Clémence calculée pour les voleurs de dealers

LausanneLe tribunal a tranché en faveur de la réinsertion d’une bande de quatre jeunes qui détroussaient les vendeurs de stupéfiants.

Deux des quatre accusés devront retourner quelques mois en prison, mais le Tribunal a fait en sorte que cette peine n’anéantisse pas leur avenir.

Deux des quatre accusés devront retourner quelques mois en prison, mais le Tribunal a fait en sorte que cette peine n’anéantisse pas leur avenir. Image: Philippe Maeder - A

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Depuis le racket de rue jusqu’au cambriolage d’une station-service qui a provoqué leur perte, quatre jeunes hommes répondaient de multiples délits au Tribunal d’arrondissement de Lausanne. Vendredi, la Cour a rendu son verdict. Une décision compliquée à rendre. D’un côté de la balance, la gravité des faits plaidait pour une sanction exemplaire. De l’autre, la jeunesse des accusés, le risque de les voir replonger en cas de retour à la case prison, pouvait inciter à une certaine retenue. Au final, le Tribunal a rendu un verdict en forme d’exercice d’équilibrisme.

Tous ont connu une enfance difficile. Des violences, la rue ou encore l’absence de parents ont constitué un terreau qui a poussé ces quatre garçons vers la délinquance. Connus de la justice des mineurs, ils ont poursuivi leur dérive au moment de devenir adultes. Jusqu’à ce que le brigandage d’une station-service mène la police sur leurs traces. L’un des enjeux de leur procès consistait à démontrer le fait qu’ils avaient bien agi en bande. Un facteur aggravant que les juges ont reconnu pour plusieurs de leurs méfaits.

C’est en raison de ce facteur aggravant que la partie était serrée. Car la peine plancher pour un brigandage en bande est de deux ans. Contre le membre le plus actif de la bande, le Ministère public avait requis une peine de 4 ans d’emprisonnement. Une peine sévère, mais assortie d’un «pronostic favorable» de la procureure Sandrine Chardonnens. En d’autres termes, une demande de clémence envers des jeunes qu’elle a vu évoluer pendant les cinq années séparant leur arrestation et le procès.

Ce temps de la justice a été bénéfique. Dans l’intervalle, les accusés semblent avoir pris le chemin de la raison. «Si mon client avait été jugé il y a quatre ans, il aurait pris la peine maximum, souffle Me Angelo Ruggiero. Mais il s’est passé un petit miracle.» Les juges n’ont visiblement pas souhaité ruiner complètement ses chances.

En le condamnant à une peine de trois ans, dont un an ferme, le Tribunal a sanctionné des actes graves. Dans la mesure où il a déjà effectué six mois de préventive, il devra retourner en prison pour la même durée. En revanche, le jeune homme aura le loisir de terminer son apprentissage. Avec un travail à la clé, il devrait pouvoir purger sa peine selon certains aménagements. Ses comparses ont également écopé de peines dépassant les deux ans, dont six mois ferme. À part l’un d’eux qui devra rempiler pour trois mois, ils n’auront pas à retourner en prison.

Mais, en rendant le verdict, la présidente Sandrine Bornet a été très claire: «Cette affaire a un coût de 170'000 francs, sans compter vos frais de détention. Pour vous, c’est vraiment la dernière chance et vous purgerez l’intégralité de vos peines en cas de récidive.» Ils sont prévenus.

(24 heures)

Créé: 15.03.2019, 21h19

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