Passer au contenu principal

Un combat sur des envies de suprématie

La gauche critique la candidature d’Isabelle Chevalley. La droite rappelle celle d’un certain Pierre-Yves Maillard en 1997, qui visait un 5e siège pour la gauche.

La conférence de presse du centre-droit vaudois en vu du deuxième tour de l’élection au Conseil d’Etat.
La conférence de presse du centre-droit vaudois en vu du deuxième tour de l’élection au Conseil d’Etat.
Keystone

«C’est celui qui dit qui l’est.» Cet argument choc est un must dans les cours d’école. Il devient aussi un incontournable dans une campagne au Conseil d’Etat qui prend de la vigueur depuis lundi. Ce soir-là en effet, la Vert’libérale Isabelle Chevalley – pourtant absente du premier tour – est rentrée en piste pour le second sur un ticket avec l’UDC Jacques Nicolet. L’union est soutenue par les Vert’libéraux, l’UDC et le Parti libéral-radical (PLR), ce qui a provoqué de nombreuses critiques à gauche.

Edito:La droite vaudoise comme en régate

Il est rare qu’un grand parti présente au deuxième tour un candidat qui n’a pas participé au premier. Le dernier exemple en date, c’est celui du radical Jean-Pascal Delamuraz, élu au Conseil d’Etat en 1981. Au deuxième tour, il avait pris la place de Robert Liron. La gauche, au fond, ne remet pas en cause cette stratégie pour Isabelle Chevalley. Son principal grief est autre: en présentant deux candidats alors que les trois conseillers d’Etat libéraux-radicaux ont déjà été réélus dimanche dernier, les socialistes et les Verts accusent la droite de revendiquer désormais cinq sièges.

La réponse du berger à la bergère s’est fait entendre vendredi matin. Le camp bourgeois avait mis sur pied une conférence de presse pour démarrer sa campagne électorale. Refusant de dire clairement ce qu’il revendique (lire ci-contre), il rappelle la gauche à ses propres souhaits de suprématie.

Retour il y a 20 ans

Ainsi la conseillère d’Etat libérale-radicale Jacqueline de Quattro s’adresse-t-elle directement à son collègue socialiste du gouvernement Pierre-Yves Maillard. «C’est quelque chose qui date d’une époque antédiluvienne», explique-t-elle, en faisant référence à l’élection complémentaire au Conseil d’Etat en 1997. A l’époque, il s’agissait de remplacer le radical Jacques Martin. Le gouvernement comptait déjà quatre ministres de gauche et Pierre-Yves Maillard s’était présenté aux deux tours contre la radicale Jacqueline Maurer-Mayor. S’il avait gagné, le gouvernement aurait compté cinq conseillers d’Etat de gauche et seulement deux de droite. «Je ne me souviens plus ce que la presse écrivait, ajoute Jacqueline de Quattro. Mais celui-là même qui aujourd’hui s’étonne, voire s’offusque, a fait la même chose.»

Vingt ans plus tard, Pierre-Yves Maillard explique son maintien au second tour en 1997 par son score du premier (38,2%, contre 49,6% à Jacqueline Maurer). «A l’époque, qu’un jeune homme de 29 ans, qui n’était pas député, finisse à près de 40% montrait qu’un changement était nécessaire. Il est venu dès 2002.» Aujourd’hui, si la droite rappelle les événements de cette année, ce n’est pas un hasard, selon lui: «La droite manifestement s’inspire beaucoup des années 90… Et la volonté de revanche qu’on sent rappelle celle de 1998, quand elle avait déjà obtenu 5 sièges sur 7. Le Grand Conseil était en ébullition, la collégialité était un souvenir lointain. Les fuites se succédaient, comme les manifestations. Cinq ans après la dette était montée à 9 milliards de francs. Je ne crois pas que notre canton puisse relever les défis de demain de cette façon.»

L’exemple du POP à Lausanne

Autre rappel historique de la droite: le tandem rose-vert Géraldine Savary et Luc Recordon. Jusqu’à l’élection du PLR Olivier Français, ce duo a régné pendant huit ans (2007-2015) sur les deux sièges vaudois au Conseil des Etats. «Personne ne s’en offusquait, commente Jacques Nicolet. Dans le cas du Conseil d’Etat, ce n’est pas du tout ce qu’on vous propose. Il y a deux sièges à repourvoir au second tour. Il est légitime que la droite et le centre droit présentent deux candidats. C’est la clé de lecture qu’il faut avoir.»

La droite légitime aussi son appétit gouvernemental par la situation de la Municipalité de Lausanne. Elle se compose d’un élu de droite face à six de gauche. «Six sur sept, cela ne vous choque pas?», interroge Isabelle Chevalley. Pascal Broulis embraye: «Je n’ai rien contre Monsieur Payot (ndlr: le municipal popiste), qui avait quand même une expérience politique relative…»

David Payot, lui, fait une distinction entre les deux élections: «Chaque groupe a le droit d’essayer d’emporter la majorité et c’est normal», commente-t-il. Mais il ajoute: «La différence est que, à Lausanne, nous nous sommes alliés avec l’idée de faire passer un certain nombre d’idées en commun. Il n’y a pas grand- chose qui réunit les Vert’libéraux et l’UDC, à part l’envie de siéger et de faire barrage à la gauche.»

(Documentation: Raymond Esatoglu)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.