La CGN pourrait prêter des capitaines à Neuchâtel

NavigationLa société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat, dans les chiffres rouges, a besoin de l’aide de sa grande sœur lémanique.

La remise en service du «Neuchâtel» a obligé la LNM à demander l’aide de la CGN pour son exploitation.

La remise en service du «Neuchâtel» a obligé la LNM à demander l’aide de la CGN pour son exploitation. Image: Odile Meylan

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Quand le Neuchâtel, vaillant centenaire, a fait son grand retour sur l’eau, au printemps 2014, la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat (LNM) s’est trouvée fort dépourvue. C’est beau, un vapeur, ça attire le chaland, mais son utilisation nécessite des compétences qui font défaut sur les rives des lacs jurassiens. La LNM n’a donc pas eu d’autre choix que demander un coup de main à la Compagnie générale de navigation sur le Léman – la CGN – qui en exploite cinq avec succès.

Depuis, deux mécaniciens vapeur de la CGN travaillent donc sur les rives du lac de Neuchâtel. Une synergie sans doute intéressante, tant sur le plan de la formation que financier (la journée est facturée 950 francs, selon nos informations), mais qui ne va pas sans faire de vagues. D’autant qu’après avoir «prêté» ses mécaniciens, la CGN pourrait en faire de même avec ses capitaines. «Je ne peux pas me prononcer sur les besoins spécifiques de la LNM, mais des discussions préliminaires ont bien eu lieu, confirme Luc-Antoine Baehni, directeur général de la CGN. Elles n’ont toutefois pas encore abouti et nous ne connaissons pas encore précisément leurs souhaits. De toute manière, cela ne pourra pas se faire du jour au lendemain. D’une part, en Suisse, avant de passer d’un lac à l’autre, les capitaines sont tenus de suivre une formation particulière. Et, d’autre part, il s’agit d’avancer avec prudence et doigté dans un dossier qui comporte également un volet politique.»

Inquiétude syndicale

Le directeur général de la CGN ne croit pas si bien dire. Début juillet, apprenant par les médias que les comptes 2015 de la LNM ont affiché un déficit de plus de 1 million de francs et que la société travaille à une nouvelle stratégie qui sera présentée aux actionnaires au début de l’année prochaine, le Syndicat du personnel des transports (SEV) s’est fendu d’un courrier au président du conseil d’administration, Olivier Arni, et au directeur général, Jean-Jacques Wenger. Inquiet, le SEV demande une rencontre avec la direction à la fin de saison de navigation, «exige» des garanties concernant l’avenir de l’entreprise et la pérennité des places de travail et assure que «le personnel n’acceptera pas une externalisation des prestations».

«Dans un article de L’Impartial/L’Express, nous pouvons lire que les frais liés à la formation font partie des éléments majeurs plombant les coûts de ces deux dernières années et qu’aujourd’hui les gens étant formés ces dépenses ne chargeront pas les comptes des années à venir. Le total consacré à la formation aurait, en 2014 et 2015, atteint un total de 370?000 francs. La LNM n’aurait donc plus besoin de former du monde ces prochaines années? s’interroge le syndicat. Pourtant, en raison de l’âge du personnel navigant, dans quatre à cinq ans, six employés auront l’âge de la retraite. Ces personnes devront être remplacées. N’est-il donc pas prévu de former du personnel pour leur succéder?»

Le conseil d’administration de la LNM discutera de la position du SEV le 26 septembre mais, dans l’intervalle, son directeur général, Jean-Jacques Wenger, s’emploie à calmer le jeu. «Le syndicat s’est alarmé trop vite. Pour l’heure, nous n’avons pas besoin de capitaines supplémentaires, mais l’on est toujours plus fort quand on est unis, explique-t-il. La remise en service du Neuchâtel a créé un besoin de synergies avec la CGN, compétente en matière de vapeur, et nous entendons dès lors poursuivre cette collaboration et ces échanges sur le long terme. Le but est bien de former des capitaines de la CGN sur les lacs de Neuchâtel et de Morat, et des capitaines de la LNM sur le Léman. Cela dit, la CGN dispose de 24 capitaines et nous de douze seulement: puisqu’elle est disposée à nous l’accorder, quoi de plus normal que de demander son aide en cas de coup dur?»

Courses spéciales

Par «coup dur», Jean-Jacques Wenger entend notamment les courses spéciales destinées aux entreprises, que le franc fort a pourtant plombées. «Elles sont toutefois reparties en 2016 et nous pourrions ainsi, à l’avenir, faire appel à des capitaines de la CGN en cas de besoin, sachant que la loi interdit les doubles journées et qu’il nous est totalement impossible d’envisager la formation de capitaines supplémentaires.»

Dans ces conditions, il y a fort à parier que la rencontre avec les représentants du Syndicat des transports risque d’être tendue.

Créé: 23.08.2016, 17h15

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