Le CHUV frappe fort contre le sexisme

HarcèlementPour éviter propos et actes déplacés envers les futurs médecins, l’hôpital lance une vaste campagne de sensibilisation.

Les affiches avec des propos sexistes sont placardées dans tout l’Hôpital cantonal afin de prévenir le sexisme et le harcèlement des étudiants en médecine.

Les affiches avec des propos sexistes sont placardées dans tout l’Hôpital cantonal afin de prévenir le sexisme et le harcèlement des étudiants en médecine. Image: DR

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«Il faut deux femmes pour le travail d’un homme», «Je t’accompagne au vestiaire?» «Si vous n’êtes pas déjà enceinte, je peux y remédier»: voici trois des slogans présents sur les affiches placardées un peu partout au CHUV pour lutter contre le sexisme et le harcèlement qui touche les étudiantes en médecine. Ces phrases ne sont pas issues d’une séance de réflexion d’une agence de communication cherchant à frapper les esprits. Non, elles ont été réellement prononcées dans l’enceinte de l’hôpital par de vrais médecins envers leurs stagiaires.

C’est ce qu’a révélé l’enquête en ligne envoyée cette année à 800 étudiants et étudiantes en médecine à Lausanne par l’Antenne Clash. Cette association composée d’étudiants répond aux préoccupations de celles et ceux qui se sentent victimes de harcèlement. L’enquête a permis de mettre au jour une soixantaine de témoignages dont certains particulièrement effarants. Pierre-François Leyvraz, directeur du CHUV, se dit stupéfait par ce que l’enquête a révélé: «Je ne soupçonnais absolument pas que de telles choses puissent se passer ici. D’autant plus qu’il y a une majorité de femmes dans les rangs de la Faculté de médecine. Je ne comprends pas qu’un médecin puisse ainsi manquer de respect envers ses futures collègues.»

Toutes les professions

La campagne actuelle vise spécifiquement les futurs médecins, mais le CHUV affirme ne pas fermer les yeux sur ce qui peut se passer au sein des autres professions. Manuel Pascual, vice-doyen de la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL, explique: «Les études en médecine doivent être une période d’épanouissement, pas de craintes. Il est inadmissible que des vocations soient reniées à cause de comportement de certains médecins formateurs.»

Sans pointer du doigt une spécialisation en particulier, on comprend toutefois que le monde de la chirurgie n’est pas particulièrement tendre envers les femmes. Mais les étudiantes de l’Antenne Clash insistent sur le fait que le sexisme est partout, pas toujours sous une forme crue mais souvent dans sa version banalisée. Selon les témoignages recueillis, certaines étudiantes se retrouvent à faire des cafés et de la paperasse, alors que leurs collègues masculins se voient confié des actes médicaux.

Tolérance zéro

«La campagne que nous lançons se veut une action forte au sein de toute l’institution pour dire que nous ne tolérons aucune forme de sexisme et de harcèlement et donc prévenir de tels comportements, explique Pierre-François Leyvraz. Nous avons envoyé un courriel en ce sens à tous les médecins.»

En cas de problème, les victimes peuvent se tourner vers les étudiants de Clash, afin de profiter du conseil et de l’écoute de leurs pairs. Elles ont aussi accès à l’Espace collaborateurs, où elles peuvent solliciter une médiation. «Souvent, la victime ne souhaite pas punir son bourreau. Elle aimerait surtout des excuses et qu’il change de comportement, explique Lauriane Bridel, responsable de l’Espace collaborateurs. Certains médecins n’ont même pas conscience d’outrepasser les limites.» Appeler «chouchou» une étudiante en médecine et par son nom un étudiant peut paraître anodin, mais cela ne l’est pas. (24 heures)

Créé: 26.11.2018, 17h00

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