Aubonne compte dompter le ballet incessant des camions

Elections communalesLa circulation dans les rues escarpées du bourg préoccupe citoyens et élus. La création d’une route de contournement reste dans le pipeline mais sa concrétisation attendra.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans les étroites ruelles et venelles d’Aubonne, des mastodontes à quatre roues sèment la pagaille dès le jour levé. Voitures à l’arrêt, piétons en carafe: le ballet incessant des poids lourds au cœur du bourg est sur toutes les lèvres. Le carrefour de la place du Marché suffoque quotidiennement sous les gaz des camions qui transitent par la localité. «C’est un véritable casse-tête!» réagit Serge Pittet, concierge au château et maître-nageur à la piscine. Croisé dans la rue menant à la Maison de Ville, cet Aubonnois pure souche s’inquiète avant tout pour la sécurité des piétons: «Les gamins sortent de l’école, circulent à trottinette. Je crains qu’un grave accident ne se produise un jour.» Outre l’aspect sécuritaire, le trafic engendre des nuisances qui empoisonnent la vie des riverains. «Nous devons fermer nos fenêtres dès l’aube», s’agace Denise Grossmann, habitante de la vieille ville depuis seize ans. Exaspérée, elle songe même à faire ses cartons.

Voici ce que souhaitent les citoyens d'Aubonne

Et dans la boîte à souhait d'Aubonne, voici ce à quoi vous pouvez répondre à vos citoyens chers candidats! @Michel...

Posté par Communales 2016 / 24heures sur mercredi 27 janvier 2016

Une route de contournement

La problématique n’est pas nouvelle mais tarde à trouver un épilogue. Depuis des lustres, les autorités planchent sur un projet de route de contournement. Mais butent toujours sur un niet du Canton. «Ce n’est pas faute d’avoir essayé de remettre l’ouvrage sur le métier ces dernières années, affirme Jean-Christophe de Mestral, municipal en charge de la Mobilité. Mais, à ce jour, nous nous sommes toujours heurtés à un refus, en grande partie en raison des coûts énormes engendrés par une telle construction.» Et l’élu de préciser que, sur l’axe Jura-Léman, les projets de contournement se sont arrêtés à Lavigny. Le bout qui manque pénalise donc Aubonne.

«Le trafic poids lourds a augmenté plus rapidement que ne le prévoyait la planification cantonale, regrette Jean-Christophe de Mestral. Aujourd’hui, nous souhaitons remettre la compresse. C’est l’une de nos priorités.» Pour lui, ce projet comporte toutefois un revers de taille. Car, si les camions quittent le centre-ville, les voitures risquent de les suivre. «Dès lors, cela pourrait asphyxier le commerce local. Il faut trouver un équilibre.»

«Malheureusement, tout le monde ne l’a pas encore assimilée. Et puis les priorités de droite sont dangereuses.»

En attendant de débloquer ce dossier inextricable, les autorités ont mis en place une solution plus modeste quoique efficace selon les premières observations: la limitation du centre-ville à 30 km/h. Rencontré aux abords du carrefour de la place du Marché, David Perrot, informaticien, n’est pas entièrement convaincu par la mesure: «Malheureusement, tout le monde ne l’a pas encore assimilée. Et puis les priorités de droite sont dangereuses.»

Corollaire de la problématique de la circulation, le parcage en ville fait aussi grincer des dents. «Les gens se garent n’importe où, même sur les trottoirs, peste Dante Trotta, rencontré devant l’administration communale. Et les piétons doivent souvent marcher sur la route.» Un problème dont la Municipalité est bien consciente. L’une des pistes explorées serait la création d’un parking souterrain couplé à une salle de spectacle, à proximité de la piscine. «C’est complètement absurde! Cela engendrera encore plus de trafic dans les petites rues», réagit Pierre Gubéran, membre du groupe citoyen Avenir d’Aubonne. Comme lui, de nombreux habitants préféreraient aménager un garage souterrain à l’entrée du bourg. «Comme nous venons d’acquérir la place de la Gare, c’est tout à fait envisageable, indique le municipal Michel Crottaz. Mais tout reste à étudier dans ce secteur stratégique.»


Contourner l’arrivée des couleurs politiques

Les dés sont pratiquement jetés et aucune surprise ne devrait sortir des urnes. L’équation est implacable: cinq candidats briguent l’un des cinq sièges de l’Exécutif aubonnois. Trois élus sortants souhaitent rempiler pour une nouvelle législature: Luc-Etienne Rossier (syndic depuis 2011), Jean-Christophe de Mestral et Michel Crottaz (municipaux depuis 2011). A leurs côtés, deux conseillers communaux se lancent dans la course à la Municipalité: Sandra Linder (conservatrice RF) et Pascal Lincio (taxateur). Dans le bourg, on s’étonne toutefois qu’aucun opposant à la fusion – balayée sèchement l’automne dernier au terme d’une campagne éclair et virulente ne soit sorti du bois pour les élections du 28 février prochain. «Pourtant on les attendait au contour», ironise un Aubonnois.

