Les chenilles du chêne ont frappé ce printemps

Région lausannoiseMoins connue que la processionnaire du pin, celle du chêne est tout aussi urticante. Une place a été fermée préventivement.

Le Mont-sur-Lausanne a interdit l’accès à l’esplanade des Châtaigniers. Pour la Municipalité, l’alerte semble passée.

Le Mont-sur-Lausanne a interdit l’accès à l’esplanade des Châtaigniers. Pour la Municipalité, l’alerte semble passée. Image: Marius Affolter

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Dans le monde velu des chenilles processionnaires, on connaît bien le cas de celles qui s’attaquent aux pins. La législation impose d’ailleurs aux propriétaires d’arbres la destruction des nids. Or il existe une variété qui aime à s’installer sur le tronc des chênes. Et ses poils se révèlent tout aussi urticants que ceux de la première. Des enfants du Mont-sur-Lausanne semblent en avoir fait la pénible expérience. Si bien que la Commune a verrouillé une esplanade, le temps que l’alerte soit passée.

L’esplanade du Châtaignier, au Mont, est à nouveau fréquentable. À proximité de la place de jeux subsistent les panneaux informant de la présence potentielle de chenilles processionnaires du chêne. «On n’a pas pu observer de chenilles dans le voisinage, mais c’était une période de bise et des poils urticants ont vraisemblablement touché des enfants», raconte le municipal Michel Amaudruz. Faute de mieux, la décision de fermer préventivement l’esplanade a été prise afin d’éviter tout problème. Un épisode de pluie semble avoir réglé la question mais la Municipalité dit rester «vigilante».

Des pièges à Lausanne

C’est à Lausanne que des processionnaires du chêne ont été observées. «Nous avons constaté des foyers à la Bourdonnette, à Sauvabelin ou encore à Vernand», dévoile Étienne Balestra, chef du Service des parcs et domaines de la Ville. Des pièges ont été posés sur les arbres pour attraper les chenilles et des pièges aux phéromones ont été placés à l’attention des papillons adultes afin d’en limiter la reproduction. Mais aucune interdiction n’a été prononcée dans l’espace public. L’impact aurait été important dans ces lieux très fréquentés.

Les micropoils, que rejettent ces chenilles lorsqu’on les embête, voyagent facilement par voie aérienne. Le Service cantonal de la santé publique n’a toutefois pas constaté d’épidémie ces dernières semaines. Et le problème semble en voie de résolution puisque le mois de juillet correspond au moment où les chenilles se transforment en chrysalide, avant leur métamorphose en papillon.

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Reste que, tant à Lausanne qu’au Mont, le problème semble relativement méconnu. «Au Canton, on n’a pas su nous renseigner», ajoute Michel Amaudruz. Pourtant le canton de Vaud est le seul à s’être doté, en 1947, d’un arrêté sur la destruction des nids de chenilles processionnaires du pin. Mais rien pour les cousines, tout aussi poilues et toxiques, du chêne. Par-dessus le marché, c’est à l’Inspection cantonale des forêts qu’incombe la surveillance des indésirables bestioles, alors qu’elles causent des problèmes en zones urbanisées.

Spécificité vaudoise

La raison est historique, explique-t-on à la Direction générale de l’environnement (DGE). Car ces chenilles ne sont pas poursuivies pour leur impact sur les humains mais pour les dégâts provoqués en forêt. Les pins étaient plantés lors de repeuplements – davantage que des chênes – et les pressions sont venues des milieux forestiers afin que la lutte contre les nuisibles soit légalisée. «Par ailleurs, les processionnaires du chêne bloquent moins la croissance de ces arbres», poursuit le porte-parole, Denis Rychner. Ce dernier constate une «zone grise»: «Les communes n’ont pas d’obligation légale de traquer les processionnaires du chêne mais doivent quand même protéger leur population.» Libre à elles d’adopter les mesures qu’elles estiment justifiées.

En attendant, la Confédération recommande de ne pas s’approcher de ces chenilles, ni de s’attarder près d’un chêne contaminé. En cas de démangeaisons, une pommade calmante est préconisée, avant de consulter un médecin si les troubles persistent. (24 heures)

Créé: 11.07.2018, 06h43

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