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Loin des champs de coton, les cigar boxes envoûtent guitaristes et luthiers d’ici

L’instrument bricolé par les premiers bluesmen fait son retour sur le devant de la scène.

Mécanicien auto de métier, Adrien Wegmann s’est pris de passion pour la construction de cigar boxes, qu’il réalise sur son temps libre chez lui à Goumoëns.

«Une cigar box, c’est une boîte vide, un manche à balai et trois fils décrochés d’une moustiquaire. Mais il y a quelque chose de magique dans cet instrument.» Habitant de Goumoëns, Adrien Wegmann est mécanicien auto de métier. Mais depuis quelques mois, tout son temps libre passe dans la construction de ces drôles de guitares bricolées par les premiers bluesmen après une dure journée de labeur dans les champs de coton. «J’en suis à 22. Chacune est différente, et chaque fois, j’apprends quelque chose.» Et dire que tout cela est parti d’une représentation de Tonton Pierrick astique le rock.

«C’est l’instrument idéal pour se détendre en fin de journée sur son rocking-chair, constate le tonton en question, Pierrick Destraz de son vrai nom. Quand tu en joues, tu as l’impression de toucher un bout d’histoire.» Celui qui est aussi batteur du groupe de «punk musette» Explosion de caca a aussi eu un coup de cœur pour cet instrument simplissime. «Je l’ai découvert chez un ami alors que j’apprenais à jouer de la guitare pour mon one man show. Ça m’a donné envie de construire le mien.»

Une sorte de club

En cherchant comment s’y prendre, le musicien a été redirigé vers des connaisseurs, dont certains sont devenus des amis. «Ça correspond parfaitement à l’esprit du truc. Il existe une sorte de club de constructeurs et de joueurs.» Conscient que son spectacle a suscité des vocations, Pierrick Destraz compte bien intégrer une cigar box dans la suite en préparation: le passage en revue de l’histoire du rock, des années 1950 à aujourd’hui.

La venue du bluesman Seasick Steve il y a trois ans au Paléo Festival de Nyon et aux Docks de Lausanne en novembre dernier a aussi contribué à relancer l’intérêt pour la cigar box dans ce coin du monde. Mais cet intérêt ne touche pas que les néophytes: la magie opère aussi sur des professionnels comme les luthiers Piero Lo Piccolo ou Daniel Borel.

«J’ai découvert cet instrument il y a cinq ou six ans, lorsque des clients m’en ont amené à réparer, explique le premier nommé. Ça reste un truc d’initié, comme l’ukulélé, mais c’est très addictif.» Dans son atelier lausannois, une cigar box est justement en cours de construction, tandis que des piles de boîtes vides attendent de connaître un nouveau destin musical. «Contrairement aux guitares traditionnelles, tout est permis. C’est un instrument à s’amuser, autant pour le construire que pour en jouer.»

Plaisir assuré

A Avenches, Daniel Borel fait office d’expert, puisqu’il construit des cigar boxes depuis près de dix ans et en a une petite centaine à son actif. «Tout est parti d’une «youtuberie» où un black m’avait fichu des frissons alors qu’il jouait sur une cigar box à une seule corde», se souvient celui qui est aussi professeur de travaux manuels. «Contrairement à la guitare, qui décourage beaucoup de monde, la cigar box donne plein de plaisir, même en jouant avec un seul doigt.»

Si le grattage de cordes vous titille, sachez que les prix s’échelonnent de 240 à près de 2000 fr., en fonction de la complexité de l’instrument. Ou alors regardez dans votre cave s’il n’y a pas une vieille boîte qui traîne.

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