Encore ado, Gland doit mûrir

Elections communalesLes habitants souhaitent que l’essor de la ville se déroule dans une meilleure cohésion.

En vue des élections communales qui se profilent, la caravane de 24 heures a fait halte à Gland.


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Depuis que l’autoroute passe par là, Gland ne cesse de grandir. La population a décuplé en cinquante ans (13'000 habitants en 2015). Et les ambitions affichées des dix candidats à la Municipalité sont de poursuivre ce développement. Les citoyens se sont faits à l’idée de vivre en ville et apprécient les nombreux services mis à leur disposition. Mais ils ne veulent pas d’une croissance effrénée. Leur refus de réaliser une piscine à 17 millions et de relever l’impôt l’a démontré. Les habitants aimeraient d’abord que les autorités politiques améliorent leurs conditions de vie au jour le jour et, si possible, dans une meilleure harmonie.

Citoyen engagé dans le référendum contre la piscine, Daniel Andris estime que les futurs élus devront procéder à une stricte priorisation des investissements. «On sait que la marge financière de la Commune est étroite. Il faut une bonne maîtrise du rythme de croissance. Il suffit parfois d’actions simples et peu coûteuses, comme le marché à la gare, pour apporter du bien-être à la population.» Sophie, pendulaire travaillant à Genève, trouve que Gland est une ville très pratique, «mais il n’y a pas assez d’animations le soir et le week-end, surtout pour les jeunes. Il manque un centre animé par des commerces et des bistrots.»

Un centre ou plusieurs pôles?

Séparée par les voies CFF, et sans vieille ville comme à Nyon ou à Morges, Gland est à la recherche d’une centralité qui ferait battre le cœur de la cité. Propriétaire de vastes terrains au sud de la gare, la Commune va y construire un quartier qui pourrait jouer ce rôle. Mais dans combien de temps? Et le succès n’est pas garanti.

«On a une ville multipôles. C’est un fait. Il faut faire avec»

Président de l’Association des commerçants de Gland, Frédéric Lehmann prône une autre vision: «On a une ville multipôles. C’est un fait. Il faut faire avec. On attend des autorités qu’elles mettent en place des conditions-cadres afin de permettre au petit commerce de s’épanouir dans ces différents quartiers. Il lui faudra une certaine visibilité, des places de parc, et de bonnes liaisons entre ces pôles. A ce propos, on se réjouit de la réalisation du nouveau passage sous-voies.»

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Posté par Communales 2016 / 24heures sur lundi 11 janvier 2016

Améliorer la mobilité douce

Gland l’adolescente doit encore mûrir. C’est en reliant l’ensemble de ses lieux de vie qu’elle trouvera une cohésion et forgera son identité. Les Glandois en sont conscients et souhaitent vivement que les autorités agissent. «Le service de bus n’est pas suffisant à l’intérieur de la ville, surtout pour les gens qui ont de la peine à marcher», remarque Anita Yildiz, habitante du nouveau quartier Eikenøtt. «Il faut plus de voies piétonnes sécurisées pour les enfants», ajoute Pravin Oppliger, résident de la route du Midi. «Et plus de voies cyclables», demande encore Michel Chuffart, ancien conseiller communal à la retraite, qui aimerait aussi qu’on réalise davantage de parkings souterrains.

Plus belle et plus près du lac

Ancien conseiller communal, Philippe Martinet fait partie de la Commission consultative d’urbanisme. Très critique, il estime que la Municipalité n’a pas de vision: «Il était prévu que le développement se fasse par l’ouest, avec une route de contournement qui aurait désengorgé l’avenue du Mont-Blanc… Il est temps d’organiser une réflexion collective pour qu’émergent de nouvelles solutions.» Il aimerait aussi qu’on enjolive sa ville: «On se retrouve trop souvent enfermé entre des thuyas. Il y a un sentiment diffus qu’on est bien nulle part à Gland. Pour se sentir bien, il faut une certaine harmonie.»

D’autres habitants militent pour un accès public facilité aux rives du lac, très privatisées. Ou plus simplement, comme cette jeune fille qui s’est exprimée devant la caméra de notre équipe Web, les habitants souhaitent que l’espace de la plage soit réaménagé pour le rendre plus confortable et plus convivial.

