Cesla Amarelle lance la chasse à la malbouffe

EcoleLa ministre socialiste ne veut plus de distributeurs automatiques tant à l’école obligatoire qu’au postobligatoire.

Des jeunes du COFOP gère l’offre de restauration du Gymnase d’Yverdon.

Des jeunes du COFOP gère l’offre de restauration du Gymnase d’Yverdon. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Le gymnase d’Yverdon n’a plus de distributeur automatique de nourriture depuis des années. C’est toutefois une table de sa cafétéria que la conseillère d’État Cesla Amarelle a choisie pour annoncer les mesures antimalbouffe que son Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) va conduire. Un choix de lieu pas si innocent que ça, dans le sens où, depuis la rentrée d’août, l’ex-Cessnov a totalement revu son offre de restauration collective (lire encadré).

Au cœur de la cible visée par l’édile socialiste se trouvent donc bien ces distributeurs automatiques. Ou plus précisément les boissons et autres aliments qu’ils mettent en vitrine. Le programme «bien-bouffe» porté par le Conseil d’État se décline en trois temps. Immédiatement, à court et à moyen terme.

Distributeurs bannis

Le premier concerne l’école obligatoire et porte sur une décision prise au début des vacances d’été. Elle met un terme à la présence de ces machines à sucre dans le périmètre scolaire de tout le canton. Le deuxième prendra effet en janvier prochain et concerne la scolarité postobligatoire. Soit onze gymnases et treize centres de formation professionnelle. Il s’agit d’une mesure signée cette semaine, qui interdit la vente de boissons énergétiques – mais pas des sodas, barres chocolatées et autres sucreries – et instaure un moratoire sur l’installation de nouvelles machines. Enfin, la ministre programme tout bonnement leur disparition d’ici à 2025. Un délai imposé par les contrats qui lient les écoles et les sociétés propriétaires de ces automates.

À Yverdon, où les étudiants peuvent trouver certains des produits incriminés au snack de la cafétéria, on reste un brin dubitatif. Sans être opposés à la mesure, certains élèves estiment qu’on pourrait leur laisser le choix, même s’ils semblent au courant des effets négatifs qu’une trop grande consommation de boissons énergisantes et barres de chocolat peut avoir sur leur santé.

Responsable de la communication de Selecta, Patrizia von Gunten prend acte de la décision du DFJC, tout en précisant que sa société n’a des distributeurs «que dans quelques écoles primaires du canton de Vaud et en Suisse». Elle s’étonne toutefois de ce choix politique: «Nous avons lancé il y a dix ans un concept Fresh & Fit pour les écoles. Nous le remplaçons aujourd’hui par notre nouveau concept de micromarché Foodie’s qui offre une gamme de produits sains et locaux.»

Ultime option

Suffisant pour répondre aux valeurs souhaitées par la Formation vaudoise en matière de nutrition? À voir. Les restaurateurs en place disposent en effet d’une possibilité ultime de conserver ce moyen de vente automatique. «S’ils proposent des produits sains et locaux, ils ne seront pas supprimés», affirme Cesla Amarelle. «Mais nous savons qu’y disposer des produits qui ne s’abîment pas à la longue ni ne se gâtent en tombant dans le tiroir de réception, c’est compliqué», affirme Lionel Éperon, directeur général de l’enseignement postobligatoire.

Créé: 21.09.2019, 11h14

Des jeunes font à manger aux jeunes

Le Gymnase d’Yverdon innove. Depuis la rentrée, les cuisines de sa cafétéria sont tenues par une vingtaine de jeunes du Centre d’orientation et de formation professionnelle (COFOP). L’initiative de départ revient au directeur de l’école nord-vaudoise, Jean-François Gruet, qui a choisi de résilier le contrat qui liait l’école avec la société de restauration collective Eldora.

Constatant que le système mis en place depuis quelques années à l’École technique - École des métiers de Lausanne (ETML) fonctionnait bien, il a entrepris les démarches pour que le concept soit exporté.

De fait, le COFOP dispose désormais à Yverdon de 21 places de formations dans quatre métiers différents: cuisiniers, gestionnaire en intendance, employés en restauration et spécialistes en restauration de système. Encadrés par quatre maîtres d’enseignement professionnel, ces jeunes en difficulté assument de A à Z la tenue et la gestion de la cafétéria où sont servis quotidiennement 400 gymnasiens et enseignants. Soit de la cuisine au nettoyage, en passant par le linge, la caisse ou la gestion des stocks.

Jean-François Gruet l’assure: l’espace restauration de son gymnase a retrouvé des odeurs et des saveurs dont il n’avait plus l’habitude. Et cette collaboration avec le COFOP cadre pleinement avec l’objectif du Conseil d’État de valoriser la formation professionnelle tout en favorisant le contact entre pairs: des jeunes en formation cuisinent pour d’autres jeunes en formation, facilitant l’échange.

Ce modèle sera-t-il étendu à l’un ou l’autre des douze gymnases (y compris celui intercantonal de la Broye) et treize centres de formation professionnelle vaudois? «Nous réfléchissons à la possibilité de mettre en place une nouvelle stratégie de restauration collective», répond Cesla Amarelle.

À Yverdon, où le prix du menu est passé de 10 à 9 fr.,
une somme de 250 000 fr. a été investie pour réaménager la nouvelle cuisine pour qu’elle puisse répondre à ses nouveaux objectifs. Son budget d’exploitation annuel se monte à 500 000 fr., en principe couvert par 350 000 fr. de recettes. «Les 150 000 fr. restants sont pris en charge par l’État», note Lionel Éperon, directeur général de l’Enseignement postobligatoire.

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