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Le Conseil synodal a été désavoué

L’Église réformée peine à trouver une nouvelle répartition de ses ressources humaines alors que la subvention cantonale va baisser.

Xavier Paillard, président du Conseil synodal
Xavier Paillard, président du Conseil synodal
Odile Meylan

Une fois par législature, le Conseil synodal (exécutif) de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) doit soumettre au Synode (organe délibérant) un plan de dotation. C’est-à-dire la répartition des ressources humaines entre les différents types de ministère. C’est à cet exercice que le Synode, réuni à Prilly vendredi et samedi, s’est livré. Mais, après un débat d’entrée en matière de près de six heures, les délégués ont renvoyé, par 47 voix contre 27 et 2 abstentions, sa copie à l’exécutif.

Sur fond de diminution de la voilure d’environ 220 à 204 équivalents plein-temps, en raison de l’accord de rééquilibrage de la subvention cantonale au profit des catholiques romains, le Conseil synodal proposait aux régions et paroisses un effort supplémentaire pour cantonaliser certaines tâches.

Il s’agissait, d’une part, de centraliser les responsables régionaux des œuvres et de la communication et, d’autre part, de créer des postes permettant de favoriser l’émergence de nouvelles formes ecclésiales dans le but «d’augmenter la surface de contact de l’Église avec la société», selon la formule du Conseil synodal.

Renforcer les paroisses

Malgré les différentes variantes proposées par l’exécutif, la commission d’examen a regretté qu’aucune alternative à la centralisation ne soit proposée. Tous les scénarios partent du principe que «les pasteurs, absorbés par les affaires courantes incompressibles comme les cultes et les enterrements, n’ont plus la possibilité de chercher à renouveler l’Église», a résumé le rapporteur Boris Voirol. La commission a donc proposé sa variante, dans laquelle le siège de l’Église perdait des postes au profit des paroisses et des régions. «On présente comme une évidence que les paroisses périclitent, mais ce n’est pas vrai!» a renchéri le délégué laïque Olivier Delacrétaz.

«Les pasteurs, absorbés par les affaires courantes incompressibles comme les cultes et les enterrements, n’ont plus la possibilité de chercher à renouveler l’Église»

Soulevant que le projet du Conseil synodal s’inscrivait dans la continuité de celui de réforme de l’Église du début des années 2000 Église à venir, la déléguée laïque Suzette Sandoz s’est demandé si ce programme avait été évalué. Elle s’est donc ralliée à l’idée de refuser l’entrée en matière en attendant un rapport plus complet.

Une proposition largement combattue par Xavier Paillard, président du Conseil synodal. «Les négociations avec l’État concernant la convention de subventionnement pour les années 2020-2024 vont débuter cette année. Nous avons besoin du plan de dotation maintenant.»

Malgré cet argument, les délégués ne se sont pas sentis obligés d’entrer en matière, et le Conseil synodal présentera un nouveau rapport sur les dotations cette année ou l’année prochaine. Ce débat est le signe «d’un grave manque de confiance envers le Conseil synodal et d’un grave manque de communication», a analysé Martine Melden, déléguée de l’État, lors d’une intervention. Selon la députée au Grand Conseil, «c’est pour cela que le Synode est sur les pattes arrière face à ce projet»!

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