«Champions» du son et de la glace pour enflammer Lausanne

EvénementLes 20 et 21 novembre, Lausanne vivra un moment d’exception, avec notamment Bastian Baker et Stéphane Lambiel, pour fêter un siècle de lien avec le CIO.

Ce n’est pas seulement avec sa guitare, mais avec tout son groupe que le chanteur vaudois Bastian Baker se produira dans sa ville de naissance.

Ce n’est pas seulement avec sa guitare, mais avec tout son groupe que le chanteur vaudois Bastian Baker se produira dans sa ville de naissance. Image: VANESSA CARDOSO

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Bastian Baker fera-t-il fondre la glace?

Dans un duo inédit, le chanteur vaudois mêle la chaleur de sa voix au son grave du violoncelle

L’année 2015 était censée être une année de transition, une année où Bastian Baker était un peu moins présent sur le devant de la scène. Mais il n’en est finalement rien, car l’automne du Lausannois est aussi chargé que l’ont été son printemps et son été, voire plus. «J’ai accepté de participer à «Champions!» uniquement pour pouvoir bloquer ces deux dates dans mon agenda et ne pas rater le spectacle», plaisante ce fan inconditionnel de sport qui avoue que les rétrospectives d’images sportives en musique qui reviennent à la télévision chaque fin d’année lui arrachent parfois des larmes.

Plus sérieusement, il a suffi au chanteur d’entendre les mots «musique et pyrotechnie» dans la bouche d’Olivier Dufour pour qu’il accepte de faire partie de l’aventure. «Le «Mur du Son» était absolument exceptionnel. Un moment rare dont je suis fier d’avoir fait partie. Olivier Dufour est quelqu’un de tellement créatif, c’est un bonheur de retravailler avec lui. Ils ont vraiment un truc, ces Québécois, ils savent nous pousser un peu plus loin que notre zone de confort. Je suis ouvert quand les projets sont sympas, je réponds facilement oui, ce qui fait que mon emploi du temps est parfois difficilement gérable.»

Même si le travail s’est parfois fait à distance, grâce à la technologie moderne. Les deux groupes ont donc passé la journée ensemble grâce à la magie de Skype. Le hasard a voulu qu’aux mêmes dates les Québécois soient à Lausanne et Bastian Baker en studio à… Montréal. «C’est la seule solution que nous ayons trouvée, rigole ce dernier. J’étais à New York pour mixer mon prochain album et j’avais ensuite trois jours de libre. J’ai donc sauté dans un avion pour le Québec et nous avons bossé ensemble sur deux continents différents.»

Bastien Baker ne sera pas présent tout au long du spectacle. «J’interviens dans deux pièces principales, des morceaux auxquels j’ai collaboré. Et puis peut-être d’autres petites choses, tout n’est pas encore fixé.» Evidemment qu’il aura sa guitare et certainement son groupe pour l’accompagner, mais à certains moments, la voix du Vaudois n’est accompagnée que du son grave d’un violoncelle. De quoi faire fondre la glace…

«Je me souviens qu’un des premiers spectacles auxquels j’ai assisté était «Aqua» à la carrière de Saint-Triphon. J’avais été super-impressionné. J’étais heureux d’y avoir été, car ce genre de représentation est rare. J’ai la même sensation avec «Champions!»: deux soirs au cœur de ma ville avec le sport au centre de l’histoire. Je suis aussi impatient que le public de voir ces images inédites des archives du CIO!»

Stéphane Lambiel, expert en émotions

Le patineur adore les costumes. Il porte ceux d’artiste, de chorégraphe et de mentor

Esthète perfectionniste, Stéphane Lambiel est aussi quelqu’un qui, même hors de la glace, dégage un charisme évident. Que ses costumes soient ceux de scène ou ceux de professeur dans son école de patinage à Champéry, il les choisit avec une obsession du détail. A 30 ans, le double champion du monde est toujours une star mondiale, mais également un jeune homme facile d’approche à l’enthousiasme à fleur de peau. Quand il parle de «Champions!» il fait des arabesques avec les bras et des pirouettes avec les mots. «Faire partie de cette aventure est un bonheur et un honneur. Olivier Dufour (ndlr: le concepteur) et moi partageons exactement la même sensibilité, c’est assez fou. Je n’ai aucun mal à lui faire comprendre ce qui se passe dans ma tête.

Ce n’est évidemment pas la première fois que je m’occupe de la chorégraphie d’un spectacle, mais cette fois, surtout pour les parties filmées, je ne suis qu’un pion. Je dois apprendre à me laisser faire, à être flexible et confiant.»