Permis de rêver?

Mais, après le rejet de la piscine, les Glandois ont-ils encore le droit de rêver? Patrick Messmer, organisateur de spectacles (Evento), en est convaincu: «On a construit un théâtre quand il y avait 6000 habitants. On pourrait en construire un nouveau deux fois plus grand, avec un restaurant ouvert tard le soir.» Candidat au Conseil communal (de retour après vingt-cinq ans), il défendra cet ambitieux projet.

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Créé: 14.01.2016, 07h40

La croissance d’une ville «adolescente»

Candidat UDC à la Municipalité de Gland, Maurizio Di Felice se réjouissait mardi soir de la courtoisie régnant dans?la vie politique locale. Quelques minutes plus tard, dans une salle du Buffet de la Gare, il croisait le fer avec ses neuf concurrents, lors d’un?débat aussi courtois qu’annoncé. La législature finissante a pourtant offert son lot d’accrochages, avec trois?référendums perdus par la?Municipalité. Largement de quoi animer la soirée, en somme. Première thématique abordée: la crise de croissance de la cité. «Nous vivons dans une ville encore adolescente, a estimé l’actuel syndic et candidat GdG, Gérald Cretegny. Tout n’est pas terminé,il y a de nombreuses améliorations
à apporter.» Pour le candidat PLR Didier Buffat, «il faut se réjouir de cette croissance!» «C’est une chance pour Gland», a poursuivi sa collègue de parti et municipale sortante Christine Girod. De son côté, Maurizio Di Felice trouve «très bien» de se développer. «Mais la?Suisse est un pays de locataires et on?ne construit que des PPE. Les jeunes de notre commune peinent à se loger!» Autre thème sensible, les finances ont également occupé une part notable du?débat, l’agitant même un peu lorsque le syndic a tonné qu’une hausse d’impôt pourrait bien revenir sur la?table à moyen terme. L’absence de?centre-ville, l’accès aux rives du lac et les projets «qui font rêver» ont aussi
été abordés avec vigueur.
G.B.

Malmené, le GdG reste le favori

Avec plus du tiers des voix au Conseil communal (28 sur 75) et quatre municipaux sur sept, le groupe des Gens de Gland (GdG) fait la pluie et le beau temps. Sauf quand la population n’est pas d’accord. A deux reprises en 2015, les décisions des autorités élues ont été contestées par voie de référendum. S’agissant du projet de piscine, l’opposition la plus virulente est même venue d’un des membres du GdG. Et la hausse d’impôt, pourtant soutenue par le municipal des Finances Daniel Collaud, un GdG très populaire, n’a pas non plus passé la rampe. Dès lors, le groupe politique le plus puissant de la ville va-t-il subir les effets de ces désaveux lors des élections, sachant que deux ténors, Daniel Collaud (GdG) et Olivier Fargeon (PLR), laissent leur place vacante? Les citoyens auront le dernier mot dans les urnes le 28 février. Mais, au vu des candidatures déposées, il est peu probable qu’on assiste à une révolution de palais. Poulain de l’UDC, le boulanger Maurizio Di Felice est bien connu dans sa ville, et ce dernier a présidé le Conseil communal en 2015, mais la base de ce parti reste faible à Gland. Le candidat surprise du Parti bourgeois-démocratique (PBD), Tefik Rashiti, n’a pas la notoriété suffisante. Et surtout, la plate-forme PS-Verts-POP n’a pas trouvé d’autre prétendant que son municipal sortant, Michael Rohrer. Il n’y a donc que le PLR, avec trois candidats, qui peut prétendre arracher un siège au GdG. Christine Girod, municipale sortante, devrait être reconduite aisément dans un second mandat. Jeannette Weber, conseillère communale, coiffeuse indépendante, et Didier Buffat, notaire à Nyon, auront toutefois fort à faire face au ticket GdG. Les deux piliers, Gérald Cretegny – qui termine sa 4e législature à l’Exécutif, dont deux comme syndic – et Thierry Genoud, qui brigue un 3e mandat, semblent indéboulonnables. Isabelle Monney a accompli une première législature sans accroc. Et Gilles Davoine, avocat, conseiller communal très en vue, est un nouveau candidat de choix.
Y.M.

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