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Les Chaldéens font la messe dans la langue du Christ

Fondée en 2017, après que Naseem Asmaroo, Irakien d’origine établi à Yvonand, a été ordonné prêtre, la Mission chaldéenne catholique compte environ 250 familles.

Le prêtre Naseem Asmaroo réunit régulièrement la communauté chaldéenne de Suisse à l'Eglise du Sacré-Coeur à Montreux pour y donner la messe. Images: VANESSA CARDOSO
Le prêtre Naseem Asmaroo réunit régulièrement la communauté chaldéenne de Suisse à l'Eglise du Sacré-Coeur à Montreux pour y donner la messe. Images: VANESSA CARDOSO

Ce premier jour de l’Avent, les Chaldéens de Suisse sont invités à suivre la messe à l’église du Sacré-Cœur, située au centre-ville de Montreux. On raconte que ce bel édifice aurait été bâti en 1885 pour offrir un lieu de culte aux nombreux travailleurs italiens venus construire la cité hôtelière. Visiblement, il est resté ouvert aux communautés venues d’ailleurs.

Le prêtre Naseem Asmaroo termine sa mise en place pour la célébration programmée à 15 heures. La paroisse catholique lui a laissé une clé. Il peut disposer des lieux gratuitement. «Nous sommes très bien accueillis. Je me sens presque chez moi. Nous ne sommes pas là pour créer une Église dans une Église mais pour pratiquer notre foi dans le respect de nos rites.»

Six clés pour six lieux de culte

En tout, Naseem Asmaroo détient six clés. Chaque dimanche il alterne les célébrations entre Berne, Winterthour, Genève, Lucerne, Sion et Montreux. La communauté chaldéenne de Suisse, qui compte environ 250familles réparties sur plusieurs cantons, se déplace volontiers pour participer à ces moments de communion.

Ce 1er décembre, les fidèles sont peu nombreux. Il faut dire que le dimanche précédent, plus de 200 catholiques chaldéens s’étaient retrouvés à l’église Saint-Maurice à Berne-Bethléem pour la messe présidée par Mgr Saad Sirop Hanna. L’ancien évêque auxiliaire de Bagdad était venu spécialement de Stockholm, où il réside en tant que visiteur apostolique (représentant du patriarche Louis Sako) pour les fidèles chaldéens en Europe.

Pas de cloches pour annoncer la messe, des chants introduisent la célébration. Le prêtre est accompagné des deux enfants de chœur et d’une assistante. La liturgie chaldéenne comprend tous les éléments du rite latin, mais pas dans le même ordre. Mais la langue privilégiée pour les prières et la lecture des textes sacrés est l’araméen, la langue que parlait Jésus dans la vie de tous les jours. Pour son sermon, le prêtre alterne l’arabe et le français, afin que toutes les générations présentes comprennent ses paroles.

Le rite a d’autres spécificités. Par exemple, le geste de paix dans le monde est donné avant la consécration du pain et du vin.«Nous nous sommes basés sur la parole du Christ, qui a dit, «laisse ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande (Matthieu 5/24)», explique Naseem Asmaroo.

«Nous ne sommes pas là pour créer une Église dans une Église mais pour pratiquer notre foi dans le respect de nos rites»Naseem Asmaroo, prêtre de l’Église chaldéenne

Le Père Naseem, comme ses fidèles ont l’habitude de l’appeler, n’est pourtant pas un partisan des interprétations littérales des textes. Il a d’ailleurs signé un courrier des lecteurs dans «24 heures», intitulé «La lettre tue, l’Esprit vivifie», dans lequel il invite à ne pas tout prendre à la lettre, mais à dévoiler le sens spirituel de l’écriture.

«C’est toute ma ligne, s’exclame-t-il. Il faut notamment tenir compte des sciences humaines pour actualiser la parole de Dieu. On ne peut pas considérer la Bible comme un livre scientifique, puisque la parole de Dieu est une parole vivante incarnée dans nos cœurs, qui est sans cesse mise à jour.»

Ce théologien de formation, originaire du nord de l’Irak, est arrivé en Europe en 2007 par la Belgique, où il a terminé ses études avant de rejoindre la Suisse où vivait sa compagne Lusia, qu’il a épousée en 2010. C’est donc un homme marié (tradition de la pratique du choix remontant aux origines dans les Églises orientales) qui a été ordonné prêtre en 2017, à la demande de la communauté chaldéenne de Suisse, et bien sûr, avec l’accord du patriarche de l’Église chaldéenne, Mgr Louis Sako.

Un prêtre bi-rituel

La Suisse lui a ouvert d’autres opportunités. Depuis 2010, Naseem Asmaroo a pu travailler comme agent pastoral laïc pour l’Église catholique dans le canton de Vaud (ECVD). Et c’est Mgr Charles Morerod en personne, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, qui lui a proposé de faire une demande à Rome pour qu’il puisse aussi célébrer le rite latin. Ainsi, Naseem Asmaroo est devenu un prêtre bi-rituel.

Comme à l’accoutumée, après la messe, dans la salle de paroisse, les femmes de la communauté ont préparé un apéritif réunissant de délicieuses spécialités culinaires du pays. Dolur Waddie Hanna, né en Irak, patron du restaurant La Grappe d’Or à Bex, fait partie des membres les plus assidus. Il apprécie ces moments d’échanges. «J’essaye d’être présent le plus souvent possible. Nous sommes très soudés», déclare-t-il avec une certaine fierté.

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