L’euthanasie du chien «Chalom» révolte les amis des animaux

PolémiqueLe Canton a fait endormir l’animal mardi soir, juste après la décision du Grand Conseil. Ses défenseurs vont manifester.

Il a fallu que «Chalom» passe de vie à trépas pour qu’il compte soudain beaucoup d’amis.

Il a fallu que «Chalom» passe de vie à trépas pour qu’il compte soudain beaucoup d’amis. Image: DR

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L’Etat n’a pas perdu de temps. Juste après la décision du Grand Conseil de classer la pétition «Sauvez Chalom», mardi, Jacqueline de Quattro a donné l’ordre de faire endormir le chien sans délai. La décision d’euthanasie prise en 2012 et confirmée par le Tribunal fédéral (TF) l’an dernier était désormais «exécutoire», estimait la ministre à la sortie du Grand Conseil.

Le sort de l’animal était scellé. Chalom (8 ans), classé «dangereux» pour avoir mordu au moins trois fois, placé depuis plus de trois ans au refuge Sainte-Catherine, a été euthanasié en début de soirée. Le vétérinaire cantonal, Giovanni Peduto, indique que «le chien a été endormi par un praticien dans un cabinet de consultation, dans le respect de l’art vétérinaire». Et de préciser au passage que «cette décision n’a pas été facile à prendre» et qu’elle faisait suite à «une soigneuse pesée d’intérêts».

Coup de massue

Les défenseurs de Chalom ont reçu l’annonce de sa mort comme un coup de massue. «Je suis choqué, réagit le député Marc Oran (POP). Mme de Quattro semblait disposée à respecter la procédure. Et tout à coup elle exécute ce pauvre chien. Elle devra en répondre à tous les amis des animaux.» Une amie du propriétaire affirme que ce dernier est «dévasté, effondré de tristesse. On ne lui a rien dit avant, mais on l’a informé après coup qu’il peut disposer de la dépouille.»

Dans une prise de position, les avocates du propriétaire, Mes Alix de Courten et Julia Laurenczy, s’étonnent d’une décision «qui paraît contrevenir au principe de la bonne foi garanti dans la Constitution fédérale». Elles affirment que Jacqueline de Quattro «avait donné des garanties qu’il ne serait pas procédé à l’euthanasie de Chalom puisque deux procédures étaient en cours, soit celle de la demande de grâce et celle de la pétition déposée par l’Association pour l’égalité animale».

La mort de Chalom fait également bondir la juriste et politicienne (PLR) Suzette Sandoz: «Je tombe assise sachant que la demande de grâce est encore pendante devant la justice cantonale, dit-elle. Il y a quelque chose d’incompréhensible dans cette décision.» Elle s’opposait l’an dernier au principe d’accorder une grâce pour un animal, rejetant tout anthropomorphisme. «Mais là, c’est une question de procédure. J’observe aussi que le Grand Conseil a lui-même modifié la loi sur les chiens, en 2014, pour prévoir la possibilité d’un replacement en lieu et place d’une euthanasie.»

Une manifestation mardi

La décision fait bouillir de colère certains amis des animaux. Les critiques se sont multipliées hier sur les réseaux sociaux. L’association PEA (Pour l’égalité animale) condamne ce qu’elle appelle «la mise à mort» de Chalom, jugée «scandaleuse, comme toute mise à mort d’êtres sensibles». Elle réclame la démission de la ministre et convie toutes les personnes indignées par la mort du chien à un «rassemblement de protestation» mardi prochain, devant le Palais de Rumine, à l’occasion de la séance du Grand Conseil.

Jacqueline de Quattro assume sa décision. Elle juge qu’il «était de son devoir de mettre en œuvre la décision du TF». Un placement de Chalom auprès de tiers n’était pas «apte à sauvegarder la sécurité publique», considérait la Cour fédérale l’an dernier, alors qu’un enfermement définitif dans un chenil «ne serait pas compatible avec la dignité de l’animal». (24 heures)

Créé: 02.03.2016, 21h41

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