En cent ans, Pro Senectute Vaud a hérité d'un 4e âge

JubiléL’association vaudoise fête ses 100 ans en 2019. Elle crée un club pour coller davantage aux besoins des «nouveaux» aînés.

Dans le catalogue d’activités de Pro Senectute Vaud, le sport - ici du taï-chi - a largement détrôné les jeux de cartes.

Dans le catalogue d’activités de Pro Senectute Vaud, le sport - ici du taï-chi - a largement détrôné les jeux de cartes. Image: Odile Meylan - A

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Non, aucune plaquette rétrospective n’est prévue pour célébrer le centenaire de Pro Senectute Vaud. «Nous préférons mettre des moyens dans des activités utiles plutôt que dans un livre qui finira à la cave», justifie son directeur, Tristan Gratier. Le ton courtois mais définitif montre bien le cap que veut prendre l’association au service des retraités vaudois depuis 1919: des activités plus fun, capables d’intéresser les seniors dès 65 ans et de répondre aux défis d’une population de retraités qui aura augmenté de plus de 50% d’ici à trente ans, selon les projections de l’Office fédéral de la statistique.

Pour définir les besoins réels de ces «nouveaux vieux», Pro Senectute Vaud lance un Club. Ses membres (35 fr. par personne ou 40 fr. par couple) recevront un magazine, bénéficieront d’avantages chez certains fournisseurs, mais surtout constitueront une cohorte consultable à merci. «Cela nous aidera à affiner nos propositions», se réjouit Tristan Gratier. Le match aux cartes de grand-papa n’a plus la cote, quand les cours de taï-chi ou d’aquagym ne désemplissent pas (lire encadré).

Les préoccupations de cette cohorte permettront aussi de mieux défendre cette population. «Pro Senectute s’est beaucoup battue au début pour l’existence de l’AVS ou du 2e pilier. Aujourd’hui, on s’est un peu éloigné de ce côté «FRC» des seniors», illustre le directeur. Mieux informer et sensibiliser sur les nombreuses arnaques dont ils sont victimes par exemple, mais aussi donner de la voix sur certains sujets, sans pour autant tomber dans le discours corporatiste ou le lobby politique, à l’heure où les statistiques montrent que seniors et actifs vaudois ont le même niveau de vie médian.

Ce Club ne se veut pas non plus un Pro Senectute à deux vitesses, promet le président Jean-Robert Guignard. «Par ce biais, nous voulons surtout toucher les 90% des retraités qui ne sont pas dans notre giron.» En effet, seuls 15 000 des 150 000 retraités vaudois font appel à Pro Senectute, via une activité ou une aide. Pour atteindre ce but, un almanach du 100e sera aussi envoyé début décembre à tous les Vaudois de plus de 65 ans, soit 82 000 ménages. Des événements spéciaux répartis sur l’année y sont répertoriés.

Aussi, pour soutenir Pro Senectute Vaud (13 millions de budget), qui verra sa subvention fédérale (près de 40%) baisser de 20% d’ici à 2021, une «cuvée du 100e» (Potterat à Cully) est proposée à un prix de soutien (18 fr. au lieu de 14 fr. 50). Une incitation à consommer de l’alcool? «Certains ont voulu interdire la cigarette en EMS ou même la fondue. Nous pensons que l’hygiénisme à tous crins doit être banni au profit des plaisirs de la vie!» conclut Tristan Gratier.

Créé: 28.11.2018, 18h16

«À 65 ou à 80 ans, on se sent jeune dans sa tête»

À 81 ans, Irène Gardiol ne se passerait pas de son cours hebdomadaire de taï-chi, où une douzaine d’hommes et de femmes entre 70 et 90 ans apprennent «les qualités de la lenteur», dit-elle. À côté de cette parenthèse sportive, l’ancienne conseillère nationale et députée Verte s’active dans son «quartier solidaire» de Pully-Nord, mis en place en 2012 par la Commune et Pro Senectute.

«C’était un désert culturel, où personne ne connaissait ses voisins.» Aujourd’hui indépendant, le quartier a son journal bimestriel, organise des manifestations, des promenades et même un voyage de cinq jours à Lisbonne l’année passée. «Un gros succès! On était vingt petits vieux, on allait à notre rythme…»

Pour Irène Gardiol, le hic, c’est le gouffre entre «petits vieux», comme elle dit, et jeunes retraités.

«À 65 ans, j’étais en pleine activité, pas du tout en âge d’être à Pro Senectute, reconnaît-elle. Mais il ne faut pas attendre de ne plus pouvoir donner. On crée des barrières entre les âges, alors qu’en fait tout le monde se sent jeune dans sa tête.»

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