Pour la case postale, il faut passer à la caisse

PosteQuand elle est Extra, une case postale, gratuite en général, coûte 240 francs par an. Un client pique la mouche.

Les cases postales de Pompaples sont proposées au prix fort à certains clients.?

Les cases postales de Pompaples sont proposées au prix fort à certains clients.? Image: OLIVIER ALLENSPACH

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Pompaples, moins de 700 habitants au nord du district de Morges, n’a plus de bureau de poste. Une agence postale l’a remplacé en 2012, dans le magasin Denner, à l’extérieur duquel se trouvent les cases postales. Depuis peu à la retraite, un habitant du village, qui ne dispose donc plus d’une adresse professionnelle, a demandé de pouvoir en ouvrir une, sans se douter qu’il allait au-devant d’une mauvaise surprise.

Au départ, deux raisons distinctes ont dicté sa démarche: d’une part, il souhaite désormais consacrer son temps libre aux voyages et préfère que sa boîte aux lettres privée ne se remplisse pas en son absence; d’autre part, il a constaté que le facteur passe toujours plus tard. Une case postale lui aurait ainsi permis d’accéder à son courrier en début de matinée. Au bout du compte, il vient pourtant d’y renoncer: la case postale qu’il souhaitait et qu’il imaginait gratuite lui a été proposée pour la bagatelle de 240 francs par an, au motif qu’elle est Extra. Comment en est-on arrivé là?

«Vous pouvez demander à utiliser une case postale Basis gratuite si vous recevez 5 envois adressés par jour ou 25 envois adressés par semaine en moyenne. Les clients qui ne satisfont pas cette condition ont la possibilité de demander une case postale Extra, qui revient effectivement à 240 francs par an, explique Nathalie Dérobert Fellay, porte-parole de La Poste. Cette case postale sert au client de lieu de distribution supplémentaire, à l’endroit choisi en Suisse, et constitue un complément à la boîte aux lettres individuelle. Je ne connais pas la situation de votre interlocuteur, mais je suppose qu’il ne recevait pas suffisamment d’envois dans sa case pour pouvoir continuer à utiliser une case postale gratuite.»

«Conditions stupides»

Les explications du géant jaune ne convainquent pas le moins du monde l’habitant de Pompaples: «Les conditions imposées sont stupides. Nous habitons Pompaples et nous demandons d’avoir une case dans le village: il ne faudrait donc pas prétendre qu’elle est située en dehors de la zone de distribution régulière, tempête-t-il. Ce faisant, de surcroît, nous évitons au facteur d’apporter notre courrier à domicile, ce qui est un gain de temps et d’argent. Par ailleurs, en fixant un nombre minimum de courriers, La Poste oblige ses collaborateurs à les compter, et donc à réaliser un travail supplémentaire et inutile. Nous sommes finalement pénalisés deux fois: la première lors de la fermeture de l’office de poste, la seconde par le prix d’une case postale.»

Le cas de l’habitant de Pompaples n’est pas isolé. Un exemple: en 2012, un habitant de Granges (Veveyse), dont l’office postal venait de fermer, est parvenu à ce que La Poste fasse marche arrière. Estimant que la case postale gratuite dont il disposait depuis plusieurs années sur le chemin de son travail, à Palézieux-Gare, était désormais en dehors de la zone de distribution régulière, le géant jaune l’avait informé qu’elle lui serait désormais facturée, en tant que case Extra, 540 francs par an. Comme l’avait révélé Bon à savoir, le recours à PostReg avait permis à ce client particulièrement combatif de continuer à bénéficier d’une case gratuite.

Plaintes par dizaines

PostReg, autorité indépendante de régulation postale créée en 2004, traite chaque année plusieurs dizaines de requêtes de citoyens mécontents et la moitié des plaintes, en moyenne, concernent des problèmes de distribution.

Les cas en question devraient prendre l’ascenseur ces prochaines années: il y a quelques jours, en effet, lors de la présentation des résultats 2015, le président du conseil d’administration de La Poste, Peter Hasler, n’a pas caché que le volume des lettres et colis déposés, ainsi que les paiements au guichet, ne cessent de reculer et qu’il ferait appel, à l’avenir, à la «compréhension des clients» si des services postaux venaient encore à être supprimés.

Créé: 18.03.2016, 07h39

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