Classes surchargées dans le viseur des syndicats

EducationLe Canton est sommé d’agir contre le manque de locaux et d’enseignants.

Dans les classes surchargées, le travail oral est difficile à gérer pour les enseignants.

Dans les classes surchargées, le travail oral est difficile à gérer pour les enseignants. Image: DR

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La moitié des gymnasiens de première année étudieraient dans des conditions critiquables. C’est, en résumé, le postulat exposé récemment par la fédération syndicale SUD Education dans un communiqué. L’entité pointe du doigt deux aspects qui auraient un impact néfaste sur l’apprentissage: une surcharge des classes et leur caractère itinérant.

«Le règlement des gymnases vaudois stipule que les classes de première année et les groupes d’option ne doivent pas dépasser 24 élèves. Or notre pointage révèle qu’au moins 75 classes ou groupes dépassent ce seuil pour atteindre 25, 26, voire 27 élèves», dénonce SUD Education. De plus, maîtres et élèves sont obligés de changer de salle, voire de bâtiment à chaque nouvelle heure de cours.

Dans son communiqué, le syndicat évoque un lien avec les abandons et les redoublements. Au bout du fil, Gilles Pierrehumbert, président de la Société vaudoise des maîtres secondaires, est plus nuancé: s’il est «difficile d’établir un lien direct entre effectifs trop élevés et abandon», un nombre trop important d’élèves par classe «ne crée pas des conditions satisfaisantes pour permettre la réussite de chacun».

Le syndicat regrette des dépassements qui deviennent chroniques et des solutions peu convaincantes. «On ajoute des tables où ce n’est pas prévu. Donc les élèves voient mal le tableau ou se retrouvent même dans le dos des professeurs», critique Françoise-Emmanuelle Nicolet, présidente de l’Association vaudoise des maître-sse-s de gymnase.

Contacté, le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture ne souhaite pas s’exprimer et indique qu’il le fera «lors de la rencontre annuelle avec les syndicats».

Ce problème de surcharge ne semble pas être une spécialité vaudoise. «C’est vraiment une tendance générale causée par de vastes mesures d’austérité. La législation varie selon les cantons mais, en Suisse, j’ai eu vent d’effectifs catastrophiques pouvant aller jusqu’à 30 élèves, indique Carole Sierro, présidente de la Société suisse des professeurs de l’enseignement secondaire (SSPES). Nous devons individualiser l’apprentissage, travailler l’oral et l’art du débat, mais dans ces conditions c’est extrêmement difficile. Les mesures d’économie dans l’éducation constituent un calcul à court terme qui est dangereux car on hypothèque les générations futures.» (24 heures)

Créé: 10.10.2015, 08h40

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