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Le CHUV sensibilise au sexisme

Les comportements sexistes et les propos déplacés envers les étudiant(e)s en médecine au CHUV, c'est terminé. Une campagne ciblée est lancée.

Le CHUV ne veut plus de comportements sexistes envers les étudiantes en médecine et les médecins en formation. Une antenne téléphonique est mise à disposition pour écouter les victimes de ces pratiques «intolérables».

«J'ai été absolument sidéré» en apprenant que de tels agissements se produisaient au Centre hospitalier universitaire vaudois, a déclaré lundi Pierre-François Leyvraz, patron du CHUV. Il présentait la campagne ciblée que lance l'institution à la suite de l'enquête menée par Clash.

Que ça change

Deux représentantes du collectif ont détaillé leur démarche. Clash a envoyé en avril un questionnaire en ligne à quelque 800 collègues étudiants en médecine. Sur les 185 réponses, 60 témoignages ont été recueillis faisant état de comportements sexistes et de harcèlements.

Propos blessants, attouchements, dénigrements, avances: il y a un climat général sexiste envers les étudiantes en médecine et les médecins stagiaires contre lequel il faut lutter, ont souligné les représentantes de Clash. «Notre but, ce n'est pas la vendetta ou de faire tomber des têtes», mais il faut que ça change.

Dès lundi, une antenne téléphonique est ouverte (au numéro 079 556 34 94). Elle permettra de dialoguer avec des étudiants spécialement formés sur ces enjeux. Des professionnels de l'Espace collaborateurs prendront ensuite le relais si nécessaire.

Sur le prospectus de la campagne de sensibilisation, Clash a donné un exemple de propos tenus à une stagiaire médecin: «Si vous n'êtes pas déjà enceinte, je peux y remédier». Un cas parmi trop d'autres, ont dénoncé les représentantes du collectif qui parlent de vocations gâchées à cause de ces comportements «maltraitants».

Inadmissible

Pour la campagne et les affiches qui seront placardées dans l'hôpital, le CHUV a dû sélectionner des exemples qui ne choqueraient pas les visiteurs ou les familles de passage. Il y a des propos «extrêmement crus et complètement inadmissibles», a relevé Pierre-François Leyvraz.

Il faut du «respect» envers ces futures collègues dont l'institution hospitalière a besoin. Le milieu et l'apprentissage peuvent être durs, a reconnu le directeur général. Il s'est rappelé s'être fait chasser d'un bloc opératoire lorsque, stagiaire, il portait des cheveux longs qui sortaient du bonnet de protection. «On ne veut pas de filles ici», lui avait lancé le responsable.

Prise de conscience

Vice-doyen de la Faculté de biologie et de médecine, Manuel Pascual a souligné qu'il fallait appliquer «une tolérance zéro» face à ces comportements sexistes. Surtout que cette période devrait être celle de l'épanouissement pour les stagiaires.

Il faut un changement de culture grâce à cette campagne de sensibilisation. Une prise de conscience et des excuses de la part de personnes qui ne se rendent peut-être pas compte de leur attitude, ont noté les différents intervenants.

Processus en place

Pour le reste, le CHUV reçoit environ une dizaine de dénonciations par année. Elles déclenchent un processus qui peut mener jusqu'au licenciement avec effet immédiat, a indiqué Antonio Racciatti, directeur de ressources humaines.

(ats)

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