Le chauffeur de taxi dormait au feu rouge

VaudAu volant de sa Porsche, l’homme contestait le mois de retrait de permis infligé par le Service des automobiles et de la navigation. La justice a rejeté son recours.

Le Tribunal cantonal a estimé que le conducteur s’était bien assoupi, perdant ainsi pendant un bref moment la maîtrise de son véhicule.

Le Tribunal cantonal a estimé que le conducteur s’était bien assoupi, perdant ainsi pendant un bref moment la maîtrise de son véhicule. Image: Philippe Maeder - a

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Les policiers n’en ont pas cru leurs yeux: alors qu’ils patrouillaient de nuit, ils ont aperçu un chauffeur de taxi indépendant qui dormait dans son taxi au milieu de la chaussée. C’était en février 2017. L’homme de 45 ans avait déclaré qu’il avait consommé des médicaments la veille, mais son explication n’avait pas convaincu le Service des automobiles et de la navigation (SAN), qui avait prononcé le retrait de son permis de conduire pour un mois. Le chauffeur avait alors recouru contre cette décision, mais la justice vient de le rejeter.

Les appels de phare des voitures qui attendaient au feu rouge derrière la Porsche du chauffeur de taxi n’y avaient rien fait: l’homme était tellement assoupi qu’il avait manqué deux phases lumineuses. Pour l’anecdote, il venait de prendre en charge un client qui dormait également à l’arrière du véhicule. Le chauffeur ne portait pas sa ceinture de sécurité.

Les disques tachygraphiques du taxi ont été saisis par la police, lors de l’interpellation du chauffeur. Leur analyse a permis d’établir, pour la période couvrant le mois écoulé, trois dépassements du temps de travail hebdomadaire, 18 réductions du temps de repos quotidien, 174 courses effectuées sans le tachygraphe ainsi que 1006 kilomètres parcourus sans disque. Le SAN a attendu que l’autorité pénale rende sa décision. Elle est tombée en août 2018: 1500 francs d’amende.

Le chauffeur, qui a toujours nié s’être endormi et qui s’est prévalu de son besoin professionnel de disposer du permis de conduire, a recouru contre la décision du SAN en janvier 2019. Il demandait un simple avertissement plutôt qu’un retrait de permis, évoquant que les médicaments qu’il prenait pour stabiliser sa tension artérielle et éviter les AVC provoquaient chez lui somnolences et troubles du sommeil. Il contestait avoir mis la vie d’autrui en danger et indiquait qu’après avoir fait immatriculer sa grosse berline allemande il avait subi plusieurs contrôles injustifiés de la police.

Dans ses considérants, la Cour de droit administratif et public a retenu que le recourant s’était bien assoupi, perdant ainsi pendant un bref moment la maîtrise de son véhicule. Peu importe la cause de cet assoupissement. Il ajoute que la mise en danger, «bien qu’elle soit abstraite», aurait dû être qualifiée de grave. En l’absence d’antécédents, le permis du recourant devait bien être retiré pour une durée d’un mois. Et les juges d’avertir le chauffeur: en cas de récidive, il ne devra pas s’attendre à une sanction aussi clémente.

Créé: 10.10.2019, 16h27

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