone - A

Ils sont la bête noire de tous les organisateurs de manifestations. Communément appelés «Black Bloc», ils sont davantage dans les cortèges pour casser que pour manifester. Et, ce week-end, on redoutera leur présence aux quatre coins du monde. Car la révolte, planétaire, concerne une société particulièrement controversée: Monsanto. Samedi, de New York à Tokyo, en passant notamment par Buenos Aires, Londres, Paris, Moscou ou encore Sydney, ils seront des centaines de milliers à manifester contre la multinationale spécialisée dans les pesticides et les semences OGM. Avec des cortèges prévus à Bâle et à Morges – qui abrite le siège pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient du mastodonte racheté par Bayer l’an dernier –, la Suisse n’est pas en reste.

En terre vaudoise, la «Révolte des Mauvaises Herbes», du nom du slogan de l’événement, référence évidente à l’herbicide Roundup de Monsanto, est organisée par Greenpeace, avec le soutien de StopOGM Infos, Attac Suisse et ToxicFree Suisse. Autant d’entités où l’on se veut rassurant: «Les précédentes éditions se sont déroulées dans une très bonne ambiance et celle de samedi n’échappera pas à la règle, elle sera non violente», assure Sara Gnoni, présidente de ToxicFree Suisse. Sara Gnoni ne craint pas les débordements, mais elle ne les exclut pas totalement. «Des mouvements de foule ou des fauteurs de troubles sont envisageables, mais nous comptons sur les bénévoles de Greenpeace pour désamorcer de possibles tensions.»

Dispositif de police secret

Pourquoi compter sur l’ONG écologiste? «Parce que nous sommes formés au peace keeping (ndlr: maintien de la paix)», répond Sophie Desbiolles, bénévole chez Greenpeace Vaud, qui a déjà plusieurs marches contre Monsanto à son actif. La formation, basée sur la non-violence et la gestion des conflits, apprend à savoir réagir face à «un comportement inadéquat de la part d’un manifestant». En résumé: les peace keepers éloignent les indésirables du reste du cortège et les isolent en attendant l’intervention policière. «Nous insistons sur le côté pacifique de l’action, mais il y a toujours des gens qui viennent aux manifestations pour de mauvaises raisons.»

Côté police, sur qui tous comptent en dernier recours, on se prépare également à la manifestation. Il y a deux ans, un agent planqué dans un appartement était chargé de photographier les manifestants pour retrouver d’éventuels casseurs. L’opération appareil photo est-elle reconduite? «Nous ne donnons pas de détails sur le dispositif, mais nous serons là pour que tout se passe bien», indique Olivia Cutruzzolà, porte-parole de la police cantonale.

«Nous développons de nouveaux outils qui permettent aux fermiers de produire des récoltes en utilisant moins de ressources naturelles»

Laconique, la porte-parole confirme tout de même que les forces de l’ordre sont prêtes à affronter tous les cas de figure. Comme lors d’une rencontre sportive sensible, lorsqu’on ne sait pas trop à quoi s’attendre, on se prépare à tout. «En cas de débordement, la police a les moyens de monter en puissance. Nous avons, par exemple, un véhicule pour le maintien de l’ordre avec canon à eau anti-émeute. Il ne sera pas sur le site, mais en réserve.»

Enfin, chez Monsanto, où l’on cultive un certain secret, on joue l’apaisement. «Nous développons de nouveaux outils qui permettent aux fermiers de produire des récoltes en utilisant moins de ressources naturelles. Nous sommes très conscients du fait que différents points de vue existent sur ces sujets, il est important qu’ils soient exprimés et ouvertement partagés.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.