Chimiste star de l’EPFL primé pour une trouvaille prometteuse

DistinctionXile Hu remporte le prix doté de 100 000 francs pour ses travaux innovants sur une branche de la chimie, la catalyse

Xile Hu a fondé le laboratoire de synthèse et de catalyse inorganique de l’EPFL il y a dix ans

Xile Hu a fondé le laboratoire de synthèse et de catalyse inorganique de l’EPFL il y a dix ans Image: Vanessa Cardoso

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Pour évoquer le travail de Xile Hu, le Fonds national de la recherche scientifique (FNS) n’est pas avare en éloges. Évoquant son «impressionnante carrière et ses excellents travaux», la fondation vante encore «un nombre de publications scientifiques remarquables pour son âge». Il faut dire que le chercheur de 39 ans, dont les 117 articles publiés ont déjà été cités quelque 10 000 fois, est une sommité mondiale dans sa discipline: la chimie.

Il n’en fallait pas plus pour que le FNS désigne ce professeur à l’EPFL lauréat du Prix Latsis national 2017, décerné chaque année. La distinction, remise sur mandat de la Fondation Latsis Internationale à des chercheurs scientifiques âgés d’au plus 40 ans et dotée de 100 000 francs, lui sera remise, ce jeudi à Berne. «J’ai déjà reçu quelques prix, mais aucun de cette ampleur, qui dépasse de loin le petit cercle des scientifiques. C’est un très grand honneur», glisse le principal intéressé.

CV impressionnant

Avec ce prix, c’est également la catalyse qui est à l’honneur. La catalyse? «Il s’agit d’une branche de la chimie. Les catalyseurs sont des substances qui facilitent la transformation des molécules, les réactions chimiques, en moins d’étapes et en produisant moins de déchets», explique Xile Hu, qui a fondé le laboratoire de synthèse et de catalyse inorganique de l’EPFL lorsqu’il est arrivé en Suisse, il y a dix ans. Auparavant, ce scientifique au CV impressionnant est notamment passé par l’université californienne de San Diego ainsi que par le prestigieux California Institute of Technology, le fameux Caltech, véritable usine à Prix Nobel.

Si le terme de catalyseur, qui renvoie inévitablement au monde de l’automobile et à la baisse d’émanations toxiques des pots d’échappement, est bien connu, le processus de la catalyse l’est moins. Il est pourtant quasi omniprésent. Du chauffage à la fabrication de yogourt en passant par le processus de la reproduction, la catalyse est partout. «Les plantes y ont recours pour la photosynthèse, les humains pour métaboliser l’oxygène qu’ils respirent», ajoute le chercheur, dont le tour de force a été d’unifier l’analyse des trois types de catalyse existants (homogène, hétérogène et enzymatique). Le tout donnant lieu à des résultats innovants et à la découverte de nouveaux catalyseurs. «Nous avons développé des catalyseurs qui permettent de se servir de l’énergie solaire pour séparer l’eau en oxygène et hydrogène afin de stocker cette énergie», détaille Xile Hu. Selon lui, sa trouvaille, qui fait la part belle au développement durable et à l’efficience énergétique, pourrait se concrétiser d’ici à vingt ans. Médecine, pharma, agro-alimentaire ou encore cosmétique, de nombreux domaines pourraient bénéficier de ce travail.

Dans son laboratoire où travaillent une quinzaine de personnes, le professeur Hu s’attelle désormais à trouver des solutions économiques. «Nous développons des catalyseurs à base d’éléments présents sur terre en abondance tels que le cuivre, le fer ou le nickel, plutôt que le platine qui est d’ordinaire utilisé», explique encore Xile Hu. Loin du rat de laboratoire

Ouvert, modeste, coutumier d’éclats de rire francs et communicatifs, Xile Hu est loin du cliché du scientifique austère qu’on imagine enfermé dans son laboratoire et qui n’en sort que rarement. À l’inverse, le chimiste de 39 ans, amoureux de la nature, aime marcher en montagne, part skier dès qu’il en a l’occasion et a passé les Fêtes à pouponner sa fille, Allegra Lejia, âgée de 5 mois, qu’il a eue avec sa femme, une acupunctrice suisse. Bien intégré et maîtrisant parfaitement le français, le scientifique chinois n’a donc rien du rat de laboratoire. Ce qui ne l’empêche visiblement pas d’y briller. (24 heures)

Créé: 11.01.2018, 07h23

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