Mais l’enjeu principal de cette nouvelle législature est ailleurs. Car, forte d’un peu plus de 3000 habitants, Aubonne passera au système proportionnel. Pour contourner l’arrivée des partis, les prétendants à la Municipalité se présentent tous sur une liste d’Entente. Du côté du Conseil communal (55 sièges), les candidats ont mis en place deux listes: Aubonne Attitude (50 noms) – axée sur quatre thématiques prioritaires et l’Entente (18 noms).

«Nous souhaitons maintenir une certaine sérénité dans nos débats et agir avant tout pour le bien de notre commune», affirme Philippe Cretegny, conseiller, membre d’Aubonne Attitude. Jean-Christophe de Mestral acquiesce: «On gère une ville dans un but de bien commun. Ces listes sont une manière de poursuivre dans cette direction.» Quant à l’actuel chef de l’Exécutif, il estime que cette transition est certes plus harmonieuse mais que l’arrivée des couleurs politiques dans les rangs du délibérant est inexorable à plus long terme. «A mon avis, les partis feront leur entrée lors de la législature 2021-2026.»


Le débat

Comme dans les rues aubonnoises, la question de la circulation et le transit des poids lourds ont été au centre des préoccupations mardi soir, lors du débat organisé par 24 heures. Seuls les candidats sortants, Luc-Etienne Rossier, syndic, ainsi que Jean-Christophe de Mestral et Michel Crottaz, municipaux, sont venus débattre devant une quinzaine de personnes. Les deux nouveaux papables étant retenus par des obligations personnelles. Hormis les nombreuses interrogations liées à la mobilité dans le bourg, les élus ont tour à tour rappelé les priorités municipales. Parmi celles-ci, on retrouve l’avenir de la place de la Gare, que la Commune a récemment acquise. Une démarche participative sera lancée pour que tout un chacun imagine l’avenir de ce site stratégique, porte d’entrée de la ville.

La nouvelle mouture du PGA attendue prochainement et la question de la densification dans des zones villas sont aussi sur le haut de la pile. Tout comme l’avenir de L’Esplanade et la création de logements à loyers abordables.

Suivez la caravane 24heures! Si vous êtes sur mobile, cliquez ici

Créé: 28.01.2016, 07h07

Jean Guignard

Retraité et ancien député

«La circulation est épouvantable dans le bourg. Le transit des camions, c’est l’horreur! Il faudrait construire une route de contournement. La nouvelle Municipalité devra absolument remettre l’ouvrage sur le métier»

(Image: DR)

Enza de Pasquale

Habitante d’Aubonne

«J’aimerais davantage de sécurité à Aubonne. Nous connaissons des problèmes de vandalisme et d’incivilités, notamment dans les parkings. Je pense qu’il faudrait des endroits pour occuper certains jeunes.»

(Image: DR)

Gérard Ferry

Retraité, ancien patron du Café du Commerce

«A Aubonne, la qualité de vie est bonne, mais il y a de moins en moins de convivialité. Les nouveaux habitants ont de la peine à dire bonjour. Il est aussi essentiel de ne pas oublier les aînés.»

(Image: DR)

André Meylan

Retraité

«Il est impératif qu’Aubonne continue de se développer à l’avenir. A mon avis, il ne faut pas craindre l’augmentation de la population, d’autant plus qu’il n’y a plus beaucoup de possibilité de développement dans le bourg. Et je pense que la Municipalité fera face aux difficultés.»
(Image: DR)

Denise Grossmann

Habitante de la vieille ville

«Nous souhaitons qu’une solution soit trouvée pour diminuer le passage des camions qui génèrent d’importantes nuisances. Nous devons fermer nos fenêtres dès l’aube. D’ailleurs, nous réfléchissons à déménager.»

(Image: DR)

Serge Pittet

Concierge du château et maître-nageur à la piscine

«La problématique de la circulation engendre un réel danger, notamment pour les piétons. Les gamins sortent de l’école, parfois à trottinette. Quant à la mise en place de la zone 30, je n’y crois pas beaucoup.»

(Image: DR)

Articles en relation

Circulation et densification inquiètent les Aubonnois

Elections communales Cinq candidats briguent les cinq sièges de la Municipalité. Mardi soir, trois d'entre eux ont débattu. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.