Mais comment naît une chorégraphie? Sur un petit cahier lors des nombreux voyages que le Valaisan effectue entre son domicile lausannois et Champéry mais aussi souvent en direction du Japon? «Je fais bien plus que prendre des notes à droite et à gauche, puisqu’une chorégraphie, ça s’écrit. Pour moi, un spectacle réussi, c’est l’harmonie parfaite entre la musique et le mouvement sur une scène. Je me souviens qu’enfant j’avais vu une compagnie russe qui patinait Le fantôme de l’opéra à Sierre. J’étais totalement émerveillé. A 6 ou 7 ans, j’étais conforté dans le fait que le patinage, c’est bien plus que des juges et des notes.»

Les émotions, nous y sommes. «Il y a quelque chose qui reste totalement inexplicable: sur un groupe d’une vingtaine de personnes, une seule te touche, dégage quelque chose d’extraordinaire. L’émotion, cela ne s’enseigne pas. Je peux pousser mes élèves à s’améliorer techniquement et esthétiquement, mais ce charisme, on l’a ou on ne l’a pas. Et c’est absolument génial de le découvrir chez un enfant qui n’en est absolument pas conscient. Ce sont souvent des personnes très sensibles donc plus compliquées à gérer, mais j’adore travailler cette dimension-là avec eux.»

Stéphane Lambiel le professeur et le mentor, un rôle épanouissant mais également exigeant. «C’est comme pour le patinage, il faut savoir rester subtil. Certains élèves ont besoin d’être poussés pour progresser alors que d’autres se bloquent. En tout cas, ce spectacle, c’est un rêve éveillé pour eux. Ils adorent se produire en public, même devant 100 personnes, alors sur la Riponne devant 8000 spectateurs, c’est incroyable!» (24 heures)

Créé: 02.10.2015, 10h29

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«Ce bâtiment m’inspire»

Le Québécois Olivier Dufour est surpris de la mauvaise réputation de la Riponne



Le génial créateur de spectacles le répète volontiers: Lausanne est devenue sa maison européenne. Plus par affinité qu’à cause du temps qu’il y passe. Après avoir créé le «Mur du Son» au Comptoir en 2012 pour les 250?ans de 24?heures, il retrouve ces Vaudois qu’il affectionne tant pour l’aventure «Champions!»

«Je ne m’attendais pas à cette fusion quasi magique avec la région. J’entends souvent que les Suisses romands sont de nature méfiante, qu’ils sont assez renfermés, mais moi j’apprécie d’autant plus quand ils acceptent de s’ouvrir à moi, explique le bondissant Québécois. Je prends cela comme un vrai cadeau. D’ailleurs, je peux faire un parallèle avec le palais de Rumine: d’apparence austère, il recèle des détails intéressants et à y regarder de plus près il est finalement assez exubérant. Ce bâtiment aux allures sévères m’inspire beaucoup. Comme les gens d’ici, il a un énorme potentiel! J’étais évidemment passé par la Riponne en 2012 un jour de marché et j’avais trouvé la place charmante. J’ai été assez surpris par sa mauvaise réputation…»

Il faut dire qu’Olivier Dufour ne doit pas voir le monde comme le commun des mortels. Quand son regard se pose quelque part, son cerveau ajoute automatiquement à l’image du son, du mouvement et même des feux d’artifice. Cela aurait été dommage que le bonhomme limite son génie créatif au seul piano qu’il pratiquait assidûment dans sa jeunesse.

En commençant à travailler sur le projet «Champions!» il s’est assez rapidement aperçu que le palais de Rumine, le casino de Montbenon et la gare de Lausanne avaient des dimensions communes. Ce qui l’a conduit à projeter les images de l’un sur l’autre. «En plus, ces trois édifices s’ancrent dans l’histoire de Pierre de Coubertin et donc dans l’histoire de «Champions!». Avec les projections vidéo, je peux inventer des mondes, comme cette ville imaginaire détruite par les combats de la Première Guerre mondiale, dont les décombres se transforment ensuite en Alpes… Nous avons conçu le spectacle en prenant quelques libertés avec l’histoire afin de faire fantasmer les gens. Au centre de ce premier tableau reste la volonté du baron de Coubertin de protéger le mouvement olympique en l’amenant à Lausanne.»

Alors que le spectacle n’est pas terminé et qu’il doit rester secret, l’enthousiasme de son chef d’orchestre lui joue des tours. Mais Olivier Dufour baigne-t-il dans le monde du sport? «Sportif? Moi? Alors pas du tout! Cela dit, j’ai une admiration énorme pour ces gens qui repoussent sans cesse leurs limites. La première fois que j’ai rencontré Stéphane (ndlr: Lambiel), je lui ai demandé comment il supportait la pression, comment il faisait pour se relever après une chute devant les juges, le public et les téléspectateurs. Aimer quelque chose autant, c’est tout simplement beau!»

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