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Champs et cultures manquent déjà d’eau

Il n’a pas plu depuis un mois. Herbes et céréales souffrent, mais les cultures maraîchères prospèrent.

La poussière soulevée par ce tracteur travaillant le sol dans la région de Thierrens illustre bien la sécheresse actuelle des champs.
La poussière soulevée par ce tracteur travaillant le sol dans la région de Thierrens illustre bien la sécheresse actuelle des champs.
Jean-Paul Guinnard

Après avoir été abondamment arrosés au début de l’année, les champs sont désormais désespérément secs. Presque partout en Romandie, il n’est pas tombé un millimètre de pluie depuis le 13 mars dernier. Conséquence: même si la situation n’est pas (encore) dramatique, les jeunes plants de céréales souffrent déjà et l’herbe ne pousse que très lentement.

«On commence à voir des coins jaunes dans les prairies», constate Daniel Martin, le président de la Fédération vaudoise des syndicats d’élevage. «Il y a juste assez pour nourrir les bêtes, alors qu’à cette période, normalement, on fait des réserves de fourrage pour l’hiver suivant. Mais pour cela, il faut de l’eau à un rythme régulier.»

Floraison «explosive»

Comme toujours quand on parle de cultures, ce qui est défavorable à certaines est favorable à d’autres. Les patates ont ainsi pu être mises en terre dans des conditions parfaites, laissant derrière elles des champs tracés de sillons graphiques.

Président de l’Union fruitière lémanique, Christophe Borboën observe, lui, que les conditions de ces dernières semaines ont été idéales pour la floraison des fruitiers. «Elle a été explosive: les pommiers sont en pleine floraison, mais les cerisiers arrivent au bout et les pruniers ont déjà fini.» Une féerie de rose ou de blanc qui a été précoce. «Peut-être trois ou cinq jours plus tôt que ces dernières années, estime le spécialiste. Mais de toute manière, ça avance en permanence.» Par rapport aux années 90, les fruitiers fleurissent désormais entre deux et trois semaines plus vite.

L’ensoleillement maximal est aussi bénéfique pour les cultures maraîchères. En particulier celles se développant sous serres et donc protégées des nuits encore fraîches. «Le rythme de travail est soutenu en ce moment, confirme Gaëtan Jaccard, technicien serriste à l’Office technique maraîcher à Morges. C’est la course pour les producteurs entre les cultures sous abri qui se développent vite, l’arrosage de celles en pleins champs et les nouvelles plantations qui se profilent.»

Premières récoltes

Spécialiste des cultures en pleine terre, son collègue Max Baladou constate que l’arrosage est actuellement indispensable. «Les producteurs y recourent abondamment et de manière inhabituellement précoce. Mais cette sécheresse est aussi favorable à l’état sanitaire des plantes: nous ne subissons notamment aucune attaque fongique. Les premières récoltes de salades et d’oignons verts dans la plaine du Rhône sont très belles!»

Les choses se présentent donc bien pour les futures tomates, aubergines et autres concombres suisses, qui devraient arriver en avance sur les étals. Ce qui n’empêche pas le spécialiste de s’interroger sur l’avenir: «Cette sécheresse survient alors qu’on sortait d’une période très arrosée. Désormais les anomalies s’enchaînent: on passe en permanence d’un extrême à l’autre.»

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