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Cesla Amarelle et Jacques Nicolet visent l’école

Le dossier scolaire est-il une patate chaude? Non, disent les deux principaux candidats nouveaux au Conseil d’Etat qui se préparent ouvertement à ce domaine «passionnant».

Conseillers nationaux et candidats au Conseil d’Etat, Jacques Nicolet et Cesla Amarelle se disent prêts pour l’école.
Conseillers nationaux et candidats au Conseil d’Etat, Jacques Nicolet et Cesla Amarelle se disent prêts pour l’école.
JEAN-PAUL GUINNARD

Seul poste libre au Conseil d’Etat pour les élections cantonales de ce printemps, le Département de la formation suscite des vocations en ce début de campagne. Politiquement le plus exposé, il est devenu l’objet de tous les désirs. Que les conseillers d’Etat précédents s’y soient cassé les dents? La chose n’a plus d’importance. Car la course au septième siège autour de la table du gouvernement vaudois est désormais lancée.

Avec six conseillers d’Etat sortants qui ne font pas mine de vouloir changer de spécialité, le jeu n’est pas très ouvert. On ne peut pas en vouloir aux deux principaux papables, la socialiste Cesla Amarelle et l’UDC Jacques Nicolet, de viser directement le siège bientôt vacant d’Anne-Catherine Lyon alors que cela n’est pas d’usage. Les deux conseillers nationaux se sont mis à potasser les dossiers scolaires, dont l’incontournable loi sur l’enseignement obligatoire (LEO). Pour l’instant, la campagne n’a pas réellement démarré et les débats sur l’école ne demandent encore qu’à être organisés.

Les deux candidats se disent prêts à croiser le fer. Leurs approches respectives de l’école reflètent leur parcours de vie. L’agriculteur Jacques Nicolet, chef d’entreprise, se montre sensible à la formation professionnelle. Sa concurrente Cesla Amarelle, professeure de droit, est logiquement plus académique. Mais à ce stade, rien n’est encore véritablement dit. Tous deux appartiennent à deux partis aux idéologies totalement opposées sur l’éducation. Ces divergences fondamentales apparaîtront sans fard dans les semaines à venir.

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«Ce serait un honneur»

Cesla Amarelle ne cache pas qu’elle se sent d’attaque pour reprendre les rênes du DFJC (Département de la formation, de la jeunesse et de la culture). La socialiste potasse la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) et ses subtils méandres avec enthousiasme.

Prof d’Uni en droit public et des migrations, elle chérit l’idée de la transmission des savoirs: «L’appui de l’enseignant à l’élève et le regard qu’il porte sur lui vont l’influencer dans tout son parcours et lui permettre de gagner en autonomie face au travail et à la vie. J’ai la chance d’avoir pu former plusieurs centaines d’étudiants et des centaines de salariés. C’est toujours cette question d’autonomie qui se trouve au centre de ma préoccupation d’enseignante.» Originaire d’Uruguay, elle est arrivée à 5 ans à Yverdon: «C’est l’école qui m’a appris le français. Je l’ai toujours aimée et je garde un excellent souvenir de tous mes profs, mais je me souviens aussi que l’école peut freiner des trajectoires quand elle n’est pas soucieuse en permanence d’offrir les instruments adéquats à chacun. Ce qui me tient particulièrement à cœur aujourd’hui, c’est notamment le renforcement constant de la maîtrise de classe et des différentes voies de formation professionnelle.»

Reprendre le DFJC? «Ce serait un honneur et une très belle responsabilité.» Cesla Amarelle y voit un défi des plus intéressants à une époque où le rapport à l’enseignement est en train de changer à cause des nouvelles technologies et d’Internet. «Aujourd’hui, le maître ne peut plus se contenter de présenter des concepts et de les faire assimiler. Il doit partir de la réalité, des cas réels pour permettre aux élèves de comprendre ce qu’il veut leur enseigner et leur faire acquérir des connaissances et des outils utiles pour leur avenir.» Sans sous-estimer les problèmes que rencontre actuellement la LEO, la candidate se tient prête, le cas échéant, à aborder, «d’entente avec le Conseil d’Etat», les ajustements nécessaires pour lui donner encore davantage de «stabilité».

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«Je suis un homme de solutions»

Dans sa profession d’agriculteur, Jacques Nicolet a formé vingt apprentis. Lui non plus ne craint pas l’idée de gouverner un jour le département le plus régulièrement chahuté de l’Etat de Vaud: «J’ai une vision sereine de ce qu’il faut apporter à l’école.» Dans une posture que l’on pourrait qualifier de gouvernementale, voire de collégiale, le candidat UDC fait valoir qu’il n’est pas dans ses vues de réviser la LEO: «Chaque réforme est douloureuse, pour les profs, les élèves, les parents et même pour le Département. Il ne serait pas loyal de la part d’un nouvel arrivé de vouloir tout balancer.» Pourtant, son parti n’est pas tendre avec l’idéal intégratif de la réforme scolaire. Une motion de Fabienne Despot en vue de la recréation d’une troisième voie préprofessionnelle au secondaire figure dans le pipeline. «Nous avons soutenu l’initiative Ecole 2010 et nous avons perdu, constate cependant Jacques Nicolet. Aujourd’hui, il est trop tôt pour revenir sur cette loi. D’autant que son règlement, qui est de la compétence du Conseil d’Etat, fournit des outils pour permettre des aménagements urgents.» Le candidat a pris connaissance des ajustements de la LEO proposés aujourd’hui par le DFJC ( «24 heures» de mercredi). «Il faut que les gens se parlent, poursuit-il. Je suis un homme de solutions et il doit y avoir plus d’ouverture dans l’école, davantage d’écoute de ce qui se passe sur le terrain.»

Chef d’entreprise, père du premier de ses quatre enfants à l’âge de 18 ans, le conseiller national UDC est orienté «métier». «L’objectif de l’école est que le niveau des élèves soit le plus élevé possible avec des voies bien tracées. Lors de mon année de présidence du Grand Conseil, j’ai rencontré des apprentis, des jeunes dans les écoles de métiers qui s’engagent admirablement. Il faut revaloriser les professions manuelles, favoriser les rencontres avec les milieux économiques comme la Fédération vaudoise des entrepreneurs ou le Forum des métiers. On passe là à côté de quelque chose de formidable.»

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