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Le CHUV et les HUG unissent leur force en chirurgie pédiatrique

Les deux hôpitaux ont créé un centre commun. Explications avec Barbara Wildhaber, cheffe du Service de chirurgie pédiatrique du CHUV, et Pierre-François Leyvraz, directeur général de l'établissement vaudois.

Barbara Wildhaber, directrice depuis le 1er août du centre romand de chirurgie pédiatrique et Pierre-François Leyvraz, directeur général du CHUV.
Barbara Wildhaber, directrice depuis le 1er août du centre romand de chirurgie pédiatrique et Pierre-François Leyvraz, directeur général du CHUV.
Odile Meylan

La nomination de la professeure Barbara Wildhaber à la tête du Service de chirurgie pédiatrique du CHUV a entraîné une importante réorganisation. Celle qui a succédé à la professeure Judith Hohlfeld le 1er août dernier occupe le même poste aux HUG et dirige désormais les deux entités fusionnées dans un nouveau Centre universitaire romand de chirurgie pédiatrique (CURCP).

«Plutôt que de fusion, je préfère parler d’union», précise Barbara Wildhaber, dont l’arrivée, restée discrète cet été, n’a pas fait l’unanimité au sein du service. Près de quatre mois plus tard, «les choses se sont stabilisées», affirme le directeur général du CHUV, le professeur Pierre-François Leyvraz. Tous deux nous ont reçus pour expliquer leurs objectifs et les enjeux de l’ambition romande de la chirurgie pédiatrique.

- L’ambiance, tendue au moment de votre nomination et lors de votre arrivée, est-elle bonne aujourd’hui?

- Barbara Wildhaber: C’est vrai, je suis arrivée dans une ambiance tendue, avec une certaine inquiétude de part et d’autre, mais j’ai l’impression que c’est déjà du passé. J’ai commencé par prendre connaissance du service et à voir comment il fonctionne. Le changement fait toujours peur. Pour Genève aussi d’ailleurs, c’est un défi. Aujourd’hui, les gens ont vu qu’ils gardent leur place, leur domaine et que nous sommes réunis pour que cela roule dans le bon sens. Je suis quelqu’un de positif. Nous soignons ensemble des enfants, cela crée très vite des liens.

- La nomination de la professeure Wildhaber résulte-t-elle d’une décision politique destinée à compenser le choix probable du patron de la chirurgie cardiaque du CHUV, René Prêtre, pour le futur centre romand de cardiologie?

- Pierre-François Leyvraz: Les deux choses n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Au sein du comité de l’Association Vaud-Genève, mon collègue Bertrand Levrat (ndlr: directeur général des HUG) et moi nous entendons très bien. Nous ne gérons pas un souk! Nous avons le souci de ce qu’il est raisonnable de partager pour le bien de la santé publique romande et d’améliorer la pertinence de nos prestations. L’arc lémanique doit acquérir un peu de puissance et de poids vis-à-vis de la Suisse alémanique.

- Jusqu’ici, chaque service était dirigé par un chef de service à plein-temps. Désormais, ce sera à mi-temps. N’y aura-t-il pas une baisse de qualité?

- B.W. et P.-F. L.: Non au contraire. En réunissant les deux services, nous augmentons les compétences et, surtout, nous créons, avec un bassin de recrutement romand de près de deux millions de personnes, une masse critique suffisante.

- Chaque site développe ses compétences. Dès lors, pourquoi cette union, et quel rôle pour le centre romand?

- P.-F. L.:Cette masse critique est primordiale pour acquérir davantage d’expertise et être compétitif, avec Zurich par exemple, mais aussi au plan européen. C’est aussi la taille nécessaire pour qu’un service de chirurgie pédiatrique offre un lieu de formation avec une casuistique suffisante et une unité de doctrine. Ce point est central car nous manquons de chirurgiens pédiatres, nous devons en former pour alimenter les hôpitaux périphériques. B.W.: La création d’un réseau romand de chirurgie pédiatrique et d’une école de chirurgie pédiatrique romande basée sur l’expertise d’une équipe unie et homogène assure la relève de cette discipline et favorise la recherche clinique et fondamentale.

- Des enfants vaudois devront-ils se faire opérer à Genève, et vice versa?

- B.W.: Non. Nous ne voulons pas déplacer les enfants qui doivent être pris en charge dans leur proximité. Sauf pour la médecine hautement spécialisée. Ce sont donc les médecins qui bougent. Un exemple: nous avions une jeune patiente à Genève présentant une situation rare que nous n’avions jamais rencontrée. J’ai consulté un collègue de Lausanne plus expérimenté, il avait connu un tel cas. Il est venu opérer aux HUG et le cas a été résolu sans aucune difficulté organisationnelle.

- La collaboration entre Vaud et Genève connaît des réussites mais aussi des échecs. L’unification de la chirurgie pédiatrique sera-t-elle un succès?

- P.-F. L.: J’en suis convaincu. Dans nombre de domaines, et notamment la médecine personnalisée, les Genevois et les Vaudois savent qu’ils ne pourront pas réussir tout seul.

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